L’insupportable pression qui pèse sur la maternité

· 29 juillet 2016

Depuis que nous sommes toutes petites, nous sommes éduquées à travers des principes issus de traditions et de modèles sociaux.

Dès notre plus tendre enfance, la valeur de la maternité nous est inculquée. On lui associe divers stéréotypes de genre et c’est souvent pour cela que l’on voit bien plus de petites filles jouer avec des poupées que de petits garçons.

Le fait d’acheter des jouets à un enfant peut émaner d’une volonté de ce dernier ou des prédispositions de ses parents à suivre certains modèles sociaux. Mais la plupart du temps, on observe beaucoup de jeunes filles, même lorsqu’elles peuvent encore être considérées comme des « bébés », jouer à la maman.

C’est une activité stimulante et amusante, il n’y a aucun doute là-dessus, mais il est important de ne pas enfermer les jeunes filles dans ce rôle-là, car d’autres jeux et jouets peuvent leur permettre de développer davantage de créativité ou de facultés motrices.

Nous savons tous que les enfants peuvent jouer avec n’importe quoi, il est donc important de varier les divertissements pour leur permettre de se développer dans toutes les directions.

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Pour autant, les jeunes filles grandissent avec l’idée qu’elles devront un jour être mères, qu’elles seront obligées d’assumer ce rôle. Avec l’arrivée de la puberté et des changements physiques durant la période de l’adolescence, elles se rendent bien compte que leur corps est totalement conçu pour cette fonction.

Après leur adolescence et les premières années de leur vie d’adulte, elles peuvent commencer à ressentir une certaine pression de la société pour qu’elles fassent un enfant. Ces pressions ne sont toutefois pas très importantes et restent modérées par rapport à ce qui peut se passer lorsqu’elles sont plus âgées.

En effet, à la fin de la vingtaine et à l’aube de la trentaine, les femmes doivent faire face à une pression extrême de la société quant à leur maternité. Certaines d’entre elles le vivent très bien et cela ne les dérange pas, bien souvent car leur avenir est planifié dans leur esprit, mais d’autres se plient aux attentes de la société et finissent par se conformer au rôle de mère.

La maternité est une partie de la vie d’une femme, mais ce n’est pas la seule

Ce concept, qui est a priori facile à comprendre, l’est en réalité beaucoup moins lorsque nous étudions la réalité avec précision. Pourquoi les femmes subissent-elles de telles pressions ? Car il existe, dans notre société, une sorte d’inconscient collectif qui juge les femmes sur leur décision de faire un enfant ou non.

Pour faire simple, l’équation est la suivante : la maternité est un signe de générosité, alors que le refus de faire un enfant est un acte égoïste. Les circonstances personnelles qui entourent la vie des femmes concernées ne sont absolument pas prises en compte dans ce calcul et la situation a tendance à s’aggraver au fur et à mesure que les années passent.

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Nous avons toutes notre propre histoire et nous ne voulons pas forcément faire les mêmes choses dans la vie en fonction de notre personnalité. Certaines auteures, comme Elisabeth Badinter dans « La femme et l’enfant », exposent le fait que l’instinct maternel n’existe pas, qu’il n’apparaît pas de manière primitive, à l’inverse des besoins de manger ou de dormir.

L’instinct maternel dépend de chaque femme. L’envie de créer un foyer dépend bien souvent de l’éducation et des pressions sociales qui pèsent sur les femmes, et c’est ce qui fomente leur désir d’être mères.

Être mère est une expérience fabuleuse, mais qui implique une grande responsabilité. Si une femme se lance dans cette aventure, elle doit être fin prête et savoir tout ce qu’elle va devoir mettre en place pour y arriver. Elle ne doit en aucun cas le faire car la société l’exige.

Rompre les mythes sur la maternité pour la rendre plus plaisante et responsable

Si nous regardons dans notre entourage, la majorité des pères et des mères sont comblés de bonheur lorsqu’ils ont un enfant. Certaines femmes font le choix de faire des enfants seules et se retrouvent parfois débordées par toute l’attention que les bébés demandent. Ne pas avoir eu d’expérience dans le soin des enfants et ne pas avoir planifié leur grossesse peut les plonger dans une situation qui les dépasse totalement.

Les femmes qui désirent enfanter et qui ont connu une grossesse, un accouchement ou un post-accouchement compliqués se sentent terriblement coupables de ne pas ressentir de joie. Personne ne leur explique que c’est tout à fait normal et que cela finira par passer.

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Malheureusement, d’autres parents doivent aussi faire face à des soucis de santé chez leurs enfants et tout cela rend le processus très compliqué. Même si ces parents savent donner le meilleur d’eux-mêmes pour lutter afin que tout se passe pour le mieux pour leur enfant.

En résumé, on peut dire que la maternité n’est pas un long fleuve tranquille et qu’elle exige un engagement à vie. Il n’est pas question de vous faire peur en disant cela, simplement de vous expliquer que vous devez être bien préparé à cela lorsque vous vous engagez dans cette voie.

Nous avons tous la même responsabilité en tant que parents : les enfants d’aujourd’hui seront les adultes de demain.

L’importance de ne pas rendre la maternité trop oppressante

La pression à laquelle doivent faire face les femmes qui vont avoir un enfant pour la première fois n’a rien avoir avec celle que subissent les femmes qui ont décidé de ne pas avoir du tout d’enfants, qu’elles ne le veuillent pas ou qu’elles ne le puissent pas. Les premières vont ressentir la pression de la maternité en elle-même, de toutes les responsabilités qu’elle implique, et les secondes vont devoir faire face aux questionnements de la société.

Il faut avoir de l’empathie, respecter l’intimité des autres et éviter de poser des questions qui peuvent être blessantes si une personne se trouve être plus vulnérable que d’autres sur ce sujet.

Le fait de ne pas vouloir d’enfant peut être la conséquence d’une belle réussite professionnelle ou d’histoires familiales compliquées, qui font pressentir à une femme que cette étape de la vie n’est pas idéale pour elle. Si elle l’assume et qu’elle a fait un choix, il faut le respecter.

Elles ont peut-être déjà connu plusieurs grossesses qui se sont mal passées et elle sont fatiguées de parler de ce sujet. Elles ont peut-être des problèmes médicaux importants qui les rendent stériles. Elles envisagent peut-être l’adoption, une autre manière exceptionnelle d’être mère.

Comme il s’agit d’une thématique intime et personnelle, sujette à de nombreuses variables individuelles et familiales, il faut que nous soyons plus tolérants envers les femmes de notre entourage. En définitive, il n’a jamais été obligatoire de faire des enfants ou de les faire d’une certaine manière.

L’important est que chaque femme se sente en paix avec elle-même et engagée dans ses propres décisions. Faire un enfant demande d’avoir une certaine dose de responsabilité. La nouvelle génération d’enfants doit venir au monde dans un environnement chaleureux, protecteur et rempli d’amour.