Le rôle des parents face aux peurs des enfants

· 5 février 2019
Comment les parents peuvent-ils et devraient-ils gérer les craintes de leurs enfants ?

L’attitude des parents face aux peurs des enfants est l’un des multiples facteurs qui les produisent ou les entretiennent. En ce sens, la famille joue un rôle particulièrement important en tant que modèle et guide pour la gestion émotionnelle.

Diverses études, telles que Fredikson, Annas et Wik (1997), ont montré que les craintes et les phobies ont tendance à se manifester davantage dans certaines familles que dans d’autres. Mais pourquoi cela arrive-t-il ? Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte lorsque nous cherchons une explication. Nous pouvons dire que la transmission génétique et l’influence de l’environnement, en établissant certaines lignes directrices d’apprentissage, sont des moyens par lesquels les parents jouent un rôle important dans les peurs de leurs enfants. Approfondissons ce sujet.

« Beaucoup de choses dont nous avons besoin peuvent attendre, les enfants ne peuvent pas, c’est le moment, leurs os se forment, leur sang aussi et leurs sens se développent, nous ne pouvons pas leur répondre demain, leur nom est aujourd’hui. »

-Gabriela Mistral-

gestion des peurs des enfants
Comment les parents influencent-ils les peurs des enfants ?

Apparemment, la meilleure façon d’expliquer l’influence des parents sur les peurs de leurs enfants est basée sur la théorie des trois modes d’acquisition de la peur (Rachman, 1977). Voyons quelles sont ces trois façons :

  • Apprentissage vicaire ou observationnel : si un enfant observe ou est témoin d’une peur que ses parents ou ses proches expriment, il peut imiter ces réactions. Ou les modéliser face à des situations similaires. Par exemple, si une mère s’éloigne toujours des chiens par peur, ses enfants risquent d’adopter le même comportement.

Il existe des études qui déterminent que ce processus permet d’acquérir des craintes d’intensité subclinique ou plus modérée. Dans le cas des peurs ou des phobies les plus intenses, pour des raisons éthiques, il n’a pas été possible de les étudier chez l’homme, mais cela a été démontré en observant les réactions des animaux à certains éléments.

  • Transmission d’informations négatives : l’influence basée sur l’apprentissage par l’observation est renforcée par la transmission d’informations négatives sur l’objet craint ou phobique. Par exemple, la mère qui s’éloigne des chiens peut exprimer verbalement la peur. Ce qui l’a amenée à avoir peur. Quels chiens elle craint le plus, etc. Ainsi, l’enfant reçoit des informations négatives à travers des conversations, des histoires ou des jeux, un aspect qui détermine sa réaction à quelque chose de manière complémentaire.

Les enfants apprennent aussi à réagir et peuvent inclure dans leur répertoire comportemental des stratégies d’adaptation inappropriées, comme l’évitement. Par exemple, l’enfant observe que l’inconfort de sa mère est réduit lorsqu’elle s’éloigne de la source de la peur.

transmission des peurs des enfants

  • Instructions des parents : comme nous l’avons souligné, les enfants apprennent aussi à réagir et peuvent mettre en œuvre dans leur répertoire des stratégies comportementales d’adaptation comme l’évitement. Les parents offrent des lignes directrices ou des instructions qui guident les enfants dans leurs stratégies d’adaptation. Et renforcent le fait qu’elles sont mises en pratique. Ce phénomène d’augmentation dans ce type de réponse s’appelle « l’effet de peur ».

Les parents réagissent également aux manifestations de peur de l’obscurité, des chiens, de la séparation ou encore de l’école, avec affection, colère ou calme. De son côté, l’enfant apprend que les parents font preuve d’attention et d’intérêt pour ses peurs. Ce qui renforce son comportement. Et l’entraîne à se manifester de plus en plus intensément et fréquemment.

En définitive, les parents et les autres personnes de référence renforcent la peur et l’évitement par des mécanismes associatifs indirects. De plus, selon d’autres études soulignées par Valiente, Sandín et Chorot (2003), l’influence de la figure maternelle laisse, en règle générale, une plus grande marque sur l’origine de la peur. Mais aussi sur son maintien.

Comme nous pouvons le constater, le rôle des parents dans les craintes de leurs enfants est particulièrement pertinent. Il est donc essentiel que nous prenions soin de nos propres peurs et de celles de nos enfants. Que nous analysions ces peurs et la manière dont nous les traitons.

 

Fredikson, M., Annas, P., et Wik, G. (1997), Parental history, aversive exposure and the development of snake and spider phobia in women, Behaviour Research and Therapy, 35, 23-28.

Rachman, S. (1977),The conditioning theory of fear acquisition : A critical examination, Behaviour Research and Therapy, 15, 375-387.

Valiente, R., Sandín, B. & Chorot, P. (2003), Miedos en la infancia y en la adolescencia, Librería UNED, Madrid.