Les caractéristiques de la philophobie, ou la peur de l’amour

3 septembre 2019
La peur de tomber amoureux peut être écrasante pour certaines personnes. Elles craignent d'être blessées, trahies. Il est très angoissant pour ces personnes d'établir un lien émotionnel avec quelqu'un et de se sentir vulnérables. D'autres, en revanche, ont peur de perdre leur autonomie.

Les caractéristiques de la philophobie mettent en évidence un type très spécifique de phobie. Celle de développer tout type de lien émotionnel avec une personne. Il y a ceux qui soulignent que derrière ce comportement, il peut avoir un passé de violence à la maison, la marque du divorce des parents, etc. Cependant, la réalité nous dit que ce n’est pas toujours le cas. De plus, il arrive parfois qu’il n’y ait pas d’explication claire et précise.

Comment est-ce possible ? Qu’est-ce qui fait qu’un homme ou une femme éprouve une réelle peur de ressentir cette émotion en apparence si merveilleuse ? Si pour une bonne partie de la population, tomber amoureux est aussi excitant qu’intense, pour d’autres, c’est effrayant. D’autre part, et même si certains pensent que ce type de phobie pourrait être le résultat de notre société actuelle, en réalité, il s’agit d’une phobie qui a toujours existé.

Par exemple, Elisabeth Ire d’Angleterre, connue sous le nom de la reine vierge, est souvent considérée comme l’une des personnalités les plus célèbres ayant souffert de philophobie. On dit que son refus de se marier pourrait être « la conséquence » de ce qui est arrivé à sa mère. Anne Boleyn a été exécutée par son père, le roi Henri VIII, pour être tombée amoureuse d’un autre homme.

Désormais, on sait qu’Elisabeth Ire d’Angleterre elle-même en est venue à avoir plusieurs amants. Mais comme elle l’a elle-même expliqué, elle a préféré exclure l’amour de sa vie. Et a décidé de ne jamais se marier. Elle ne pouvait pas imaginer sa vie unie à une autre personne. La philophobie a marqué son règne de la même manière que cette phobie conditionne la vie quotidienne de nombreuses personnes.

« Bien que la philophobie ne figure pas dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM) de l’Association américaine de psychiatrie, nous sommes confrontés à une réalité que l’on rencontre assez fréquemment. »

La philophobie dans un couple

Les caractéristiques de la philophobie ou la peur de l’amour

La philophobie survient de différentes manières. Il n’y a pas deux cas identiques et il n’existe pas non plus de modèle qui permette d’établir un diagnostic simple. En réalité, si nous recherchons cette condition dans le Manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux (DSM), nous verrions qu’elle apparaît simplement comme une phobie sociale.

Des experts en la matière, comme le Dr Scott Dehorty du Delphi Behavioral Health Group du Maryland, nous disent que les caractéristiques de la philophobie apparaissent autant chez les hommes que chez les femmes. Il n’y a pas de facteurs biologiques ou génériques qui l’expliquent, mais elle apparaît souvent simplement à cause d’une mauvaise expérience relationnelle avec un ancien partenaire.

De là apparaît la peur, la peur que la même chose arrive, de souffrir à nouveau, d’être blessé. Peu à peu la peur devient phobie et, comme nous le savons, avec l’apparition d’une phobie peuvent apparaître d’autres problèmes comme les troubles anxieux, la dépression, l’isolement social, la consommation de drogues, etc.

Voyons, cependant, quelles sont les principales caractéristiques de la philophobie.

Un coeur entouré de punaises représentant la philophobie

Le philophobe en couple

Quand nous pensons à la philophobie, nous visualisons presque immédiatement ces personnes qui échappent à tout prix à l’engagement et à une relation émotionnelle. Maintenant, il faut savoir qu’il y a celles qui font le pas et se mettent en couple, mais oui, la relation est très nuisible.

  • Dans ces derniers cas, les personnes ont un comportement froid, sévère, inaccessible avec un fort besoin de contrôle. De plus, elles ont tendance à être jalouses et possessives. Tout cela montre la peur et la profonde insécurité qui se cache derrière tout cela
  • Elles ont également une faible estime de soi. Elles ne savent pas communiquer, elles ne cèdent pas, n’ont pas d’empathie… Les philophobes en couple sont de grands saboteurs émotionnels. Leur propre insécurité crée des abîmes. Cette peur d’un engagement réel, de se donner à l’autre, les conduit à construire des relations pleines de hauts et de bas

Caractéristiques de la philophobie chez les personnes qui évitent tout type de relation

D’autre part, il y a des philophobes qui évitent à tout prix tout type de relation. Ces personnes n’évitent pas seulement l’engagement. Elles mettent également de côté la possibilité d’avoir un partenaire, de se permettre de ressentir de l’affection, de la passion, de tomber amoureux. Dans ce cas, elles évitent tout lien émotionnel, quel qu’il soit, comme l’amitié.

Si le type de philophobie précédente était particulièrement néfaste, elle est très destructrice pour ceux qui en souffrent. Il s’agit d’un type de phobie sociale qui s’accompagne souvent d’isolement, d’anxiété généralisée, de crises de panique, ainsi que de divers troubles de la personnalité.

D’autre part, il convient de noter que les caractéristiques de la philophobie dans ce cas, montrent également des symptômes physiques. Quand quelqu’un essaie d’être un peu proche d’elle, d’établir un lien d’affection, de camaraderie ou d’amitié, elle se sent mal à l’aise, tachycarde, transpire et ressent un grand inconfort.

 

Quels sont les traitements de la philophobie ?

Les options de traitement pour les personnes qui présentent les caractéristiques susmentionnées de la philophobie varient souvent considérablement. Parfois, et selon l’intensité de la phobie, il suffit de changer de mode de vie. Ou bien de suivre un type de thérapie très spécifique : la thérapie d’exposition, où l’on peut travailler l’anxiété à partir de certaines scènes ou situations que le thérapeute pose.

Dans d’autres cas, des médicaments peuvent parfois être nécessaires. Surtout si la personne souffre déjà d’isolement social, de dépression, d’anxiété élevée, etc. Cependant, en général, nous sommes face à une sorte de phobie. Par conséquent, des approches comme la thérapie cognitivo-comportementale sont souvent très utiles.

Elle nous aidera à identifier les peurs, à changer les pensées, les croyances et les réactions négatives liées à l’origine de la phobie. Quoi qu’il en soit, il existe un traitement et s’il y a un engagement ferme de la part du patient, une nette amélioration peut être observée. La philophobie peut disparaître pour faire place à une meilleure qualité dans nos relations.

 

  • Tavormina, R. (2014). ¿Por qué tenemos miedo de amar? En Psychiatria Danubina (Vol. 26, pp. 178–183). Medicinska Naklada Zagreb.