La grossesse : aimer quelqu’un que l’on ne connaît pas encore

· 27 mai 2016

La grossesse, c’est un cordon ombilical qui unit deux coeurs, deux mondes en un seul où il se passe quelque chose de merveilleux mais d’inconnu à la fois :  nos émotions peuvent traverser la barrière protectrice du placenta pour caresser notre enfant.

Pendant la grossesse, la famille s’active pour acheter le berceau et les vêtements du bébé, et font bien attention à ce que la mère ait une bonne alimentation. Mais que se passe-t-il alors si elle souffre de stress ?

Selon de nombreux scientifiques, la plupart du temps, on néglige le monde émotionnel de la mère, lequel peut affecter le développement du foetus.

 


La grossesse est mystère et espoir : elle suppose d’aimer quelqu’un dont on ne connaît même pas le visage. C’est imaginer son rire et la couleur de ses cheveux alors qu’on caresse sa forme au travers de la peau de la mère, lui transmettant déjà notre affection sincère.


Vivette Glover est spécialiste en psycho-biologique périnatale de l’Imperial College London et pionnière en ce que l’on connait précisément comme « Education émotionnelle depuis l’utérus maternel », une dimension de grand intérêt et une transcendance que l’on veut partager avec vous.

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L’importance de nos émotions pendant la grossesse

Jusqu’il y a peu, on pensait que le monde émotionnel de la mère n’affectait pas le développement du foetus. C’est une erreur : des travaux tels que les publications parues dans la revue New Parents Support nous expliquent que ce « paquet magique intra-utérin » est très réceptif aux émotions, surtout lors du quatrième mois.

Généralement, les moyens, la société et la famille elle-même exaltent la beauté de la grossesse. Pourtant, en réalité, rares sont les fois où on prend conscience de l’importance qu’il y a à pouvoir se connecter physiquement et émotionnellement avec le bébé. C’est pourquoi les émotions peuvent influencer son développement.

Quand les émotions vont au-delà du placenta

Vivette Glover et les spécialistes en thérapie Gestalt, soulignent l’importance de s’occuper de la mère d’une façon plus intégrale. Les échographies et les analyses de sang ne suffisent pas: il est nécessaire de prendre soin de son état émotionnel.

  • Le docteur Glover a réalisé une étude avec 14 000 femmes enceintes, desquelles elle a mesuré le niveau d’anxiété et de stress. Le suivi a duré 5 ans après l’accouchement, afin de voir comment les enfants grandissaient et mûrissaient.
  • On a découvert que les mères qui souffrent d’un haut niveau de stress présentent un risque deux fois plus élevé d’avoir des enfants diagnostiqués hyperactifs.
  • Quand la mère se trouve dans une situation stressante, l’hypothalamus libère une hormone appelée CRH qui permet à son tour que les glandes surrénales sécrètent du cortisol.
  • Le placenta agit comme un filtre, et le cortisol, détecté comme « toxique », ne dépasse généralement pas cette barrière. Or, si les niveaux de l’hormone CRH sont très élevés, ils finissent par traverser le placenta pour affecter directement le foetus et le mettre « en alerte ». Il est important de tenir compte de cela.

 


L’éducation émotionnelle des enfants ne commence pas quand ils viennent au monde, mais dès leur développement dans l’utérus.


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L’éducation émotionnelle depuis l’utérus maternel

Vous ne connaissez pas encore votre enfant que vous voyez déjà le monde sous un autre angle, et vous avez fait de vos faiblesses vos forces.

On doit tenir compte du fait que son éducation commence dès son développement dans cette enveloppe confortable, mais pas isolée.

Depuis l’utérus, il est déjà très réceptif non seulement à ce qu’il y a à l’extérieur, mais aussi à ce qui arrive à l’intérieur.

C’est pourquoi, pour donner une éducation émotionnelle adéquate à leur enfant pendant ces neuf mois de grossesse, il est important que les parents tiennent compte de ces aspects importants :

  • Vous avec surement entendu plus d’une fois « l’important, c’est l’enfant, si bien que pour lui, tous les sacrifices sont bons ». Le bébé est important, certes, mais il faut aussi prendre soin de « la couverture », et surtout de ce coeur qui lui donne la vie : la mère.
  • Chaque mère vit la grossesse à sa façon : il y a des femmes qui n’avaient pas prévu de tomber enceintes, d’autres qui affrontent la grossesse après avoir subi un avortement dans le passé.
    Il est nécessaire de s’occuper de chaque cas, d’être conscient de notre réalité particulière et de l’affronter avec intégrité et beaucoup de soutien.
  • Prenez plus d’espace, priorisez-vous, laissez-vous envahir par les stimulations positives : changez le rythme de vos journées et concentrez-vous sur le présent, sur le fait de favoriser l’union avec votre compagnon/compagne, de vous offrir quelques moments agréables, de vous remplir d’illusions et d’affronter les changements de votre corps avec normalité.
  • Testez de nouvelles thérapies : de nos jours, beaucoup d’ateliers d’éducation émotionnelle pendant la grossesse sont organisés.
    Ainsi, appliquer le mindfulness, pratiquer le yoga, ou faire des massages de ventre tout en étant au calme et en écoutant de la musique sont des activités qui peuvent offrir des bénéfices aussi bien aux mères qu’aux foetus.
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