Métacognition : caractéristiques et composantes

27 décembre 2018
L'étude de la métacognition a commencé avec l'épistémologue et psychologue cognitif J. Flavell, ainsi qu'avec l'anthropologue et psychologue anglais Gregory Bateson. Ce dernier a focalisé ses études sur la métacognition chez les animaux.

Le terme « métacognition » est complexe. On pourrait dire qu’il s’agit de la connaissance sur la connaissance même, de la pensée sur ses propres pensées. Ou autrement dit, de la capacité à connaître et réguler la manière dont nous pensons et englobons le contrôle au niveau conscient des processus cognitifs tels que la mémoire, l’attention et la compréhension.

La métacognition nous apporte cette flexibilité supplémentaire qui caractérise l’esprit humain. Ainsi, il faut comprendre la métacognition comme une connaissance de second ordre. D’où le préfixe « méta ». Cela nous permet d’évaluer les processus exécutifs et d’agir en conséquence pour améliorer nos agissements.

Voici un exemple de métacognition : vous lisez un texte puis, en vérifiant si vous l’avez bien compris, vous vous rendez compte que non, et vous le relisez. Ou bien encore, vous cherchez à solutionner un problème, mais vous percevez que la stratégie mentale que vous appliquez ne fonctionne pas, et changez alors pour une autre.

Les deux visages de la métacognition

Un aspect clé pour comprendre plus aisément la métacognition consiste à bien avoir au clair que c’est un concept à multiples facettes. Nous pouvons en parler depuis deux perspectives différentes, bien que liées en grande mesure. La première concerne le contenu et l’autre, le processus impliqué.

Ainsi, nous pouvons parler d’une connaissance métacognitive, mais aussi d’un contrôle métacognitif. Dans la suite de cet article, nous vous expliquons chacune de ces perspectives ainsi que ce qu’elles impliquent. Approfondissons.

métacognition et fonctionnent de l'esprit

Connaissance métacognitive

Ce sujet fait référence à ce que les personnes savent sur leurs processus cognitifs et sur ceux des autres en général. Ainsi, ce visage de la métacognition fait référence aux aspects du contenu ou de la connaissance à proprement parler. C’est une connaissance déclarative que par exemple nous pratiquons lorsque nous pensons à nos capacités intellectuelles ou à notre capacité de mémoire.

Ce type de connaissance présente certaines caractéristiques. En effet, elle est :

  • Relativement stable, comme un modèle intuitif autour de la connaissance et de la façon dont elle fonctionne
  • Constante et communicable, dès lors que l’on y accède pour réfléchir et en parler
  • Faillible, puisque l’on peut avoir des raisonnements erronés et des idées fausses
  • Est développée tardivement, puisqu’elle apparaît dans les dernières étapes du développement, et qu’elle requiert une grande capacité d’abstraction

De plus, la connaissance méta-cognitive se compose de 3 éléments principaux :

  • Variables personnelles : il s’agit de la connaissance faisant référence à nous-mêmes comme des penseurs et des apprentis. Autrement dit, à nos capacités et expériences dans la réalisation de diverses tâches. Par exemple, penser que nous ne sommes pas meilleur en mathématiques qu’en langues, ou bien que nous sommes arrivons mieux qu’un ami à nous souvenir des prénoms.
  • Variables de la tâche : ces dernières comprennent la connaissance que l’on a des objectifs, ainsi que de toutes ces caractéristiques qui influent sur la difficulté atteindre ce dernier. Par exemple, savoir quoi étudier requiert bien plus d’efforts que le fait de lire un roman.
  • Variables stratégiques : il s’agit là de la connaissance que l’on a des moyens qui peuvent aider à l’exécution des tâches. Cela implique la compréhension des aspects déclaratifs, procéduraux et contextuels des stratégies applicables.

Contrôle métacognitif

Le contrôle métacognitif fait référence à la supervision active, et par conséquent à sa régulation et son organisation, au vu des processus qui opèrent à un moment donné. Autrement dit, il se rapporte à l’habilité d’être attentif aux possibles échecs et d’agir en conséquence pour les réduire. Il est cependant important de nuancer cela, et de dire que le processus métacognitif est présent avant, pendant et après la tâche objective.

Le contrôle métacognitif compte sur les caractéristiques suivantes :

  • Il est considéré comme stable, puisqu’associé à l’activité cognitive, et par conséquent, il dépend de la situation et de la tâche concrète
  • Il est relativement indépendant de l’âge : il semble qu’une fois les processus métacognitifs développés, l’âge ne soit pas une variable influente
  • C’est un processus, en grande mesure, procéduralisé et subconscient : par conséquent, beaucoup de ses aspects sont inaccessibles et incommunicables

Les composants principaux du contrôle métacognitif sont les suivants :

  • Planification : elle se réfère à l’élaboration d’un plan stratégique avant de commencer la tâche. Ce qui implique d’organiser les recours et les stratégies à utiliser, en tenant compte des objectifs finaux poursuivis
  • Supervision : elle consiste en la révision et ajuste les actions durant la réalisation réussie de la tâche, pour ainsi réussir un rapprochement progressif vers les buts. Cela suppose un double processus interactif : un raisonnement « du bas vers le haut » et une détection des erreurs ainsi qu’un raisonnement « du haut vers le bas » et une correction des erreurs
  • Evaluation : il s’agit de la valorisation des résultats finaux après la réalisation de la tâche en lien avec les objectifs précédents. Afin de considérer les corrections et les changements de stratégie dans de futures tâches
métacognition

Conclusion

La métacognition est un aspect clé dans le processus de l’information. De fait, dans la plupart des tâches, nous observons que les aspects métacognitifs sont omniprésents ; aussi bien en ce qui concerne la connaissance métacognitive que le contrôle métacognitif. D’autre part, il faut également comprendre que la différence entre cognition et métacognition est une ligne très fine, laquelle nous mène à penser à un aspect dimensionnel plus qu’aux catégories stagnantes.

Etudier la métacognition nous aide à comprendre la pensée et le raisonnement humain. Ce qui est très important dans une multitude d’autres domaines, tels que le champ clinique ou l’éducation. Puisque comprendre le fonctionnement de l’esprit humain nous aide à améliorer tous les processus qui y sont liés.