L’histoire du moine et du marchand

· 4 avril 2019
L'histoire du moine et du marchand nous parle d'un village humble où tout le monde vivait en harmonie, malgré l'absence de ressources abondantes. Les habitants étaient sympathiques et possédaient un sens de la solidarité. Dans les environs, il y avait un monastère où vivait une communauté de moines, toujours conscients des besoins de leurs voisins.

Au temple, ils semaient du blé et cette année-là, la récolte fût bonne. C’est pourquoi, l’enseignant supérieur demanda à l’un des moines de rassembler une bonne quantité de grain et de l’emporter jusqu’au village en charrette. Ils partageaient toute la nourriture. En effet, les moines pensaient que c’était le seul moyen d’avoir de la joie dans l’abondance.

Le moine était très obéissant et attentionné. C’est la raison pour laquelle il respectait l’ordre avec le plus grand soin. De ses propres mains, il ramassa plusieurs sacs de blé et les mit un par un sur le chariot. À la fin, il y avait une énorme pile. Toutefois, le bon moine pensait uniquement à quel point il rendrait les villageois heureux.

« Le seul charme du passé, c’est que c’est le passé. »

-Oscar Wilde-

La rencontre du moine et du marchand

Très tôt le lendemain, le moine se leva pour amener la charrette au village. Dès le début, il la trouva très lourde, mais ne s’en souciait. Sa seule préoccupation était de transporter le plus de nourriture possible. Aussi, il noua les ballots correctement et mit les trois chevaux les plus forts sur l’étalage.

Il se mit donc en route pour le village situé à cinq kilomètres. La matinée était belle et le moine voyagea dans la joie en pensant aux nombreux bienfaits qu’il amenait. Il était nerveux à l’idée de voir les yeux de toutes ces personnes qui avaient besoin de lui. Cela faisait sûrement longtemps qu’elles n’avaient pas eu autant de nourriture pour tout le monde. Il pensait à cela lorsque quelque chose effraya brusquement les chevaux. Tout d’un coup, la charrette s’emballa.

Le moine tenta de garder le contrôle, mais sans succès. Soudain, le chariot se détacha et commença à dévaler la colline. Malheureusement, un commerçant passait par là. Il se dirigeait également vers le village. Le destin unira le moine et le marchand à jamais.

Le moine et le marchand

Le poids d’une tragédie

Tout se passa très vite. Le moine ne comprit pas comment la charrette écrasa le marchand. Quand il le vit étendu sur le sol et ensanglanté, il ne put que courir désespérément pour l’aider. C’était en vain. Quand il arriva sur place, le marchand était mort. Dès lors, ce fût comme si le moine et le marchand devinrent une seule personne.

Peu de temps après, des villageois vinrent l’aider. Il leur donna le blé et regagna son monastère, son âme complètement détruite. À partir de ce jour, il vit le visage du commerçant partout. S’il dormait, il rêvait de lui. Au réveil, il ne pouvait plus penser à rien d’autre. L’image du mort le poursuivait.

Il consulta alors son professeur. Ce-dernier lui dit qu’il ne pouvait pas continuer à vivre ainsi et qu’il devait décidé d’oublier. Le moine lui répondit que c’était impossible. Il se sentait coupable de la mort du marchand. Peut-être que s’il n’avait pas autant rempli le chariot, il aurait pu le contrôler.

Le moine et le marchand

La morale du moine et du marchand

L’histoire du moine et du marchand  raconte que les choses n’ont pas changé pendant plusieurs mois. Le moine ne pouvait s’empêcher de ressentir de profonds remords. En effet, plus il y pensait, plus il se sentait coupable. Par conséquent, en voyant cela, l’enseignant prit une décision. Il envoya chercher le moine et répéta à celui-ci qu’il ne pourrait pas vivre comme ça.

Ensuite, il lui conseilla de se suicider. Le moine fut surpris. Toutefois, plus tard il comprit que c’était peut-être la seule issue. Cependant, il n’eût pas le courage de le faire. Le professeur le rassura alors. Lui-même lèverait son épée contre le disciple et lui couperait la tête. Le moine, résigné accepta.

Le professeur aiguisa bien l’épée. Puis, il demanda au moine de s’agenouiller et de poser sa tête sur un rocher, ce qu’il fit. Le professeur leva le bras et le moine se mit à trembler. Il avait des sueurs froides. Il sentait la terreur. Ensuite, le maître lança l’arme contre son cou mais s’arrêta à un millimètre avant de lui couper la tête.

Le moine et le marchand

Le moine était paralysé. À ce moment, le professeur lui demanda : « Durant ces derniers instants, as-tu pensé au marchand ? » L’autre répondit que non. Il pensait seulement à l’épée lui transperçant le cou. Le professeur continua : «Cela signifie que votre esprit peut oublier ce mauvais souvenir. Si vous l’avez fait une fois, vous pouvez y arriver plusieurs fois.  »