Les troubles de l’alimentation et leur relation avec la personnalité

18 octobre 2019
Certains traits de personnalité sont associés à certaines maladies mentales. C'est notamment le cas des troubles de l'alimentation. Dans cet article, nous évoquerons précisément cette association et ses conséquences.

L’Association américaine de psychiatre (APA) définit dans son manuel DSM-5 les troubles du comportement alimentaire comme « l’altération persistante dans l’alimentation ou le comportement lié à l’alimentation, ce qui entraîne une altération de la consommation ou de l’absorption des aliments et qui cause une détérioration significative de la santé physique ou du fonctionnement psychosocial. »

Ces troubles, également connus sous le nom de TCA, sont en recrudescence au cours de ces 30 dernières années. Ils touchent particulièrement les jeunes femmes, bien que les cas chez les hommes augmentent de plus en plus.

Une femme qui mange un concombre

Classification des troubles de l’alimentation

Les sous-catégories qui composent ces troubles ont subi des modifications dernièrement. Dans la dernière édition du DSM, les TCA comprennent :

Nous pouvons considérer les deux premières sous-catégories comme les plus pernicieuses des TCA. C’est pour cela que cet article se concentrera uniquement sur ceux-là.

Il convient de mentionner qu’il existe aujourd’hui d’autres problématiques liées à la consommation d’aliments qui prennent de l’ampleur dans notre société. Nous pouvons ainsi citer, entre autres : le surpoids (lié aux mauvaises habitudes alimentaires et le style de vie sédentaire), la bigorexie, la permarexie ou l’ébriorexie.

Caractéristiques des troubles de l’alimentation

La littérature scientifique sur les troubles du comportement alimentaire indique que ceux-ci influent sur la multifactorialité du trouble.

Par ailleurs, il ne faut pas oublier la pression exercée par les canons de beauté sur les personnes. Ce fait est très important. En effet, il influe profondément sur les croyances disproportionnées sur le corps et l’image corporelle qui se trouvent à l’origine de ces troubles.

Traits de personnalité associés aux TCA

La relation entre ces deux facteurs indique que certains traits peuvent s’avérer importants en matière d’origine, d’apparition et surtout, d’évolution des TCA. En règle générale, les études indiquent que la personnalité névrotique est associée aux troubles alimentaires.

Néanmoins, il existe des traits que l’on associe particulièrement à chaque sous-type de TCA. Par exemple, en ce qui concerne l’anorexie mentale, on observe des comportements obsessifs et un besoin élevé de contrôle. En plus, on souligne l’inflexibilité de la pensée, surtout en ce qui concerne les croyances inexactes de la personne. Enfin, on observe également que les personnes souffrant d’anorexie mentale présentent souvent des traits dépendants et d’introversion.

Par ailleurs, on associe la boulimie à une faible tolérance à la frustration et un faible contrôle des pulsions. En outre, les personnes qui souffrent de cette maladie présentent souvent une faible estime de soi, une plus grande anxiété et plus grande une « sensibilité interpersonnelle » (Macías et. al., 2003) que les personnes qui souffrent d’anorexie mentale. De la même manière, en raison de leur impulsivité élevée, ils peuvent adopter des comportements imprévisibles.

Les troubles de l'alimentation et le poids

Troubles de la personnalité et TCA

Nous ne pouvons pas évoquer les caractéristiques de la personnalité sans mentionner les troubles du même ordre. Il existe une relation importante entre les troubles de la personnalité. De fait, les études indiquent une prévalence comprise entre 53 et 93 %.

Ainsi, on a établi une relation entre l’anorexie mentale et le trouble de la personnalité évitante, le trouble de dépendance et le trouble obsessif-compulsif. En ce qui concerne la boulimie, les études existantes l’associent aux troubles affectifs, aux troubles de l’anxiété et aux troubles de l’abus de substances.

Étant donné la complexité du traitement qu’entraînent les TCA, la personnalité du patient joue un rôle déterminant. Le besoin de contrôle, l’impulsivité et le manque de flexibilité mentale supposent un problème au moment de travailler avec la personne. C’est pourquoi on recommande de travailler sur ces traits lors de la thérapie. En effet, ceux-ci influent sur la survie de croyances et de distorsions cognitives (dans lesquelles influe l’inflexibilité mentale), les purges et les hyperphagies (impulsivité) et les régimes stricts (par exemple, besoin de contrôle).

 

  • Behar, R., Barahona, M., Iglesias, B., & Casanova, D. (2008). Trastornos de la conducta alimentaria y trastorno obsesivo-compulsivo: Un estudio de prevalencia. Revista chilena de neuro-psiquiatría46(1), 25-34.
  • Macías, L. G., Unikel, C., Cruz, C., & Caballero, A. (2003). Personalidad y trastornos de la conducta alimentaria. Salud mental26(3), 1-8.
  • Vázquez Arévalo, R., López Aguilar, X., Ocampo Tellez-Girón, M. T., & Mancilla-Diaz, J. M. (2015). El diagnóstico de los trastornos alimentarios del DSM-IV-TR al DSM-5. Revista mexicana de trastornos alimentarios6(2), 108-120.
  • https://es.wikipedia.org/wiki/Trastornos_de_la_conducta_alimentaria
  • http://www.acab.org/es/que-son-los-trastornos-de-la-conducta-alimentaria
  • https://www.alboranpsicologia.es/psicologo/anorexia-y-bulimia/