Lorsque beaucoup de prudence cache trop de peur

20 avril 2018 dans Développement personnel 188 Partagés
prudence

La prudence est une vertu qui marque complètement la personnalité. Lorsqu’elle a été cultivée, elle devient une sorte de halo qui enveloppe les comportements au quotidien. Aristote a défini cette qualité comme celle qui incite à un comportement droit et décent. L’église, quant à elle, la considérait comme l’une des quatre vertus cardinales de l’être humain.

Actuellement, la prudence a pris une signification légèrement différente. Elle est davantage associée à la retenue ou à la précaution. Nous disons que quelqu’un est prudent lorsqu’il réfléchit avant d’agir ou s’abstient d’agir si les conséquences envisagées sont négatives. Ou lorsqu’il agit lentement si les circonstances le méritent.

« La prudence doit parfois être assaisonnée d’une pointe de folie. »

Horace

Il était autrefois considéré que lorsque la prudence apparaissait, les autres vertus également. Nous devons cependant préciser que nous appelons parfois prudence le manque de détermination ou d’envie, ou l’insécurité. Il est important d’apprendre à distinguer une réalité d’une autre.

La prudence positive

Il existe un côté très positif de la prudence. Le mot clé est la prévoyance. Ce terme signifie voir quelque chose avant que cela n’arrive. Cela n’a rien à voir avec la voyance, mais plutôt avec un raisonnement logique. Il implique la réflexion et l’évaluation des circonstances pour déduire où une certaine action peut conduire.

La capacité à être prudent et prévisible est fondamentale dans la prise de décision. Il s’agit de vertus qui facilitent les réalisations et permettent d’atteindre un plus haut niveau de sagesse. Elle confère la capacité d’appliquer une réflexion stratégique. Même si cela conduit à des erreurs, ces dernières seront beaucoup plus gérables si la prudence les précède.

prudence

La prudence s’oppose à l’impulsivité. Elle s’avère fondamentale lorsqu’une décision ou une action implique une marge de risque ou de danger. Il s’agit d’une vertu étroitement liée à l’intelligence, à la réflexion et au contrôle de soi. Il s’agit d’un véritable trésor dans des situations complexes.

La prudence excessive et le traitement émotionnel

Il existe des tempéraments réticents, qui ne sont pas nécessairement prudents. La prudence signifie également être capable d’audace lorsque les circonstances sont favorables. Si ce n’est pas le cas, nous ne parlons plus de prudence, mais de peur.

Lorsque la prudence est poussée à l’extrême, elle ne constitue plus une vertu mais à un problème dans le traitement émotionnel de la réalité. Cette dernière est perçue comme menaçante, de sorte que ce qui est attendu ici est que toute action impliquant des risques peut conduire à un résultat désagréable ou parfois catastrophique. Dès lors, tout ce qui implique un changement est rejeté car il est considéré que « la prudence » consiste à se déplacer en terrain connu.

Ce type de traitement émotionnel ne mène pas à la sagesse, ni à la réussite, mais à la paralysie. L’élimination totale du risque est pratiquement impossible. Même dans le salon de notre maison ou au lit chez nous, nous ne sommes pas exemptés à cent pour cent du danger. Les toits tombent, les avions également, les voleurs entrent dans les maisons … Si nous nous concentrons sur ces dangers éventuels, nous ne pourrions jamais vivre en paix.

Prudent ou pusillanime ?

Une prudence excessive prend parfois des formes étranges, telles qu’un perfectionnisme extrême. Le perfectionniste veut se protéger de tout, garder tout sous contrôle et éviter l’erreur à tout prix. Il s’agit d’un comportement obsessionnel qui révèle davantage de peur que de sagesse. Une attente plus ou moins paranoïaque se situe derrière tout cela : si des cordes ne sont pas attachées, le pire se produira.

homme qui ouvre une porte

En fin de compte, ceux qui font de la prudence un prétexte à l’inaction finissent par être plus lâches que prudents. Le risque calculé n’est pas une bonne option pour aller de l’avant. Nous serons toujours confrontés à de nouvelles situations, auxquelles nous ne sommes pas habitués, mais qui offrent de grandes possibilités de croissance et de développement. Si nous leur opposons un « non » simplement parce que nous ne savons pas exactement où elles nous mènent, nous disons également « non » à la vie.

Une personne en bonne santé émotionnelle est capable d’oser, non de manière imprudente, mais en prévoyant, en planifiant et en calculant. Elle sait qu’elle ne possède jamais de garantie sur tout ce qu’elle fait. Elle sait en outre que l’erreur et la méprise sont toujours présentes, aux aguets. Nous ne  devons pas les craindre, elles constituent une source énorme de sagesse et d’expérience. La prudence n’est pas la peur, mais la responsabilité.


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