Masturbation compulsive : quelles sont les conséquences ?

06 février, 2021
Se masturber est une source de plaisir saine et bénéfique. Mais il est possible de développer une addiction à cette conduite. Découvrez-en davantage dans cet article.

La masturbation compulsive, également considérée comme une addiction à la masturbation, est motivée par le besoin intense et répété de satisfaire cette nécessité. Bien que l’acte de se masturber soit sain et agréable, dans ce cas, cela devient un acte indépendant du plaisir. La personne qui en souffre transforme la masturbation en un automatisme pour calmer son anxiété.

Il s’agit d’un trouble psychologique pouvant provoquer une grande détérioration de la vie sociale et professionnelle. Ceux qui souffrent de masturbation compulsive peuvent en arriver au point de ne plus assister aux réunions sociales afin d’avoir plus de temps pour se masturber. Ou d’interrompre leur temps de travail pour satisfaire leur besoin aux toilettes.

Il est fréquent que ces personnes soient étiquetées comme vicieuses ou perverses. Alors qu’en réalité, il s’agit d’un trouble de l’hypersexualité qui nécessite un traitement psychologique. Parfois, les personnes peuvent avoir besoin de soins médicaux à cause de lésions sur le pénis ou la vulve dues à une surstimulation.

Un homme préoccupé assis sur son lit.

Quelle est la limite ?

Certaines personnes ont une forte libido et aiment se masturber régulièrement, il n’y a aucun mal à cela. Le problème survient lorsqu’un individu commence à changer la finalité de l’action, tout en augmentant sa fréquence. Autrement dit, la personne devient dépendante au sentiment de stimulation. C’est ce que l’on appelle un processus d’addiction.

Cette stimulation génère un état particulier et agréable dans le cerveau. Sur le plan mental, nous parlons d’une sensation momentanée de bien-être que la personne n’est pas capable d’obtenir autrement. Ce qui explique pourquoi, dans de nombreux cas, elle finit pas être dépendante.

La répétition fonctionne comme une sorte d’automédication dans le but de réduire l’anxiété. Comme quelqu’un qui fume ou consomme de l’alcool ou joue.

Il existe donc un syndrome d’abstinence lorsqu’il n’y a pas de masturbation. La personne éprouve une certaine nervosité, une irritabilité, des maux de tête, un manque ou un excès d’appétit, des insomnies, voire même des tremblements.

En plus du besoin impérieux de se masturber et de la présence du syndrome d’abstinence, pour que la masturbation soit considérée comme compulsive, il faut que le comportement augmente. Autrement dit, chaque jour qui passe la fréquence est plus importante, ainsi que l’incapacité à la contrôler. 

Enfin, pour être considéré comme un trouble de l’hypersexualité, ce problème doit affecter la vie sociale et professionnelle de la personne. Voyons maintenant quelles sont les conséquences.

Les conséquences de la masturbation compulsive

Tout d’abord, la masturbation compulsive affecte les comportements sexuels. Ce schéma d’autostimulation amène la personne à se concentrer principalement sur l’éjaculation ou l’orgasme. Le seul objectif consiste à se défouler. A long terme, cela peut provoquer des altérations dans les circuits neurophysiologiques participant à la réponse sexuelle.

Ainsi, si l’individu vit une relation sexuelle avec une autre personne, il ne se concentre pas sur le plaisir ou le bien-être, mais recherche l’orgasme rapide qui lui permet de réduire son mal-être émotionnel. Ou alors il présente des difficultés à maintenir l’excitation ou à l’initier.

Par ailleurs, cette perte d’intérêt pour les relations sexuelles peut conduire à une préférence pour le plaisir individuel. Cela est particulièrement complexe lorsque la personne est en couple, car elle aura tendance à éviter les rapports sexuels, et perdra la motivation de satisfaire son partenaire. En outre, culpabilité et instabilité émotionnelle apparaîtront.

D’autre part, l’incapacité à contrôler les impulsions et le besoin de satisfaction conduit la personne à s’isoler socialement, voire même à s’absenter de son travail ou à être plus distraite. Elle cesse d’assister aux réunions sociales pour avoir plus de temps seule, ce qui finit par détériorer les relations personnelles.

Au travail, il est courant qu’elle s’échappe aux toilettes pour se masturber. Elle peut finir par s’absenter.

Une autre conséquence frappante des personnes dépendantes à la masturbation est leur manque d’énergie. Le mal-être produit par la sensation, ajouté à l’absence de désir de faire une autre activité, ainsi que la fatigue physique, provoquent une lassitude caractéristique. L’énergie diminue et affecte finalement la vie quotidienne.

Une femme anxieuse dans son lit.

Comment traiter la masturbation compulsive ?

Comme nous l’avons mentionné auparavant, si l’acte de se masturber, ainsi que le besoin de le faire, n’entraîne pas de mal-être et n’affecte pas d’autres sphères de la vie, il n’est pas nécessaire de chercher un traitement. La masturbation est une conduite qui fait partie de la sexualité et est totalement saine.

Cependant, si elle est associée à de l’anxiété et à un manque de contrôle des impulsions, il est préférable de consulter un expert en psychologie et en thérapie sexuelle. L’approche visera à réduire les sentiments négatifs, à maîtriser les impulsions et à récupérer l’intérêt pour le plaisir du sexe, seul en en compagnie.

L’objectif n’est jamais d’éliminer complètement la masturbation, mais plutôt de rétablir une habitude saine. Si vous pensez souffrir de ce trouble et que vous voulez essayer de vous en sortir seul avant de consulter un thérapeute, vous pouvez tester ce qui suit.

Fixez un calendrier, d’abord avec des objectifs courts. Par exemple, évitez de vous masturber chaque “tant d’heures” (à vous de décider le nombre). Ensuite, augmentez la durée au fur et à mesure. Normalement, vous allez progressivement perdre cette habitude. Néanmoins, un soutien psychologique pour traiter les sentiments associés est nécessaire.

Freud, S. (1912). Contribuciones para un debate sobre el onanismo. Obras Completas, 12, 247–263.

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