Les dix royaumes spirituels dans le bouddhisme zen

27 septembre, 2020
Les bouddhistes parlent des 10 royaumes spirituels pour se référer à différents états de l'esprit. Quatre d'entre eux correspondent à des niveaux évolutifs de la conscience. Les six autres seraient des caractéristiques des niveaux non évolutifs.

Selon la cosmologie bouddhiste, il existe dix royaumes spirituels qui correspondent à dix états différents de l’esprit. Ces états font que l’esprit est sujet à certains sentiments dans chacun d’eux. Autrement dit, que des aspects prédéterminés prédominent à chaque moment.

Les bouddhistes indiquent que dix royaumes spirituels ne sont pas identiques. Il y en a quatre qui sont considérés comme des états supérieurs et six considérés comme inférieurs. Les états supérieurs se caractérisent par la recherche volontaire, le désir de découverte et de dépassement.

Dans le cas des états inférieurs, c’est la réaction au monde externe qui prime. Ce sont des états de l’esprit dans lesquels l’existence est complètement influencée par l’environnement. Ils ne conduisent pas à l’évolution mais à la souffrance.

Découvrez quels sont les dix royaumes spirituels dans leur ensemble.

“Avec fermeté, entraînez-vous pour atteindre la paix.”

-Dhammapada-

Sachez-en plus sur les royaumes du bouddhisme zen.

1. L’apprentissage, l’un des royaumes spirituels bouddhistes

On le connaît également comme l’état de “ceux qui écoutent la voix”. Cet état est celui des personnes qui observent la réalité, qui veulent en savoir plus sur celle-ci et qui sont prêts à découvrir la vérité et à la comprendre.

Néanmoins, dans cet état, qui est l’un des royaumes spirituels supérieurs, on dépend toujours de l’extérieur. On cherche la vérité à travers de ce que captent les sens ou de ce que disent les autres.

2. La réalisation

C’est le deuxième des dix royaumes spirituels. On l’appelle “les éveillés à la cause”.

Il correspond à un degré plus important d’autonomie. Grâce à l’observation, à l’effort et à la méditation, on parvient à prendre conscience de la cause des choses. Autrement dit, on comprend la loi de cause à effet et la manière dont celle-ci se matérialise.

3. Le Bodhisattva

Le mot Bodhisattva fait référence à l’état de l’esprit dans lequel on atteint l’illumination, principalement grâce à la compassion et à l’altruisme.

Il existe un désir authentique de libérer les autres de la souffrance et de les conduire également à l’illumination. Dans cet état, donner et aider sont une source de bonheur et de paix.

4. La bouddhéité, l’état le plus élevé des royaumes spirituels bouddhistes

La bouddhéité, ou l’état du Bouddha, est le plus élevé des dix royaumes spirituels. C’est également le plus haut degré de noblesse et l’état de ceux qui ont atteint l’éveil authentique.

C’est un état de paix intérieure absolue.Il ne peut être altéré par aucune circonstance externe. Il se caractérise par la sagesse et la miséricorde en illimité.

5. L’enfer, l’un des royaumes spirituels inférieurs du bouddhisme zen

C’est l’état le plus bas des dix royaumes spirituels. Il correspond à un état de l’esprit dans lequel il y a une carence absolue de liberté.

Dans certains cas, il est associé à l’angoisse entraînée par les souffrances dont on est prisonnier. Dans d’autres cas, il est associé à la haine et aux sentiments destructeurs qui attachent et asphyxient ceux qui les subissent.

6. La faim

Dans le royaume de la faim, ce sont les désirs insatisfaits qui priment, ce qui, en soi, est un pléonasme. S’il existe un désir, c’est parce qu’il n’y a pas de satisfaction. Ainsi, celui qui désire est condamné à éprouver une carence.

La “faim”, au sens symbolique du terme, donne l’impression d’être misérable et fait adopter un comportement vorace.Si les désirs se transforment de manière créative, la volonté d’être meilleur se manifeste.

7. L’animalité

Ce qui caractérise l’état d’animalité, c’est l’obtention de satisfactions immédiates ou irrationnelles.Ce qui domine, c’est l’instinct ou l’impulsion, pas la raison ni le coeur.

Les animaux ont peur des puissants et abusent des faibles. Ils envisagent également la vie comme une lutte pour la survie au lieu de l’envisager comme un espace pour grandir. Si l’animalité évolue, elle se transforme en loyauté et en générosité.

8. La colère

On l’appelle également le royaume des Asuras. Sa principale caractéristique est la compétitivité. Dans la colère, il existe une tendance à se comparer avec les autres, toujours dans l’intention d’être au-dessus.

Ceux qui se trouvent dans cet état sont arrogants avec les plus faibles et flatteurs avec les plus forts.Dans ce cas, il y a un degré de conscience. Néanmoins, on l’emploie sournoisement pour atteindre des buts égoïstes. S’il évolue, il mène à l’autonomie.

Une femme en train de se tenir la tête avec les mains.

9. L’humanité

Dans cet état, il existe la capacité de raisonnement et par conséquent, la possibilité également de différencier ce qui est correct de ce qui ne l’est pas.

En outre, il existe une maîtrise du comportement. Cet état se caractérise par la prédominance de la passion pour les idéaux abstraits et la vulnérabilité face aux influences négatives de l’environnement. Il y a également un potentiel pour avancer vers un état supérieur.

10. L’extase

On l’appelle également l’état des êtres célestes. Il se caractérise par le plaisir et le bonheur de satisfaire les désirs et d’obtenir ce que l’on veut. Ce bonheur est néanmoins temporaire.

Il se distingue du bonheur de l’illumination précisément parce qu’il est passager. En outre, il dépend de circonstances externes et peu contrôlables. Il n’y a pas d’émotions négatives, mais cela est temporaire.

Gardez à l’esprit que les dix royaumes spirituels ne se situent pas sur une ligne continue unidimensionnelle.Autrement dit, on ne passe pas d’un état à un autre de manière linéaire. Il est possible d’avancer et de reculer dans ces états de l’esprit, bien qu’un d’entre eux ait tendance à prédominer.

Hua, H. (2000). Los diez reinos del Dharma no están más allá del pensamiento. Buddhist Text Translation Society.