Vous avez déjà appris à être fort, apprenez maintenant à être heureux

14 janvier 2020
D'une certaine façon, les périodes d'adversité sont des scénarios dans lesquels nous apprenons à être forts. Cependant, cette force ne doit pas élever des murs ou des clôtures, ne pas nous faire oublier que c'est aussi le bon moment pour être heureux.

En fin de compte, il y a un moment où l’on réussit : on apprend à être fort. La vie est un excellent professeur à ce sujet et vous apprend de différentes manières à développer une attitude à l’épreuve des balles.

Puis vous vous dites que vous serez capable de tout affronter, que vous avez les moyens de faire face à toute sorte d’adversité… Mais peut-être oubliez-vous le plus important : que le temps n’est pas seulement un moyen d’atteindre des objectifs futurs, que maintenant c’est aussi votre tour d’être heureux.

Le bonheur n’est pas ailleurs, il est là, ici même. La personne heureuse ne reporte pas son bonheur ; la vie se passe maintenant, avec l’incertitude de ce qui viendra plus tard. Ces mots du poète Walt Whitman ne pourraient être plus exacts et inspirants.

Cependant, pour ceux qui viennent de traverser une période difficile, il n’est pas facile d’appliquer ce conseil. Ce n’est pas le cas, en premier lieu, parce que lorsque nous traversons des moments difficiles, il est presque impossible pour nous de regarder le présent.

De plus, nous parcourons le monde sur la défensive, en veillant à ce que rien de ce qui s’est passé avant ne se reproduise. Nous nous regardons dans le miroir de notre mémoire, passant en revue le passé, essayant d’apprendre le plus possible afin d’être préparés à ce qui pourrait arriver.

Si vous avez vécu un épisode négatif, complexe ou traumatisant, ne soyez pas obsédé par la force : pensez à être flexible. La tentation de se mettre sur la défensive peut être très grande, de se protéger pour que rien ne vienne remuer le couteau dans la plaie.

« Celui qui vainc les autres a de la force. Celui qui se vainc lui-même est fort. »

-Lao Tseu-

Une feuille avec un trou en forme de coeur

Vous avez appris à être fort, apprenez maintenant à être heureux

L’équilibre quotidien nous apprend des choses, tout comme nos expériences, nos relations, tout ce que nous lisons et ce que nous découvrons à chaque instant. Cependant, il y a un fait qui devrait être étudié en profondeur.

Les personnes qui ont vécu un événement traumatique ne savent pas toujours comment se donner de nouvelles opportunités pour atteindre le bonheur. C’est comme si elles sortaient tous les jours avec un énorme parapluie, même si rien n’annonce qu’il va pleuvoir.

Le philosophe grec et fondateur de l’école cynique, Antisthène, disait que l’un de nos buts devrait être de faire de notre âme une forteresse imprenable. A quoi bon devenir un mur royal et infranchissable ? La lumière traverse rarement un mur de pierre, on ne voit rien à travers lui et, pire encore, son entrée est impraticable pour ceux qui veulent nous connaître.

Par conséquent, ceux qui sont obsédés par le développement d’une forte personnalité réussissent souvent à vivre toujours sur la défensive, par peur d’être à nouveau blessés. Ce n’est pas la meilleure stratégie. Parce que le bonheur ne s’harmonise pas avec la peur ou avec ceux qui accumulent un excès de mécanismes de défense.

Un homme apprenant à être fort

Vous pouvez être heureux : maintenant vous savez quelles sont vos priorités de vie

Depuis que Martin Seligman a jeté les bases de la psychologie positive dans les années 1990, les choses n’ont pas beaucoup changé. Nous continuons à assister à cette floraison de publications d’auto-assistance pour nous apprendre à être heureux. Il y a beaucoup de visages arborant des sourires jaunes et ces gourous qui promettent de nous donner les clés de l’épanouissement en tant qu’êtres humains.

Ceux qui ont vécu des événements compliqués et même traumatisants ne reçoivent pas toujours l’aide de ces livres ou manuels. Des experts en la matière, tels que les psychologues Jerome Wakefield de l’Université de New York et Allan Horwitz de l’Université Rutgers, ont écrit un livre intitulé The Loss of Sadness. Ils y parlent d’aspects très intéressants liés à ce sujet.

Voici un exemple. Aujourd’hui, l’obligation d' »être heureux » est surpriorisée. A tel point que ces experts soulignent que nous déformons et laissons de côté notre répertoire émotionnel, des réalités telles que l’angoisse, la peur ou la tristesse.

Ainsi, ceux qui ont traversé l’adversité accumulent dans une plus grande mesure ces états internes. Comment pouvons-nous être heureux alors ? Que peuvent faire ces personnes pour atteindre le bien-être ?

Croyez-le ou non, ces personnes ont un avantage très particulier. Ceux qui n’ont pas eu de difficultés dans la vie fantasment souvent sur le bonheur en termes quelque peu idéalistes (avoir un partenaire parfait, avoir un bon travail, faire un voyage incroyable…).

Cependant, ceux qui ont appris à être fort, valorisent des aspects beaucoup plus fondamentaux : le calme, l’équilibre, l’affection des proches, le bien-être avec soi-même…

Toutes ces dimensions construisent en fait les piliers du bonheur authentique.

 

Les clés du bien-être sont en fait une combinaison intelligente de plusieurs clés

La vie vous a permis d’être fort, et maintenant c’est à votre tour d’être heureux. Vous avez traversé différentes tempêtes, parfois des changements de direction soudains dans votre parcours de vie. Et en effet, regardez-vous, vous êtes devenu aussi fort que du graphène.

Cependant, à ce matériau que vous portez maintenant, vous devez ajouter d’autres alliages et propriétés. L’un d’eux est la flexibilité, un autre est d’être réceptif, d’accepter le changement, et de travailler sur votre ouverture à ce qui vous entoure pour continuer à vous rencontrer et à trouver ce qui vous convient.

Maintenant, au milieu de ce chemin, il y a une clé qui vous permettra de travailler sur votre bonheur. Cette composante est peut-être la plus importante, et Viktor E. Frankl en a parlé dans son célèbre livre Man’s Search for Meaning. Nous voulons, bien sûr, trouver un but à notre vie.

C’est lui donner un sens, une force motivante et intrinsèque qui enflamme nos illusions. Ce moteur interne devrait nous pousser chaque matin à continuer à nous dépasser, à nous fixer des objectifs à l’horizon en fonction de ce qui est significatif pour nous. Travaillons dessus.