L’inceste, tabou et comportement récurrent

26 août 2017 dans Curiosités 140 Partagés

Nous sommes en plein XXIème siècle et l’inceste est toujours un phénomène plus ou moins fréquent. En fait, il est même légal dans certains pays. Or, peu d’études sont disponibles sur ce thème. La plupart du temps, nous entendons parler de ces pratiques dans les médias, et non pas parce que des expert-e-s ont mené des recherches.

Même s’il est considéré comme tabou dans la majorité des sociétés occidentales, il ne cesse d’être pratiqué. Les cas les plus récurrents concernent les pères avec les filles. Freud a reçu en consultation une infinité de patient-e-s qui lui ont fait part d’actes incestueux avec leurs parents, des actes réels ou imaginaires. Cependant, il se produit également entre frères et sœurs et avec d’autres membres de la famille, même entre mères et fils.


« Il y a en l’homme 1% d’humain et le reste est animal : cela donne une grande marge de territoire impénétrable. Au niveau sexuel, l’humain est l’interdiction de l’inceste, cela a été dit et il s’agit de la vérité. Mais le reste ? »

-Alexandre Kojève-


L’inceste est un sujet, dans tous les cas, dont peu de gens veulent parler. En général, on le rejette. Mais cela ne l’empêche pas d’exister. Et même si cela peut en surprendre certains, il ne correspond pas toujours à des cas d’abus dans le sens strict du terme. Il existe plusieurs témoignages à propos d’incestes consentis, et il y a même certains groupes qui veulent promouvoir sa légalisation dans des pays comme la Suisse.

L’interdiction de l’inceste

La science a démontré que les enfants qui sont le fruit de relations incestueuses ont plus tendance à développer des fragilités génétiques. Les schémas génétiques similaires empêchent que les traits héréditaires se diversifient. Cela, finalement, met en péril l’espèce dans son ensemble étant donné que l’inceste affaiblit biologiquement les individus pour survivre. Ainsi, d’un point de vue génétique, l’inceste ne convient pas à la race humaine.

Sigmund Freud a établi que l’inceste est une pulsion basique de l’être humain. En d’autres termes, nous naissons en ayant un penchant pour les relations incestueuses. Cependant, dans les hordes primitives, dans lesquelles l’inceste n’était pas proscrit, les relations sexuelles indistinctes entre tous les membres donnaient lieu à une violence indistincte. Les hommes, en particulier, avaient recours à l’homicide au sein de leur propre groupe familial pour maintenir l’accès sexuel aux femmes.

Avec l’évolution de la famille se sont imposés des schémas d’exogamie ou de relations sexuelles avec des individus hors du groupe parental. Grâce à cet ordre basique, des organisations sociales se sont construites, au sein desquelles les membres ne s’assassinent pas en permanence. En outre, l’évolution humaine a été promue, ainsi que l’existence de la culture : des sociétés dans lesquelles on retrouve des limites pour fixer ce qui est permis et interdit. Des facteurs symboliques et plus seulement instinctifs entrent désormais dans les relations humaines.

L’inceste dans le monde d’aujourd’hui

Dans le monde actuel, nous pouvons distinguer deux types de réalités liées à l’inceste. D’un côté, on retrouve les abus exécrables auxquels sont soumis les enfants à divers endroits de la planète. Des adultes qui n’ont pas réussi à symboliser les relations parentales trompent ou intimident les enfants de leur famille pour satisfaire leurs besoins sexuels. Il est fréquent que ces personnes aient elles-mêmes été victimes d’abus.

D’un autre côté, on retrouve les « incestes consentis ». Nous avons par exemple entendu parler de la célèbre histoire à propos d’une jeune fille qui a connu son père à 17 ans et qui a entamé une relation avec lui, avec l’apparent consentement des deux parties. La même chose s’est produite entre des frères et sœurs, des neveux/nièces avec leurs tantes/oncles et mêmes des mères avec leurs fils.

On retrouve par exemple le cas d’une femme de 30 ans qui a entamé une relation sentimentale avec son père, en étant adulte. Un-e psychologue indique : « Elle a eu, avec son père, une relation de couple d’environ 10 ans. Elle m’a dit que ça avait été une belle expérience, transcendentale, qu’il ne lui avait jamais fait de mal et qu’ils ne l’avaient dit à personne parce que les gens ne comprendraient pas. Cela avait été leur secret. Après évaluation, elle était parfaitement normale. »

Si nous nous en tenons à Freud, nous pourrions dire que la culture échoue dans son imposition symbolique de permissions et de restrictions. Chez certains êtres humains, l’animal de la horde triomphe et le concept de société se brise. Il y a beaucoup de choses à dire à ce sujet, mais une seule doit être bien comprise. La relation sexuelle entre un adulte et un enfant est une perversion, en toute circonstance. Et si l’enfant est un membre de la famille, les conséquences sur sa vie psychologique sont encore plus néfastes. Par conséquent, certaines limites ne devraient jamais être franchies.

A découvrir aussi