L’empathie bienveillante, lorsque le sentiment se traduit en action

28 août 2019
Que quelqu'un comprenne notre réalité émotionnelle, c'est très bien. Néanmoins, c'est encore mieux lorsque la personne ne s'en tient pas au sentiment et à la simple intention. L'empathie bienveillante, c'est être capable d'agir, de constituer un soutien actif, d'aider. C'est aller au-delà du sentiment et de l'intention.

S’il y a bien quelque chose dont le monde a besoin, c’est de plus d’empathie bienveillante. Il s’agit d’une dimension de l’empathie où l’on ne s’en tient pas qu’au simple sentiment de compréhension, à l’émotion qui connecte, et au cœur qui s’émeut.

Nous faisons ici allusion à l’action de quelqu’un qui s’engage et qui décide d’aider. Quelqu’un qui apporte son soutien et son affection à l’autre pour que ce dernier change sa réalité et trouve un bien-être authentique.

Lewis Carroll disait que l’un des secrets de cette vie consiste à comprendre que nous nous trouvons dans ce monde pour autre chose que le simple fait d’exister. L’être humain est sur cette Terre pour aider, pour que chacun puisse apporter sa graine et ainsi faire de ce monde un endroit un peu plus noble, un peu plus beau.

Mais admettons-le, parfois c’est difficile. Et c’est difficile parce nous sommes nombreux à nous en tenir qu’au sentiment, sans jamais passer à l’action. Par exemple, via les réseaux sociaux, une infinité d’initiatives parviennent jusqu’à nous et nous les soutenons en un seul clic, soit en partageant la campagne soit en enregistrant nos données. Nous sommes très sensibles aux nombreux problèmes de notre société. Et pourtant, souvent nous ignorons ce qui se passe juste à côté de nous.

L’empathie bienveillante signifie être capable d’apporter une aide utile à ceux qui se trouvent tout près de nous. Mais nous avons parfois du mal à identifier les personnes de notre entourage qui auraient bien besoin de notre soutien actif. Et lorsque nous le voyons, nous ne savons pas vraiment comment agir.

L’empathie bienveillante, le troisième type d’empathie et l’empathie la plus utile

L'illustration d'un arbre sur la main

L’empathie bienveillante a été définie par Paul Ekman, un psychologue et un expert en émotions. Cette idée a également servi à Daniel Goleman pour décrire le fameux coefficient émotionnel, cette dimension qui nous aiderait à clarifier notre niveau d’intelligence émotionnelle.

Il est ainsi important de prendre en compte l’idée suivante : l’empathie n’est pas une dimension unitaire, il ne s’agit pas d’un concept plat qui se limite à la simple compréhension de la réalité émotionnelle de l’autre ; il s’agit d’un facteur plus large et plus riche. Si nous devions passer un test pour évaluer notre compétence émotionnelle, beaucoup d’entre nous auraient une note pas très élevée.

Voyons dans la suite de cet article quels sont les différents types d’empathie ainsi que leurs caractéristiques.

Les types d’empathie

  • Tout d’abord, il y a l’empathie émotionnelle. Daniel Goleman nous explique qu’il s’agit d’une dimension souvent contagieuse, voire même dangereuse lorsque nous ne savons pas mettre des limites et restons imprégnés de la souffrance d’autrui. Il fait allusion ici à notre capacité à se connecter à la réalité émotionnelle de l’autre. C’est ressentir ce que l’autre ressent et se mettre dans ses chaussures. Pour ce processus, les neurones miroirs et nos sentiments entre en action, et même notre réponse physiologique
  • L’empathie cognitive, pour sa part, implique le recours à son intelligence et aux processus cognitifs tels que l’attention, la réflexion, la communication, les déductions… Il est question grosso modo de savoir comment l’autre se sent, pourquoi il se sent ainsi et déduire les idées et les pensées présentes dans son esprit à l’origine de son état d’esprit
  • Enfin, le troisième type, l’empathie bienveillante, représente une grande inconnue, une dimension peu soignée. Selon Daniel Goleman, avec ce type d’empathie nous ne comprenons pas seulement ce que l’autre ressent et quel est son problème, en plus de cela, nous nous mobilisons pour l’aider si nous jugeons cela nécessaire.

Les caractéristiques d’une personne qui fait preuve d’empathie bienveillante

Mains qui tiennent un cœur

Les personnes capables de faire preuve d’empathie bienveillante font à chaque fois un pas de plus vers leur épanouissement personnel.

Ce sont des personnes qui maîtrisent à la perfection le domaine des relations humaines. Et cela se doit aux caractéristiques suivantes.

Ce sont des personnes équilibrées qui savent comment réagir dans chaque situation

Entraîner notre empathie nous permettra, avant toute chose, d’agir toujours à mi-chemin entre la raison et l’émotion. Cette dimension nous aide à calibrer chaque situation depuis une perspective très équilibrée, là où nous ne laisserons pas emporter par la contagion émotionnelle ni par cette logique objective qui comprend les choses mais qui n’agit jamais.

La personne empathico-bienveillante sait comment aider à chaque moment et apporte un soutien adéquat dans chaque circonstance.

Des personnes douées en réciprocité

Les relations réussies et les liens les plus significatifs reposent toujours sur le principe de la réciprocité. Il s’agit d’un tu me donnes et je te donne constant ; c’est savoir répondre aux besoins de l’autre tout en considérant que nous méritons ce que nous offrons. 

L’empathie bienveillante est alors un principe de base du bien-être personnel, car il n’est pas seulement question de savoir aider les autres, nous pouvons et devons également recevoir le même soutien.

Des personnes qui connaissent les clés de la connexion humaine

La connexion humaine fait partie de l’essence de l’empathie bienveillante. C’est savoir toucher les personnes en faisant preuve d’authenticité, en comprenant leur réalité singulière, en les acceptant tel qu’elles sont sans jugement et sans double intention.

Une connexion basée sur le respect et l’appréciation de l’autre nous permet de comprendre ses besoins et de voir ce que nous pouvons faire pour l’aider.

Une personne douée en empathie bienveillante ne se limite pas à aider les autres tel un sauveur. En réalité, savoir apporter son aide est tout un art. Il faut savoir quoi offrir et comment l’offrir car, souvent, ce dont une personne a besoin n’est pas toujours ce qu’elle nous demande, et il est important de prendre cela en compte.

Le maître zen Thich Nhat Hanh nous signale que lorsque nous offrons notre présence et notre pleine attention aux autres, ces derniers fleurissent comme des fleurs. Mais il est vrai, cependant, que cela n’est pas toujours suffisant : il faut aussi se mobiliser et savoir agir de façon appropriée.

 

  • Gilbert, P. (2019, August 1). Explorations into the nature and function of compassion. Current Opinion in Psychology. Elsevier B.V. https://doi.org/10.1016/j.copsyc.2018.12.002
  • Riess, H. (2017). The Science of Empathy. Journal of Patient Experience4(2), 74–77. https://doi.org/10.1177/2374373517699267