Les deux visages du conformisme

25 juillet 2015 dans Psychologie 2 Partagés

Dans la vie, il arrive souvent que nous nous résignions. 

Jean avait un travail qu’il n’aimait pas du tout, une épouse qu’il préférait éviter, et peu d’espoir quant à son avenir. Bien que la vie tranquille qu’il menait ne lui plaisait pas et ne le rendait pas heureux, il pensait qu’elle le protégeait des risques qu’il encourrait s’il décidait de la changer.

Pierre a souffert d’un accident de voiture il y a deux mois. Sa colonne vertébrale a été touchée, suite à quoi les médecins lui dirent qu’il n’y avait que peu de chances qu’il ne remarche un jour.

Au début, Pierre mettait tout son coeur dans la rééducation, mais voyant que les améliorations n’étaient pas constantes, il se découragea. Il passa alors deux mois dans le désespoir le plus total, se réfugiant de plus en plus chez lui et évitant tout contact social.

Un jour, alors qu’il faisait les courses, il entama une conversation avec un autre homme en fauteuil roulant.

Ils devinrent rapidement amis, et commencèrent à sortir tous les deux. Ils s’inscrivirent même à une association qui organisait des évènements pour les personnes qui ne pouvaient pas marcher.

Paul était furieux, car on avait donné à un autre employé la promotion qu’il attendait depuis des années.

La colère l’envahit pendant plusieurs jours, et ne passa que lorsque sa femme lui prit les deux mains et lui dit « ta chance est passée, ils ne changeront pas de décision, mais tu peux, si tu le veux, changer ce qui arrivera aujourd’hui ou demain… »

D’une certaine façon, toutes ces histoires parlent de conformisme, de ce que nous pouvons changer, et des faits passés que nous devons accepter.

Le conformisme est l’attitude que nous adoptons face à la vie. Il est issu d’une réflexion qui peut nous apporter beaucoup de satisfaction, car il nous permet d’accepter et de profiter de ce qui se passe dans notre vie jour après jour, et nous empêche de vivre dans le chagrin constant provoqué par ce que nous ne pouvons pas changer.

D’un autre côté, le conformisme peut prendre la forme d’une limitation dans notre vie, car nous nous résignons et nous nous habituons à une situation qui nous déplaît et que nous pourrions changer.

Vous êtes conformiste ? Vous avez tendance à confondre « comment nous sommes » et « comment nous nous comportons » ? 

C’est-à-dire que même si nous nous conformons souvent, cela ne signifie pas que nous sommes conformistes, mais simplement que c’est une attitude que nous privilégions, et non un trait de personnalité qui nous définit.

Si vous optez souvent pour la conformité, il serait intéressant que vous observiez comment vous vous sentez en agissant ainsi.

Parfois, vous vous sentirez bien, car vous choisissez de vous conformer, en acceptant et en profitant de la réalité dans laquelle vous vivez.

C’est le moment de vous adapter et de vous habituer au moment présent. Mais parfois, cette attitude peut vous faire souffrir, en renonçant à vos propres intérêts, en vous contrôlant, et en restant paralysé(e) devant le chemin que vous souhaitez pourtant parcourir.

C’est moi qui décide…

Il serait intéressant de découvrir ce qui nous pousse vers le conformisme, et de savoir si c’est la peur, le côté pratique, le manque de courage, la volonté d’éviter les conflits ou encore la résignation.

Ce n’est qu’en le découvrant que nous parviendrons à passer outre. Ce sont les sentiments qu’il renferme et les circonstances qui l’entourent qui définissent sa nature : une aide ou un venin. Une aide pour Paul, et un venin pour Jean.

Lorsque nous parvenons à dépasser nos peurs ou la résignation, et que nous acceptons la possibilité que les choses puissent s’améliorer, nous n’aurons plus aucune raison d’avoir recours au conformisme. 

Ce sera alors le moment de commencer à réfléchir, et de décider si nous souhaitons aller de l’avant, sans nous conformer, en cherchant de nouveaux chemins, de nouvelles options, de nouvelles opportunités… Il n’y a plus de limite.

Nous devons nous conformer seulement lorsque nous, et rien que nous, prenons cette décision, et seulement si elle nous fait nous sentir bien.

Nous pourrons ainsi profiter de la réalité et l’accepter, en nous adaptant mieux à toutes les étapes de la vie.

Photo avec l’aimable autorisation de Anton Zabielskyi

A découvrir aussi