Le contraste mental, un moyen d'éviter l'optimisme naïf

Le contraste mental est une stratégie très utile pour accompagner cette dose modérée d'optimisme dont nous avons besoin pour alimenter notre motivation. Nous parlons de la façon de mettre en œuvre cette technique, puis de tirer parti des résultats de son application.
Le contraste mental, un moyen d'éviter l'optimisme naïf
Sergio De Dios González

Relu et approuvé par le psychologue Sergio De Dios González.

Écrit par Edith Sánchez

Dernière mise à jour : 07 décembre, 2022

Le contraste mental est un exercice et une perspective qui aide à voir les choses d’un point de vue plus réaliste. Cela devient un excellent outil pour atteindre les objectifs et s’oppose, dans une certaine mesure, à l’optimisme naïf.

De nombreux textes parlent des bienfaits de l’optimisme sans préciser qu’ils surviennent sous certaines conditions. On croit parfois qu’il suffit de “penser positif” pour que tout se passe bien. Ce n’est pas seulement naïf, mais aussi dans de nombreux cas, cela peut être contre-productif pour atteindre nos objectifs.

Bien qu’une attitude positive et l’espoir d’obtenir de bons résultats nous aident à atteindre n’importe quel objectif, le fait de voir les limites de la réalité n’en est pas moins important. Le contraste mental sert justement à adopter une perspective plus attachée aux faits, au lieu de gérer le poids du cours des événements dans la chance ou l’inertie.

Un idéaliste est un homme qui, partant du fait qu’une rose sent meilleur qu’un chou, en déduit qu’une soupe de roses aurait aussi meilleur goût.”

-Ernest Hemingway-

contraste mental
Le contraste entre les souhaits et les faits peut nous aider à déterminer où aller.

Optimisme naïf

Être optimiste est une chose saine. Il s’agit d’un sentiment d’espoir essentiel. Même si les choses tournent mal, la foi ne s’éteint pas. C’est une perspective extraordinairement motivante.

Le problème apparaît lorsque la personne s’attend à ce que le cap change et que le hasard dirige le gouvernail vers l’endroit où ses attentes seront satisfaites. Ce type de cours mentaux sont très éloignés des ports qui motivent la réflexion nécessaire pour modifier l’inertie des événements.

Ici les idées du type suivant peuvent avoir beaucoup de poids : « comme la fois précédente j’ai eu de la malchance, cette fois j’aurai de la chance et le destin me rendra ce qu’autrefois il ne voulait pas m’accorder ». Beaucoup de gens travaillent avec l’idée que la chance et la malchance doivent s’équilibrer, alors que la vérité est que rien ne nous assure que le destin est prêt à nous payer tout ce qu’il nous doit.

Attention, nous ne disons pas qu’il n’est parfois pas important de laisser couler les événements. Ce que nous disons, c’est qu’il est important que nous soyons prêts à apporter des corrections de trajectoire si nécessaire. Respectez ce flux naturel, mais intervenez également pour réorganiser ou corriger le cours des événements.

Le contraste mental

Le contraste mental renvoie à l’exercice de confrontation des projets et des désirs avec les limites objectives de la réalité. Ce que nous voulons qu’il se produise est une chose, et les chances réelles que cela se produise en sont une autre. Les opposer l’un à l’autre permet de travailler avec une vision plus adaptée de la réalité.

Cela a-t-il un sens d’abaisser le niveau d’optimisme ? Le contraste mental sert à mieux identifier les points faibles de nos stratégies. Si nous visualisons un résultat négatif, pourquoi aurait-il pu se produire ? Répondre à cette question vous donnera des idées d’interventions qui augmentent la probabilité d’obtenir le résultat que nous souhaitons.

contraste mental
Le contraste mental sert à se concentrer davantage sur les faits, c’est-à-dire sur la réalité.

Les risques de l’autosuggestion et de l’idéalisme

Lorsqu’une personne se dit que tout ira bien, s’impose également une pression qui peut non seulement être excessive, mais aussi peu enrichissante. Penser à une réalité et à un monde où tout est harmonieux, merveilleux et heureux, c’est mettre la barre trop haute, si haute qu’elle ne sera jamais atteinte.

L’optimisme naïf mène souvent à la déception. On attend tellement de la réalité qu’en fin de compte même ce qui est très bon n’atteint pas le niveau d’attente. Chez ceux qui professent le positivisme psychique comme religion, ce sera la raison d’un nouveau bain d’autosuggestion. Dans les cas extrêmes, on en vient à croire que la force de l’esprit a le pouvoir de transformer le négatif en positif d’une manière presque magique.

Il est clair qu’une personne peut construire un nuage rose et décider d’y vivre. Cependant, ce faisant, vous vous privez des précieuses leçons qui sont implicites dans les erreurs et les échecs. En fait, vous apprenez beaucoup plus d’une erreur que d’un succès.

Ce dernier corrobore quelque chose qui était déjà connu, tandis que l’erreur enseigne quelque chose de nouveau. De toute évidence, le contraste mental doit être utilisé à bon escient. Il y a un vieil adage qui dit qu’il est toujours bon “d’espérer le meilleur, mais de se préparer au pire”. C’est ce qu’est une perspective réaliste.

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  • Batanero, C., & Díaz, C. (2015). Aproximación informal al contraste de hipótesis. Didáctica de la Estadística, Probabilidad y Combinatoria, 2, 207-214.
  • Vera-Villarroel, P., Pávez, P., & Silva, J. (2012). El rol predisponente del optimismo: hacia un modelo etiológico del bienestar. Terapia psicológica30(2), 77-84.

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