Les 6 meilleures phrases d’Alexandre Luria

· 14 juin 2018

Né en 1902 à Kazan (Russie), Alexandre Luria est considéré comme le père de la neuropsychologie moderne. Ses recherches sont devenues la base sur laquelle cette branche fondamentale de la psychologie est fondée. Selon la neuropsychologie le cerveau est la source du comportement. Avec les phrases d’Alexandre Luria nous nous rapprochons de son autobiographie et de ses principaux apports.

Luria a grandi dans le cadre d’une famille aisée juive qui donna une grande importance au multilinguisme. Lui et sa sœur dominaient l’allemand, le français et l’anglais en plus de leur russe maternel. Cet auteur parvint à participer à plus de 300 publications scientifiques parmi lesquelles on retient Fonctions corticales de l’Homme, Cerveau et processus psychologique, L’Homme et son monde conflictuel, Développement cognitif, ou Neuropsychologie de la mémoire.

Education multiculturelle, formation multidisciplinaire

L’histoire académique de Luria est plutôt curieuse. Le déclenchement de la Révolution Russe interrompit sa formation alors qu’il n’avait que 7 ans. Influencé par son père, un célèbre professeur et gastro-entérologue, il intégra l’université pour étudier à seulement 16 ans. La phrase suivante appartient à son œuvre autobiographique de 1979. Elle constitue une réflexion sur la précocité de son intérêt pour l’esprit et la psychologie.

« Il est difficile de connaître la raison de mon choix pour la psychologie en tant que terrain de mon immédiate activité professionnelle. »

Alexandre Luria

La hiérarchie flexible de Luria

Loin de considérer l’esprit comme étant fragmenté, Luria et son professeur Lev Vygotski considéraient le cerveau comme un tout au sein duquel primaient les associations entre ses parties. Ils affirmaient même que les fonctions cérébrales ne sont pas isolées ou à l’abri dans des régions déterminées et étanches. Ces idées sont radicalement contraires à celles d’autres chercheurs importants tels que Paul Broca ou Karl Wernicke, partisans de la localisation de fonctions déterminées dans des aires concrètes.

Le débat localisation-anti localisation dura pendant des décennies. De nos jours, on accepte l’option fusionnée des deux points de vue : le cerveau fonctionne comme un système inter-lié mais il est également possible d’identifier certaines parties comme étant chargées de processus déterminés. Par exemple, on pourrait associer l’aire de Broca directement au langage. Une autre phrase d’Alexandre Luria qui résume parfaitement la passion qu’il ressentait pour le fonctionnement cérébral est la suivante :

« Parler est un miracle. »

Pour ce neuropsychologue, le cerveau est organisé en 3 niveaux : primaire, secondaire et tertiaire. Dans chaque niveau, il existe des régions qui, au travers d’un système de connexions neuronales, se chargent de fonctions déterminées :

  • Surveillance, mémoire primaire et homéostasie interne : tronc encéphale, hypothalamus, et système limbique.
  • Stockage et traitement de l’information : lobe temporal, occipital et pariétal.
  • Mobilité et programmation comportemental : lobe frontal.

« Notre mission n’est pas de « localiser » les processus psychologiques supérieurs de l’Homme dans des zones limitées du cortex mais de découvrir, grâce à une analyse approfondie, les groupes de zone de travail du cerveau qui sont responsables de l’exécution de l’activité mentale complexe. »

Ensemble, ces trois niveaux forment un système fonctionnel interconnecté. En lui, les fonctions supérieures dépendent de nombreuses aires cérébrales et travaillent de manière coordonnée.

Alexandre Luria et le cerveau

Les lésions en Neuropsychologie

A la différence de la physiologiste, la neuropsychologie ne provoque et ne cause pas de lésions à des fins expérimentales. Au lieu de cela, on profite des lésions déjà existantes chez les patients ou de celles qui ont été produites par la chirurgie à des fins thérapeutiques. Une célèbre phrase d’Alexandre Luria illustre ce manque de preuves et de cas :

« Les responsabilités que nous supportions et l’opportunité d’étudier un grand nombre de patients atteints de lésions cérébrales étaient impressionnantes (…). Ainsi, les années de désastre nous ont fourni une grande opportunité d’avancer dans la science. »

Les apports du médecin russe ne se centrent pas uniquement sur les personnes atteintes de dommages acquis et sur son intérêt pour l’organisation cérébrale des processus mentaux. Il mit au point l’un des premiers détecteurs de mensonges. De plus, il dédia ses premières études à la psycho-philosophie du travail. Il se montra très intéressé par la psychanalyse et il fit des recherches sur les états affectifs humains pour le développement de méthodes de « réponses motrices conjuguées ».

« Dans un village de Sibérie, tous les ours sont blancs. Ton voisin s’est rendu dans ce village et vit un ours. De quelle couleur était cet ours ? »

Ce syllogisme fut l’un des plus célèbres de cet auteur. Alexandre le formula pendant l’une des ses visites à une population indigène d’Asie centrale. Son objectif était de connaître l’existence d’un raisonnement logique universel. Pour les plus curieux… La réponse des habitants était généralement : « Comment je peux le savoir ? Pourquoi vous ne demandez pas cela à mon voisin ? »

la neuropsychologie et Alexandre Luria

Le cerveau est encore une énigme

Néanmoins, comme ce neuropsychologue s’en rendit compte il y a des décennies, la connaissance que nous avons aujourd’hui du cerveau est relativement faible si nous la comparons avec ce qu’il nous reste à découvrir et si nous le comparons avec ce que nous savions il y a quelques années. Il est certain qu’il nous reste encore beaucoup à chercher, bien que nous fassions des progrès et de grandes avancées. L’une des phrases d’Alexandre Luria qui reflète cela est la suivante :

« Pour pouvoir progresser de l’apparition du symptôme (perte d’une fonction donnée) à la localisation de l’activité mentale correspondante, il reste encore un long chemin à parcourir. »

Au travers des phrases d’Alexandre Luria, de nombreux auteurs postérieurs ont pu reprendre son héritage et approfondir des aspects plus concrets, tels que les fondements neuropsychologiques de la raison. Ainsi, les apports de cet auteur furent déterminants pour le développement de la neuropsychologie et ils permirent une meilleure compréhension du fonctionnement de l’encéphale et de la localisation cérébrale.