Le counselling : qu’est-ce et comment est-il mis en oeuvre ?

· 14 mars 2018

Dans des situations difficiles telles que la maladie d’un enfant ou la mort d’un membre de la famille, certains professionnels de santé ont recours au counselling pour aider les patients. Ces professionnels sont d’accord avec Viktor Frankl sur quelque chose de très important : l’attitude est un choix personnel. Ils travaillent dès lors afin que l’attitude prise pour faire face aux difficultés soit la plus saine possible.

Viktor Frankl était un psychiatre autrichien d’origine juive ayant survécu à trois années de camps de concentration tels que Auschwitz ou Dachau. En raison de cette expérience difficile, il commença à écrire des livres dans lesquels il souligne souvent qu’il existe malgré tout toujours des raisons de vivre. Ainsi, les professionnels qui travaillent à partir de cette perspective essaient de découvrir, à travers des questions, quelles sont les raisons de vivre de chaque patient, afin de les aider à trouver la lumière au bout du tunnel.

« Nous pouvons tout retirer à une personne sauf le choix de l’attitude personnelle face à un ensemble de circonstances. »

-Viktor Frankl-

Le counselling : un outil relationnel

Le counselling, ou le conseil psychologique, est une pratique qui consiste à explorer la subjectivité de l’autre afin de pouvoir l’accompagner. En d’autres termes, il s’agit de l’art de faire réfléchir une personne à travers une série de questions afin de lui permettre de prendre la décision qu’elle juge la plus appropriée pour elle et, finalement, pour sa santé.

 counselling

Le but du counselling est de maximiser le niveau de compétence du patient à moindre coût émotionnel. Pour cela, le thérapeute partira de trois attitudes fondamentales : l’accueil, la présence et la compassion, ainsi qu’une série de compétences fondamentales. Ces compétences sont les suivantes :

  • Gestion émotionnelle : les émotions sont naturelles. Les reconnaître et les accepter sont les premières pas pour pouvoir les gérer. Le professionnel doit veiller à ce que la souffrance des autres ne l’empêche pas d’effectuer correctement son travail. D’un autre côté, il apprendra au patient à gérer ses émotions.
  • Communication efficace : le thérapeute ne doit pas être autoritaire ou paternaliste avec le patient. Il ne s’agit pas de donner des ordres ou de surprotéger la personne qui vient demander de l’aide. Il s’agit de lui offrir une autonomie et des outils pour qu’elle soit en mesure de prendre une décision et résoudre les problèmes par elle-même.
  • Encadrement et soutien émotionnel : les émotions face à la souffrance sont fortes et variées. Elles ne devraient pas être arrêtées, mais plutôt légitimées et accompagnées.
  • Solution de problèmes : il s’agit d’une prise de décision partagée entre patient et professionnel.

L’intervention en counselling : une communication efficace en quatre étapes

Pour que la capacité de communication avec le patient soit efficace, quatre étapes fondamentale doivent être réalisées :

  • Arrêter et se connecter avec soi-même : i est important que le professionnel se concentre sur le moment présent en utilisant la connexion avec sa respiration. Cela lui permettra de s’accorder quelques secondes pour choisir sa réponse face à la question d’un patient.
  • Valider : la validation est la capacité d’écouter l’émotion de l’autre et faire preuve d’empathie. Il s’agit de légitimer le point de vue du patient et lui faire voir que son comportement a des raisons valables d’être. Ce n’est qu’à travers le sentiment d’être accepté et validé que s’ouvrent les voies de la communication : le professionnel peut ne pas être d’accord avec les opinions ou les comportements du patient, mais il peut néanmoins les comprendre et les valider. Ainsi, les principes d’une communication validante sont de résister au réflexe de corriger et de dire au patient que faire, de comprendre les besoins et les préoccupations du patient, de l’écouter et faciliter son autonomie pour qu’il puisse agir.
  • Demander : cette étape est la base sur laquelle repose le counselling. Il s’agit du fait que professionnel procède à des questions ouvertes et ciblées qui aident le patient à réfléchir et à prendre des décisions satisfaisantes. Certaines questions ouvertes pouvant faciliter la communication avec le patient sont les suivantes : que savez-vous de votre maladie ? Que voulez-vous savoir à propos d’elle ? Comment vous sentez-vous ? Comment puis-je vous aider ?
  • Dialoguer : le dialogue est le moyen d’informer et de partager des perspectives avec le patient. Il est très utile de réaliser des critiques constructives pour demander des changements. Pour cela, il est conseillé de commencer par décrire le problème et d’exprimer les sentiments que génère ce comportement problématique, pour ensuite solliciter des options de changement, tout en proposant des comportements alternatifs qui remplacent le précédent.
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Le modèle de résolution de problèmes en counselling

Il est important de préciser que pour aider les patients à prendre des décisions, il est très utile de suivre le modèle de résolution de problème. Ce modèle est décomposé selon les étapes suivantes :

  • Orientation vers le problème : cela est lié à l’attitude qui est adoptée face au problème. Cette attitude peut être l’évitement, l’impulsivité, la proactivité… Une fois qu’il a identifié l’attitude du patient face à la situation donnée, le thérapeute encourage l’adoption d’une attitude positive dans laquelle le problème suppose un défi qui aidera à grandir à un niveau personnel.
  • Définir le problème d’une manière spécifique en explorant la perspective des deux parties : le patient et le professionnel peuvent avoir différents points de vue, ce qui est positif pour promouvoir le changement.
  • Rechercher des solutions alternatives : le est très fréquent à ce stade de mettre en oeuvre un brainstorming ou une pluie d’idées générant différentes options possibles.
  • Équilibre des avantages et des inconvénients de chaque option soulevée dans le cadre du brainstorming.
  • Choisir l’option qui est finalement considérée comme la plus appropriée.
  • Agir : mettre en oeuvre un plan par étapes. Les étapes doivent être faciles et réalisables afin qu’il ne soit pas abandonné.
  • Réévaluation : une fois que le plan choisi a été mis en oeuvre, il est conseillé d’observer comment il s’est déroulé et quels ont été ses résultats. Si le problème s’est minimisé grâce à la décision prise, nous le renforcerons ; et si cela n’a pas fonctionné, nous repenserons le pourquoi et le comment afin de le faire fonctionner.

En fin de compte, les outils décrits encourageront le patient à prendre ses propres décisions et à se sentir responsables de sa vie. Ce n’est que de cette manière que nous parviendrons à ce qu’il se mobilise afin de changer, et que ce changement perdure. S’il n’est pas demandé au patient ce qui l’inquiète ou ce qui l’aiderait et que le professionnel prenait totalement les rênes, le problème ne serait pas résolu, ou le serait pour un temps très limité.