Le syndrome de vibration fantôme

4 juin 2018 dans Cerveau 0 Partagés
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Le syndrome des vibrations fantômes est l’une des preuves convaincantes de la façon dont la technologie a envahi la psyché humaine. Les dispositifs technologiques ne sont plus des objets externes auxquels on accède quand on en a besoin. Peu à peu, ils sont devenus, presque littéralement, une partie de notre corps.

On appelle le syndrome des vibrations fantômes la sensation tactile que le téléphone mobile vibre, sans que cela n’ait réellement lieu. Cela peut se produire à tout moment et semble complètement réaliste. Pour la personne qui la ressent, il paraît invraisemblable que cette activation du téléphone mobile ne soit qu’une hallucination tactile.

“Et un jour, l’esprit fait le saut de l’imagination à l’hallucination, et le témoin voit Dieu, entend Dieu.”

-Oliver Sacks-

On estime que jusqu’à 80% de la population a souffert du syndrome des vibrations fantômes, bien qu’il ne soit pas considéré comme une pathologie en tant que telle. Cependant, si ce symptôme s’accompagne d’autres comportements perturbateurs tels qu’une dépendance excessive à l’égard des médias numériques ou une obsession à leur égard, le cas pourrait s’avérer sérieux.

Causes du syndrome des vibrations fantômes

Le cerveau réagit aux stimuli sensoriels. Lorsqu’un stimulus est perçu, les sens envoient les signaux correspondants et le cerveau répond en conséquence. Si la sonnette de la maison retentit, par exemple, le cerveau, en quelques secondes, décode le signal et comprend que quelqu’un nous appelle. C’est la stimulation-réponse classique.

Cerveau avec mobile : syndrome des vibrations fantômes

Mais en fait, pourquoi le syndrome des vibrations fantômes se produit-il ? En d’autres termes, pourquoi le cerveau perçoit-il un stimulus qui n’a jamais été produit et pourquoi y réagit-il ? Tout semble indiquer que cela est dû à une sorte d’anticipation d’un fait désiré. Le stimulus souhaité est de recevoir un appel. Cette communication est même parfois tellement désirée, que les sens sont capables de le faire ressentir artificiellement.

Certains d’entre nous détesteraient manquer un appel attendu. Tout simplement il y a des gens “hyperconnectés” et qui vivent pratiquement en fonction de leur téléphone mobile. Le syndrome des vibrations fantômes, dans leur cas, correspond à un état d’expectative constante, face au désir de «rester connecté».

Il faut noter que la plupart des gens ne ressentent cette vibration fantôme qu’à certains moments de leur vie. Par exemple, lorsqu’ils sont émotionnellement plus sensibles ou vulnérables. Ou quand ils sont particulièrement stressés ou avec un sentiment d’angoisse latente.

Problèmes associés à ce syndrome

Des chercheurs de l’Université du Michigan ont avancé l’idée que le syndrome des vibrations fantômes ne serait pas aussi inoffensif qu’il n’y paraît. Dans ce centre universitaire, une expérience a été menée avec 400 volontaires. Tous étaient des étudiants. L’étude cherchait à établir la relation entre le syndrome de vibration fantôme et l’angoisse d’attachement.

femme regardant le mobile la nuit, touchée par le syndrome des vibrations fantômes

Les résultats de l’expérience ont confirmé leurs soupçons. Ils ont pu vérifier que les personnes avec les plus grands traits d’inquiétude d’attachement étaient également plus susceptibles de ressentir le syndrome de vibration fantôme. L’anxiété d’attachement est caractérisée par un besoin constant de se sentir réaffirmé par les autres.

De même, une enquête menée à l’École de médecine de Dow International a établi un autre élément intéressant. Ils ont conclu que les personnes ayant des problèmes d’insomnie étaient plus susceptibles d’avoir des hallucinations de vibration tactile. Le point commun est l’anxiété.

Quand s’inquiéter ?

De façon générale, le syndrome des vibrations fantômes n’est pas considéré comme un phénomène inquiétant. C’est un phénomène qui témoigne simplement à la dépendance croissante à la technologie. Ce type de perception factice a tendance à se produire dans certaines circonstances, où les défenses psychologiques sont plus faibles. Ainsi, la plupart du temps, il n’y a pas de telles hallucinations.

Les professionnels de la santé et toutes les personnes qui ont un travail à haut risque, ou celles qui ont une responsabilité maximale ont tendance à percevoir plus fréquemment les vibrations fantômes. Dans ces cas, il est considéré comme un comportement adaptatif. Ce sont des gens qui doivent rester en alerte pour répondre à leurs obligations, c’est pourquoi ce type d’hallucinations n’est pas inhabituel chez eux.

On s’est également rendu compte que pour la plupart des gens ce type d’expérience n’a pas d’importance. Ils le prennent comme une erreur de jugement sans grande importance. Ce n’est pas quelque chose qui affecte leur humeur ou qui les dérange.

femme ayant le syndrome des vibrations fantômes

Dans quel cas alors faudrait-il se préoccuper du syndrome des vibrations fantômes ? Il y a des raisons de s’inquiéter lorsqu’ils sont accompagnés d’états d’anxiété fréquents ou que la «fausse alerte» est conjuguée à de la déception, de la colère ou de malaise. Dans ces cas, il est important de réfléchir et d’explorer ce qui se cache derrière ces perceptions factices.

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