Lorsque quelque chose vous dérange, dîtes-le ; n’attendez pas qu’il soit trop tard

· 22 mai 2016

Le moment le plus opportun pour dire que quelque chose vous dérange, vous dépasse et vous fait du mal, c’est maintenant.

Ce n’est qu’à cet instant que vous pourrez le dire avec vos meilleurs mots et avec assertivité, avant que cela ne vous dépasse et que vous finissiez par réagir de façon disproportionnée, ce qu’au fond, vous ne voulez pas.

Certains pensent qu’avoir un comportement assertif, c’est être un peu dur, voire égoïste.

Or, s’affirmer sans agresser les autres, c’est l’attitude la plus efficace à adopter pour défendre ses droits personnels et affectifs, auxquels nous devons faire face quoi qu’il arrive.

 


Je n’aime pas que tu envahisses mon espace personnel, que tu me méprises, que tu me fasses me sentir tout.e petit.e alors que mon coeur et ma volonté sont grands. Je n’aime pas ça, et je me défends afin que tu saches où sont mes limites, et que tu situes bien cette frontière à ne pas franchir si tu m’apprécies vraiment.


Un aspect dont il faut tenir compte et que des articles tels que celui publié par The Guardian mettent souvent en avant, c’est le besoin de développer un comportement assertif dès les contextes scolaire et universitaire.

Un enfant, un étudiant ou un adulte assertif, c’est une personne plus libre, plus respectueuse et plus heureuse.

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Parler de ce qui me dérange : une question de dignité personnelle

Il est préférable de bien savoir quels sont nos droits lorsqu’on veut interagir avec quelqu’un ; c’est une question de dignité, et la dignité devrait toujours dépasser la peur, l’inquiétude de ne pas plaire aux autres, ou la crainte de ne pas correspondre aux attentes de ces derniers.

Avoir un comportement assertif, c’est jouir d’une forte estime de soi, c’est faire preuve de la capacité catégorique mais respectueuse de savoir se réaffirmer dans ces contextes sociaux si complexes que l’on vit aujourd’hui.

D’autre part, il est clair que l’on ne peut pas réclamer nos droits en étant agressif, comme si on vivait dans la jungle. Le secret demeure dans l’équilibre, le respect, et le savoir-faire…

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Le besoin de bien s’entendre avec tout le monde

Il n’y a pas plus grande source de stress et de souffrance personnelle que le besoin de plaire à tout le monde et de correspondre aux attentes des autres.

Ce n’est pas une pratique saine : l’usure personnelle à laquelle on peut en arriver est énorme.

Derrière ce type de réclamation se cache sans doute un besoin constant d’approbation. De plus, c’est s’accrocher à l’idée fausse consistant à penser que « ce que les autres pensent de moi est plus important que l’opinion que j’ai de moi-même ».

La première règle de l’estime de soi nous dit qu’avant d’être accepté par les autres, on doit s’accepter soi-même.

Cela implique de faire preuve de courage et de défaire plusieurs noeuds :

  • Le noeud qui vous unit à des personnes qui n’acceptent pas votre façon de ressentir et de voir les choses.
  • Le courage de couper le fil qui vous ancre au besoin d’approbation et de complaisance. Osez penser par vous-même et accepter que les autres n’ont pas à partager votre vision du monde, votre façon de comprendre le bonheur.
  • Osez aussi défaire le noeud de la passivité et de la peur du qu’en dira-t-on.
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Comment exprimer nos sentiments de façon assertive

Les choses qui nous dérangent et que l’on tait s’enfouissent en nous. On prend sur nous, et au bout du compte, on finira par tomber malade, empoisonné par notre propre venin.

Ainsi, si on décide de réagir au dernier moment, nourri par la haine et la frustration, les autres ne nous comprendront pas quand ils découvriront toutes ces choses que l’on a permises en silence.

L’assertivité, c’est la boussole de l’estime de soi, c’est la voix qui nous apporte de la dignité et qui défend nos droits, car il est vital de développer des stratégies adéquates afin de pouvoir l’intégrer dans notre comportement :

Voici quelques règles basiques :

  • Introduisez dans votre langage habituel des verbes tels que « je veux », « j’aime », « je ressens ». Prenez conscience de l’émotion ou du sentiment que ces verbes produisent en vous chaque fois que vous les utilisez.
  • Si vous faites face à une situation confuse, ne la passez pas sous silence. Si quelque chose vous dérange, vous préoccupe ou vous inquiète, essayez de clarifier les choses « sur le moment ».
  • Reconnaissez le positif que les autres peuvent vous apporter : renforcez ces conduites qui vous enrichissent et que vous considérez comme positives ou, comme le dirait Kant, qui sont une représentation d’une « oeuvre universelle ».
  • Quand vous faites face à une situation qui vous emplit de colère ou de haine, prenez l’air, respirez et traduisez en mots chaque sensation en faisant un usage adéquat de phrases comme « cela me dérange car… », « je me sens offensé car… »
  • N’abusez pas des reproches, de l’ironie ou du mépris. Exprimez vos droits et vos besoins, écoutez les autres, et n’ayez pas peur de vous défendre. Respectez-vous, et respectez les autres. Soyez intelligent et digne.

 


L’assertivité, c’est l’arme de l’intelligence et de la sauvegarde personnelle ; si on en fait un usage sage, ce peut être la meilleure énergie dont se nourrira notre estime de nous-même.


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