Le loup sera toujours méchant si on n’écoute que le petit chaperon rouge

· 7 mai 2016

Tout ce que nous entendons n’est pas vrai. Nous le savons et nous devons donc nous habituer à l’incertitude que cela génère.

Nous sommes conscients que derrière les mots gentils, se cachent des intérêts sombres ou des manipulations sagaces.

D’autre part, nous savons qu’il n’est pas bon de confondre la vérité avec l’opinion de la majorité.

Des philosophes classiques comme Platon et Aristote définissent la vérité comme quelque chose qui correspond à la réalité.

Mais le vrai problème réside dans le fait que la vérité est un cristal aux nombreux visages qui peut être vu de différentes perspectives.

Ma vérité ne sera pas la même que la tienne, car je vois le monde à travers mon expérience personnelle, mes émotions et mes biais.

Tout ce que nous entendons n’est pas vrai, mais on dit souvent que la vérité triomphe toujours car le mensonge a besoin de trop de complices.

Souvent, on dit que « le loup sera toujours méchant si l’on n’écoute que le petit chaperon rouge ».

Même s’il n’est pas bon de prendre pour véridique une opinion qui émane d’une seule voix, il y a des situations où une seule et unique personne héberge en elle-même une vérité authentique.

Il est donc nécessaire de savoir pressentir et isoler le bruit noble de la sincérité.

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L’inquiétant problème de la vérité dans tout ce que nous entendons

Chimamanda Ngozi Adichie est une jeune écrivaine nigériane qui a eu du succès grâce à des livres comme « L’autre moitié du soleil ».

Dans nombre de ses conférences, elle parle de l’intéressant concept de ce que l’on appelle « le danger des histoires uniques ».

Adichie affirme qu’il est inquiétant de devoir de confronter à des discours minoritaires déterminés, capables d’influencer de grandes masses sur des aspects qu’elles ne connaissent même pas.

Dans son cas, elle pense qu’il faut corriger chaque jour toutes les personnes qui pensent que le Nigeria est un pays de lions, de girafes, et de peuples incultes et sauvages.

  • Nous avons souvent la sensation que les idées que nous conservons et que nous défendons sont LA VÉRITÉ et que nous sommes arrivé jusqu’à elles de manière libre.
  • En réalité, ces constructions psychologiques sont déterminées par des STÉRÉOTYPES acceptés et par des jugements de valeur acquis de manière inconsciente par le biais de ces fameuses « histoires uniques ».
  • Il est nécessaire de savoir reconnaître toutes ces vérités imposées, ces stéréotypes que nous avons intériorisés et comprendre que notre réalité est composée de multiples points de vue, de voix et de cas particuliers qui renferment toute la beauté du monde.
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Même si la vérité est minoritaire, c’est quand même la vérité

Il se peut que seul le petit chaperon rouge nous révèle les mauvaises intentions du loup, qu’il hausse le ton, et comme cela arrive beaucoup dans notre société, la vérité a tendance à se trouver dans le cœur d’une minorité.

La fausseté, de son côté, défendue par les grandes masses est plus facile à accepter, elle nous « normalise ».

Le danger du conformisme

Solomon Asch a été un grand psychologue qui, à travers ses expériences sociales, nous a démontré qu’en général, nous nous laissons influencer par l’opinion de la majorité même si elle est erronée et nous le faisons par simple conformisme.

Derrière ce comportement si habituel dans de nombreux contextes sociaux, se cache en réalité un instinct ancestral de l’être humain, celui qui nous permet de ne pas nous sentir exclu ou marginalisé par la « grande masse ».

Pour nos ancêtres, être mis à l’écart, supposait dans certains cas la non survivance, c’est-à-dire la mort.

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Le pouvoir des petits groupes

Nous sommes sûrs que derrière ces explications, vous penserez que le problème réside dans le poids des grands groupes sociaux (politiques, presse, organismes de l’ombre…). Ils nous font penser que certaines idées reflètent la vérité alors que c’est faux.

Les psychologues Tajfel, Billig, Bundy et Flament (1971) ont défini ce que l’on connaît sous le nom de « groupes minimaux » pour expliquer comment nos propres « micro-mondes » (famille, amis, collègues) nous transmettent leurs préférences, leurs idées et leurs stéréotypes d’une manière si subtile que nous les intégrons sans même nous en rendre compte. 

La vérité se trouve en vous

Penser que la solution à nos problèmes, ainsi que la vérité de tout se trouve en nous est sans aucun doute difficile à accepter.

Notre esprit est rempli de préjugés, de peurs et d’attitudes limitantes, que nous mélangeons avec le brouhaha extérieur que nous amène la vie moderne.

  • Selon de nombreux textes de la Grèce Antique, dans le temps d’Apollon à Delphes, est inscrite une phrase qui a perduré dans le temps mais pas sur le propre monument. La voici : « Connaistoi toimême et tu connaîtras l’univers et les Dieux« 
  • Ces mots sages nous donnent un exemple clair de ce que suppose la connaissance de soi : c’est avoir une forte auto-estime pour savoir chercher sa propre vérité sans tomber dans le conformisme.
    C’est savoir écouter et être empathique avec les autres pour comprendre son prochain tout en se comprenant soi-même, et comprendre ainsi la réalité de tout ce qui nous entoure. Sans peur ni sens critique. 
La vérité est uniquement pensée pour les courageux, pour ceux que nous écoutons, pour ceux à qui nous osons demander et pour ceux qui ont un cœur noble et souhaitent connaître la sensibilité de ce monde.
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