L’importance de l’estime de soi dans le choix du conjoint

· 24 juin 2018

Nous avons tous entendu dire que nous ne pouvons pas aimer les autres si nous ne nous aimons pas nous-même. Mais parvenir à s’aimer soi-même n’est pas facile. Nous devons pour cela travailler pour bien nous connaître. Cela implique de comprendre nos débuts et notre histoire de vie, d’en tirer des leçons et, le plus difficile, de l’accepter. Il est en outre fondamental de garder à l’esprit l’importance de nos niveaux de connaissance personnelle et d’estime de soi dans le choix du conjoint.

Il se peut que nous soyons conscients des avantages résultant du fait de s’aimer soi-même. Nous ne pouvons cependant pas apprendre à le faire sans réaliser un travail personnel, sans observer des exemples et des modèles qui nous permettent de reconnaître les différentes formes de liens affectifs. Selon les recherches menées par le neurologue, psychiatre et écrivain Boris Cyrulnik, nous devons pour cela essayer d’observer différentes personnes et styles affectifs tout au long de notre vie.

En effet, les différents façon d’aimer nous aident à ne pas identifier l’amour, l’indifférence ou la haine avec une forme spécifique de comportement. Une connaissance qui ouvre notre esprit et enrichit notre personnalité.

Types de couple

Nous apprenons à interagir avec les autres dès les premières années de notre vie. Tout d’abord avec nos parents et le reste de la famille. Ils sont notre premier exemple de lien affectif. Nous observons et apprenons comment ils nous traitent et comment ils se rapportent les uns aux autres dès la première minute.

Nous élargissons progressivement notre cercle social. A mesure que nous grandissons, nous rencontrons davantage de personnes, jusqu’à ce que nous fassions notre premier choix de conjoint et, avec lui, notre première relation.

choix du conjoint

Boris Cyrulnik affirme que notre enfance déterminera le lien affectif que nous établirons avec nos partenaires sentimentauxIl existe selon lui différents types de couples. Ils peuvent se résumer à trois types : le couple dans lequel les deux se renforcent mutuellement, le couple dans lequel l’un nuit à l’autre et le couple dans lequel les deux se blessent mutuellement.

Le couple formé par deux personnes qui se renforcent mutuellement dure plus longtemps. Il a une meilleure qualité de vie, ensemble comme séparément. En outre, cet échange de renforcements contribue positivement à la santé de chacun. Il améliore leur équilibre émotionnel et leur sens de l’humour. De sorte qu’il s’agit de la seule forme de couple qui mérite d’être réaffirmée.

Les deux autres types de couples, où le dommage est présent de manière unidirectionnelle ou bidirectionnelle, devraient faire l’objet d’une tentative pour les transformer d’une façon ou d’une autre. Ce peut être en changeant les attitudes négatives ou en recherchant une nouvelle signification permettant d’établir les bases d’une relation plus saine. Il est conseillé d’envisager de quitter la relation si ce réajustement est impossible.

Il est néanmoins important de mentionner que nous devons parfois nous sentir en sécurité pour sortir d’une relation. C’est pourquoi il se peut que nous recherchions le soutien auprès d’autres personnes. Cela peut conduire à chercher un nouveau conjoint avant la fin de la relation. La personne ne bénéficiera ainsi d’aucun apprentissage en profondeur sur ce qui a été vécu. Elle sera dès lors susceptible de commettre les mêmes erreurs dans le cadre de cette nouvelle relation.

Nous n’avons pas besoin d’une moitié

Le choix du conjoint se fait inconsciemment. Il est basé sur tout ce qui a été appris à travers notre histoire. Le moment personnel dans lequel nous nous trouvons est également essentiel. Nous ne serons pas en mesure de choisir un conjoint approprié qui nous permette de vivre une relation de renforcement mutuel si nous ne faisons pas d’effort pour nous améliorer et nous connaître.

Un conjoint ne peut pas complètement couvrir tous nos besoins. De sorte que maintenir cette idée et attendre que cela se produise n’est qu’une utopie, une source de frustration constante. Nous avons en outre besoin d’interagir avec d’autres êtres humains et de disposer de différents types de relations enrichissantes.

