Les 5 émotions qui accompagnent une crise personnelle

7 février 2020
L'analyse de toutes ces émotions qui accompagnent une crise personnelle nous donne des indices pour sortir de cet état. Le tissu de la résilience est souvent façonné par une bonne gestion de ces réalités internes.

Les émotions qui accompagnent une crise personnelle peuvent nous paralyser. Cette fracture soudaine et inattendue du présent nous plonge souvent dans des états auxquels nous ne sommes pas toujours préparés sur le plan psychologique. Douleur, angoisse, incertitude, peur… Comprendre le rôle joué par ces réalités internes peut nous aider à surmonter ces moments plus efficacement.

Comment faire maintenant ? S’il y a quelque chose que la plupart d’entre nous savons, c’est que lorsque nous sommes impliqués dans une crise personnelle, il y a peu de place pour la réflexion et pour cette clarté mentale nécessaire pour prendre de bonnes décisions. Lorsque l’adversité survient, la peur grandit et qu’il en soit ainsi est évolutivement normal, et même attendu.

Il faut penser que notre cerveau est toujours gouverné par des instincts et des mécanismes de défense très primitifs. De cette façon, lorsqu’il perçoit et est conscient d’une menace ou de la rupture de notre homéostasie interne, cette réponse très courante apparaît : le désir de s’échapper. La peur contrôle tout et nous sommes à peine capables de raisonner avec équilibre et retenue.

Cependant, il vaut la peine de s’arrêter un instant sur ce que signifie le mot « crise » lui-même. Ce terme vient du grec et a plusieurs sens qui convergent sur la même idée : décision, jugement, résolution, discernement… Tout cela nous incite sans doute à comprendre un aspect simple. Nous sommes obligés de vaincre la peur, de la transférer pour nous permettre de prendre de nouvelles décisions et ainsi commencer une nouvelle étape.

Cependant, il faut tout d’abord comprendre l’anatomie de la crise elle-même et savoir quel type d’émotions elle génère.

Traverser une crise personnelle

Les 5 émotions qui accompagnent une crise personnelle

Albert Einstein a déclaré que sans crise, il n’y a pas de mérite. Il a également souligné que c’est dans ces moments où le meilleur peut émerger, car dans chaque crise, le vent est comme une caresse qui peut nous encourager. Cela semble sans aucun doute évocateur et bien que ces idées nous inspirent et nous motivent, il est clair qu’il n’est pas facile de faire face à ces moments d’instabilité, d’incertitude et de peur.

D’un autre côté, nous savons également que toutes les crises ne sont pas égales. Certaines sont des menaces évidentes pour notre équilibre psychologique et/ou physique (Goldenberg, 1983). Dans d’autres cas, ce sont des événements soudains qui génèrent des changements qui nous forcent à émettre une sorte de réponse (Rosenbaun et Calhoun, 1977).

D’un autre côté, le concept de « crise » est très complexe et englobe de nombreuses réalités, comme l’explique une étude des médecins Donald Coates et Katherine Eastman. Ces états temporaires d’altération et de défi ont des origines infinies et affectent n’importe quel âge. En outre, il peut être vu dans de nombreux cas une convergence des mêmes réalités internes.

Voici les émotions qui accompagnent une crise personnelle.

1. La peur (je ne suis pas préparé à cela, j’ai peur)

La peur est cette émotion régulée par notre amygdale cérébrale. Cette sentinelle émotionnelle est responsable de ce type de réaction lorsqu’elle détecte une sorte de menace ou d’événement inattendu qui brise l’équilibre que nous avions.

Ainsi, une rupture émotionnelle, la perte d’un emploi, d’une amitié, d’un membre de la famille ou le fait de laisser quelque chose de significatif pour nous ouvre instantanément la porte à cette émotion accablante.

2. Les 5 émotions qui accompagnent une crise personnelle : la colère (pourquoi cela m’arrive-t-il ?)

Parfois plus qu’une colère retentissante, c’est de l’indignation et de la perplexité. La personne qui connaît une crise peut ne pas s’empêcher de se demander « pourquoi moi ? ». Le fait que cette émotion survienne est en fait un processus normal. Il est courant d’éprouver ce fait avec une certaine colère, nous refusons de l’accepter et nous nous sentons même incompris.

Progressivement, l’acceptation viendra, mais d’abord, nous emprunterons ce chemin habité par les flammes de la colère.

3. La résistance au changement (je me sens impuissant, je ne peux rien faire)

Une autre émotion qui accompagne une crise personnelle à ses débuts est l’impuissance. Au-delà de la colère et des malentendus, il y a l’idée que nous ne pourrons rien changer à ce qui s’est passé. Si mon partenaire m’a quitté, le monde est fini pour moi, je ne serai plus jamais heureux.

Si j’ai perdu un parent, le monde s’arrête et il n’y a pas de retour en arrière, tout est fini… Ces idées sont récurrentes au début d’une crise. Idéalement, il ne s’agit pas de s’accrocher à ces idées, mais de nous permettre de recevoir de l’aide pour générer des changements en supposant de nouvelles perspectives.

Un homme dans une crise personnelle

4. Les 5 émotions qui accompagnent une crise personnelle : la honte, l’inconfort dans la crise personnelle (je veux m’éloigner de tout le monde et de tout)

Certaines personnes ont honte de se voir dans certaines situations. D’autres ne ressentent que de l’inconfort et du rejet de tout le monde et de tout. Il est courant dans tous les cas de vouloir un certain isolement, de vouloir s’écarter de la réalité immédiate pour être seul avec soi-même.

Pratiquer l’introspection est bon pour un temps limité. Cela aide à réorganiser les idées et à démarrer le processus d’acceptation. Cependant, il faut aussi que nous puissions progressivement nous ouvrir émotionnellement aux autres.

5. La douleur émotionnelle (je me sens blessé, désemparé, paralysé…)

On peut se dire à plusieurs reprises que la douleur fait partie du cours de la vie. Cependant, lorsque vous vivez dans votre peau, vous réalisez que c’est quelque chose d’injuste, d’inattendu et de trop gros pour pouvoir accepter tant de souffrance.

Ainsi, les autres émotions qui accompagnent une crise personnelle sont toutes celles qui composent sa douleur émotionnelle. C’est de la tristesse. De l’angoisse. Du désespoir. C’est une blessure interne qui fait mal à chaque instant. Et qu’on ne sait pas comment soulager.

Au-delà de ce que nous pouvons penser, si nous acceptons et reconnaissons l’existence de cette douleur émotionnelle pour la valider, elle nous aidera à son tour à promouvoir le bon processus d’adaptation psychologique. Laisser couler progressivement tous ces états internes favorisera le soulagement de la souffrance et la recherche de nouvelles résolutions.

Pour conclure, comprendre toutes ces émotions qui accompagnent une crise personnelle nous permettra certainement de façonner le muscle de la résilience. Ce n’est pas un processus facile ou rapide. Les crises ne se soignent pas en une semaine ou en un mois. Nous devons emprunter ces voies où la douleur est inévitable.

Cependant, à chaque étape, notre peau devient plus dure. Le cœur se calme et l’esprit devient plus flexible, réceptif et créatif. Tôt ou tard, nous trouverons non seulement un soulagement, mais aussi des moyens nouveaux et merveilleux.

 

  • Wainrib, Rubin. Barbara (1998) Intervención en crisis y respuesta al trauma. Edesclee