L’usage de sous-entendus peut faire beaucoup de mal

5 février 2017 dans Psychologie 328 Partagés

L’ingénieux et talentueux acteur et humoriste Groucho Marx a immortalisé la phrase « Voici mes principes. S’ils ne vous plaisent pas, j’en ai d’autres ». Ce fut un grand comédien qui, avec l’usage de sous-entendus comiques, dit tout ce qu’il voulut dire, n’en déplaise à certain-e-s. Bien sûr, les sous-entendus pour faire rire peuvent paraître drôles, et généralement ils le sont.

Cependant, ils peuvent se transformer en problème quand nous nous trouvons hors de ce contexte et que nous voulons transmettre un message important. En fait, dans ces contextes où le contenu de la conversation est particulièrement significatif, nous avons l’habitude d’utiliser les sous-entendus parce que nous ne nous sentons pas assez sûr-e-s de nous-mêmes pour exprimer le même message de manière directe.

Pensez bien que si les sous-entendus ne sont pas utilisés de façon judicieuse et dans le contexte adéquat, ils peuvent réellement faire du mal. Avec l’usage du langage d’une façon déformée et manipulée, nous pouvons même mener au désastre une relation sentimentale ou d’un autre genre, mais une relation qui nous importe.

Qu’est-ce qu’un sous-entendu et pourquoi peut-il faire du mal ?

Si nous nous référons à la définition littérale du mot sous-entendu, nous pouvons le résumer comme une expression qui s’utilise pour faire comprendre quelque chose, mais sans le dire de manière claire et précise. Voici le sens le plus accepté.

C’est-à-dire que les sous-entendus peuvent être amusants… ou non. Si nous nous penchons sur l’étude menée par le professeur James K. McNulty, une conclusion en sort : les grandes attentes détruisent le bonheur d’un bon nombre de couples qui n’ont aucun lien solide ou libre.

Quel rapport y a-t-il entre les sous-entendus et l’étude de McNulty ? Selon le chercheur,  l’attente de grandes expectatives dans le mariage ou chez un couple mène à l’insatisfaction personnelle et maritale. Tout cela débouche sur une série d’attitudes totalement négatives par rapport à la communication.

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Conclusions sur les sous-entendus

L’insatisfaction dans le mariage extraite de l’étude nous mène à quelques conclusions qu’a tirées McNulty. Par exemple, l’avantage d’être direct-e au moment de réclamer des changements à un conjointNous devons être clair-e-s si nous voulons donner de la motivation à l’autre personne.

Et dans le cas où nous utilisons des sous-entendus et des « piques », selon McNulty, nous préparons le terrain pour que l’hostilité indirecte et le sarcasme fasse partie intégrante de la relation. Ainsi, nous créons un environnement où le reproche campe à nos côtés, éloignant toute possibilité de résoudre des conflits. Nous devenons destructeur-trice-s.

En réalité, les sous-entendus excessifs sont une faille dans les canaux de communication des couples. C’est un terrain excellent pour voir naître les silences, le mépris, l’agressivité et l’absence de communication verbale ou non-verbale. Un mal qui, selon l’étude, est vécu par un grand nombre de mariages.


« Vous ne devez pas parler avec cynisme trop souvent. Mais vous devez toujours l’être. »

-Walter Serner-


Autres cas intéressants de sous-entendus

D’autres chercheur-se-s ont été beaucoup plus loin sur la problématique de l’usage des sous-entendus. L’anthropologue Gregory Bateson a estimé dans ses publications en 1956 que « les messages à double sens », comme les « piques », s’ils sont répétés trop fréquemment dans une période donnée, peuvent même dériver sur des troubles de l’anxiété et aussi sur de la schizophrénie.

Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas faire usage de sous-entendus dans la communication habituelle. En fait, il n’y a aucune raison que cela débouche sur un problème pathologique. Nous pouvons le faire de manière occasionnelle, mais en gardant à l’esprit que nous sommes en train de mettre un voile sur notre communication, qui rend difficile le cheminement du message.

Comment modérer l’usage logique de sous-entendus

Il existe des manières sensées de modérer l’utilisation des sous-entendus, bien évidemment. Voici quelques idées tirées des études de McNulty, Bateson ou de Víctor Pacheco, qui a aussi travaillé sur ce thème :

  • Dans une relation où au moins deux parties sont impliquées, il est absolument nécessaire de définir les bases pour permettre une communication respectueuse et saine. Il faut penser avant de parler et ne pas essayer de blesser l’autre en prenant cela pour un moyen constant de nous défendre.
  • Nous devons faire preuve de la sincérité la plus directe dans toute relation. Si nous nous servons de sous-entendus pour éviter de faire du mal, ou même pour en faire, nous endommageons la communication, en évitant le problème et en brisant toute syntonie. Nous pouvons utiliser les sous-entendus, mais en pensant bien que ça n’a été que ça, un sous-entendu et non pas un message clair et direct. De cette manière, nous devrons assumer l’entière responsabilité du manque de compréhension des autres.
  • Penser avant de parler est un autre détail à prendre en compte. Ainsi, nous pourrons savoir ce que nous disons, nous apprendrons à respecter le point de vue d’autres personnes et nous parviendrons à des discussions plus enrichissantes, débouchant sur des conclusions de plus grande valeur.

« Le diable n’est pas le prince de la matière, le diable est l’arrogance de l’esprit, la foi sans sourire, la vérité qui n’est jamais effleurée par le doute. »

-Umberto Eco-


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Souvenez-vous de faire usage des sous-entendus de façon modérée, en connaissant bien le terrain où vous vous déplacez et après avoir défini des bases en commun avec l’autre personne. Dans le cas contraire, vous pourriez créer un bouillon de culture qui en finirait en quelques mois avec la relation. Est-ce vraiment ce que vous voulez ?

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