L’une des croyances les plus dangereuses que nous avons à propos des relations tient à l’idée de ne pas nous considérer comme des êtres complets. Cette pensée nous conduit à une idée fausse au sujet de l’amour. Nous le considérons en effet comme une émotion pouvant tout réaliser. Nous cessons dès lors d’être réalistes et de percevoir les limites de ce qu’apporte tout amour sain. Le choix du conjoint aura de forte chance de devenir un lien soutenu par la dépendance et la peur.

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Faire la distinction entre souffrance et amour

Nos croyances et nos façons d’agir ne sont pas seulement déterminées par ce que nous observons dans notre environnement immédiat. Nous sommes également exposés à un grand nombre de stéréotypes sociaux. Il s’agit de moules rigides nous menant à penser, à tort, que le monde s’adapte.

Les médias influencent considérablement nos comportements à travers les stéréotypes qu’ils renforcent. La télévision, le cinéma, la musique ou la littérature nous donnent beaucoup d’informations. Nous devons néanmoins regarder si cette information est complexe, ajustée et adéquate. Tant le mythe du prince charmant que les livres et les films les plus populaires défendent l’idée que l’amour et la souffrance vont de pair.

Il semble que plus les membres d’un couple se disputent, moins ils se traitent bien. Par ailleurs, plus leur amour est impossible et plus ils rencontrent d’opposition, plus ils s’aiment. De sorte que nous finissons par écouter et exprimer,  dès le plus jeune âge, des phrases telles que « ceux qui se disputent se tapent, se désirent » ou « qui aime bien châtie bien ». Nous rêvons donc de vivre des amours impossibles ou secrets. Des amours dans lesquels l’intensité est privilégiée au dépend de la qualité. Nous oublions que cela peut conduire à un choix du conjoint basé sur des fantaisies romantiques plutôt que sur la réalité et les besoins quotidiens.

De plus, toutes ces idées nous amènent à acquérir un rôle spécifique au sein du couple et dans les relations en général. Un rôle appris qui peut opprimer notre véritable moi, nos véritables pensées, sentiments et désirs. Il n’est pas facile de rompre avec des idées préconçues, de reconstruire ce rôle pour lequel il semble que nous soyons programmés. Cela reste tout de même possible.

Être heureux avec soi-même

Les concepts sociaux erronés inhérents à une relation (sentimentale, mais aussi dans tout autre domaine, comme l’amitié) peuvent mener à un mauvais choix du conjoint et à la dépendance affective. Une situation dans laquelle nous oublions notre droit d’être des personnes disposant de sa propre identité et indépendance.

Il est nécessaire, pour renforcer notre « système immunitaire-émotionnel », de se connaître et de s’aimer. Le choix du conjoint pourra ainsi être réalisé de manière à trouver celui qui fera grandir notre bonheur. L’étape préalable, avant d’essayer de trouver le bonheur auprès de l’autre, est de le trouver dans la solitude.

« Nous devons apprendre à apprécier la compagnie de la seule personne qui est sûre de nous accompagner le reste de nos vies : nous-mêmes. »

Le choix du conjoint fondé sur la maturité

Enfin, il est important de garder à l’esprit que les membres d’un couple doivent se respecter l’un l’autre. Ils doivent en outre être capable de choisir, de manière libre et non pour des raisons de nécessité ou de dépendance, d’être ensemble. Cette nouvelle perspective fera que nous aurons un conjoint parce que nous construirons une relation, parce que, même si nous pouvons être seuls, nous préférons être avec l’autre, et non parce que nous souhaitons combler le vide que nous ressentons avec l’amour d’une autre personne.

choix du conjoint

Choisir son conjoint à partir du cœur, en tenant compte de nos propres besoins et désirs, rendra possible une relation de renforcement mutuel. Parvenir à ce type de dynamique dépend néanmoins des deux membres du couple.

« La clé d’une bonne relation de couple est de confier l’un dans l’autre. Pour y parvenir, il est important de savoir prendre soin de soi-même, de se connaître et de s’aimer pour mieux aimer. »