Le mouton noir n’est pas méchant ; il est simplement différent

· 17 mai 2016

Etre le mouton noir de la famille, ce n’est pas facile. On rompt l’équilibre du groupe et on est le « bouc émissaire » sur lequel on rejette toutes les fautes.

Si vous vous sentez concerné par cette description, posez-vous la question suivante : Aimeriez-vous vraiment appartenir à ce troupeau où tous les moutons sont blancs ?

Nous faisons tous partie de groupes sociaux : famille, amis, collègues de travail… Ainsi d’une certaine façon, il y a presque toujours une norme implicite : ladite appartenance suppose de devoir émettre les mêmes jugements, avoir les mêmes valeurs, etc.

De fait, la coïncidence est généralement considérée comme un indicateur de cohésion.

 


Le mouton noir n’est pas méchant, ni bête, ni orgueilleux ; il est simplement différent. Il a appris à éviter les coups, à penser autrement, et a toujours su quelle direction prendre, contrairement au troupeau de moutons blancs.


 

En psychologie, on qualifie généralement ces personnes de « patients identifiés ». En ne gérant pas de façon adéquate ces situations, nous montrerons la symptomatologie de cette famille dysfonctionnelle ou de ce scénario toxique.

Ne permettez pas cela. Si on vous considère comme le mouton noir, apprenez à vous enorgueillir pour être capable de penser différemment. C’est tout un privilège…

L’effet mouton noir

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Henri Tajfel est un psychologue social célèbre pour avoir inventé l’expression « effet mouton noir ». Une idée à laquelle on peut assurément s’identifier, que ce soit au niveau de la famille ou dans tout autre contexte social :

  • Le favoritisme de l’endogroupe explique que les jugements qui se font envers d’autres groupes sont généralement, négatifs, car on cherche à protéger ce qui nous est propre, ce qui nous définit, ce qui nous identifie (mon équipe de foot est la meilleure, ma classe est la plus intelligente, ma famille est la plus heureuse…)
  • Or, on a également une haute exigence envers les membres de son propre groupe. Par exemple : votre père critique les voisins et leur façon d’éduquer leurs enfants. Cependant, avec vous, il fait preuve de sévérité et d’exigence, car il ne veut pas rompre l’équilibre interne de la famille.

Du fait de l’effet mouton noir, on comprend que les critiques et la pression psychologique sont plus fortes au sein même de son propre groupe qu’envers les autres.

L’appartenance à un contexte social, parfois, induit une certaine domination, un certain contrôle.

 


Au moment où on dit « non » ou « cela ne me définit pas », on nous regarde avec inquiétude et peur car on a traversé la frontière de ce qui est acceptable, sain et vertueux.


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Quand être le mouton noir est un privilège

Quand on assume qu’on est le mouton noir de la famille, deux options s’offrent à nous : se noyer ou réagir.

Croyez-le ou non, mais nombreux sont ceux qui, du fait d’une identité très fragile, acceptent l’abus émotionnel, les critiques et le mépris.

La personne considérée comme méchante ou différente du reste des membres d’une famille assume la métaphore d’une atmosphère nuisible et dysfonctionnelle.

Cependant, le reste des membres de la famille se trouvent dans une situation confortable car ils se sentent dispensés de toute responsabilité : il y a un status quo, et chacun a son rôle.

Pour éviter ces situations extrêmes où notre estime de nous-même se voit si vulnérable, il vaut la peine de réfléchir sur ces quelques points :

Etre différent peut être une menace pour les autres, mais pas pour vous

A partir du moment où vous présentez aux autres une façon différente de penser, de vous habiller et de vivre, ils vous colleront alors l’étiquette du « mouton noir », car ils ont conscience qu’ils perdent le contrôle sur vous.

  • Il est clair qu’au sein de tout groupe social, dans toute famille, il y a toujours un membre plus complexe que les autres. Cependant, généralement, avant même d’agir, on développe une pensée unique qui dépasse ce que l’on peut espérer.
  • On ne naît pas mouton noir ; en réalité, c’est notre entourage social qui nous transforme, car on se risque à réagir face à eux, ce qui est en soi un acte de courage.
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L’appartenance à un « troupeau » ne rend pas heureux ; trouvez votre propre chemin

Souvent, être le mouton noir peut être un privilège. Or, pour arriver à cette découverte, on doit se libérer de certaines choses :

  • Vous n’avez pas l’obligation d’être comme vos parents, de penser comme vos amis, d’agir comme les autres attendent que vous le fassiez.
  • Soyez à l’aise d’avoir vos propres valeurs, d’élever la voix sur le reste du groupe. Le monde est plein de pensées différentes, d’opinions et de jugements divers. Il n’y a pas de vérité universelle, et chacun doit être capable de s’auto-réaliser.
  • Acceptez les autres sans haine ni rancune, et acceptez-vous comme étant différent d’eux. Visualisez cette séparation comme une forme de libération. Acceptez les membres de votre famille tels qu’ils sont, et peut-être feront-ils preuve de la même sagesse de leur côté.
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