Le conte de la petite vache : lorsque la routine nous limite

· 9 mars 2018

La routine nous attrape et en vient même à nous limiter. Mais elle n’est pas aussi confortable et sûre que nous le croyons et nous nous habituons tellement rapidement à elle que nous la négligeons. En revanche, le conte de la petite vache est une de ces histoires qui fonctionnent comme un signal d’alarme. C’est un réveil vers ce que nous n’identifions pas dans notre quotidien et qui nous affecte plus que ce que nous le croyons.

Grâce à ce conte, nous découvrirons le sens réel de cette petite vache, ce que nous obtiendrons d’elle et à quel point nous pouvons être dépendant de tout ce qu’elle nous apporte. Mais il nous aidera surtout à découvrir quelle est la petite vache de notre vie.

« La routine est une autre façon de mourir. »

-Anonyme-

Le conte de la petite vache

Le conte de la petite vache raconte l’histoire d’un maître de la sagesse qui passait dans la campagne avec son disciple. Un jour, ils se trouvèrent dans une modeste maison de bois habitée par un couple et ses trois enfants. Ils étaient tous mal habillés, avec des vêtements sales et décousus. Leurs pieds étaient nus et l’environnement laissait paraître une pauvreté extrême.

Le maître demanda au père de famille comment la famille faisait pour survire, car dans les parages il n’existait ni industrie, ni commerce, et on n’observait de la richesse à aucun endroit. Avec douceur, le père lui répondit : « Et bien écoutez, nous avons une petite vache qui nous fournit plusieurs litres de lait par jour. Nous en vendons une partie et avec l’argent que nous obtenons nous achetons d’autres choses et nous gardons l’autre partie du lait pour notre propre consommation. C’est ainsi que nous survivons. »

campagne

Le maître remercia l’homme pour l’information, fit ses adieux et s’en alla. En s’éloignant, il dit à son disciple : « Cherche la vache, amène-la près d’un précipice et pousse la dans le ravin ».

Le jeune resta sans voix puisque la vache était l’unique moyen de se nourrir que possédait cette modeste famille. Mais il pensa que son maître avait de bonnes raisons de lui faire une telle demande et à contre-cœur, il accompagna la vache près du précipice et la poussa. Cette scène resta gravée dans son esprit pendant de nombreuses années.

Au fil du temps, le disciple culpabilisa pour ce qu’il avait fait. Il décidé donc de laisser son professeur et de retourner sur ce lieu pour présenter ses excuses à la famille qu’il avait tant fait souffrir. En s’approchant, il se rendit compte que tout avait changé. Une maison magnifique était entourée d’arbres près desquels de nombreux enfants jouaient et une voiture était garée.

Le jeune se sentit très triste et désespéré car il pensa que la famille modeste avait été obligée de tout vendre pour survivre. Lorsqu’il demanda de leurs nouvelles, on leur répondit qu’ils étaient toujours là et qu’ils n’étaient pas partis. Il entra donc dans la maison en courant et se rendit compte qu’elle était habitée par la même famille qu’auparavant. Il demanda donc au père de famille ce qu’il s’était passé et avec un grand sourire il répondit :

« Nous avions une vache qui nous fournissait du lait et qui nous permettait de survivre. Mais un beau jour elle tomba dans un ravin et mourut. A ce moment nous avons alors été obligés de faire d’autres choses et de développer d’autres capacités auxquelles nous n’avions jamais pensé avant. De cette manière, nous avons commencé à prospérer et notre vie changea. »

Le confort de « faire comme d’habitude »

Il se peut que, de la même manière que le disciple, nous soyons restés pétrifiés face à l’idée du maître de pousser la petite vache dans le ravin. En revanche, ce conte est une métaphore qui met en avant le fait que faire ce qui nous permet de nous sentir à l’aise dans notre vie nous limite dans le même temps.

le temps

Au moment où cette pauvre famille s’est retrouvée sans la vache à laquelle elle s’était attachée pour survivre, elle n’a pas eu d’autre option que de chercher des alternatives. Mais, au lieu de découvrir davantage la pauvreté, ils découvrirent une manière de prospérer, quelque chose qu’ils n’avaient jamais imaginé. Si la vache n’avait jamais disparu de leur vie, ils continueraient de vivre dans la pauvreté, sans en sortir et sans croire qu’ils seraient capables d’évoluer.

De nombreuses personnes sont reconnaissantes des moments de leur vie qui, même s’ils sont douloureux et difficiles, les poussent à sortir de la zone de confort dans laquelle ils s’étaient installés et dans laquelle ils étaient restés ancrés. Les êtres humains cherchent la sécurité, le confort, ce qui ne leur fait pas ressentir d’insécurité. Mais lorsque tout cela est laissé de côté, nous découvrons des capacités et qualités que nous n’aurions jamais imaginées. Elles étaient endormies.

« Le conte de la petite vache nous pousse à chercher ce qui nous limite. Cela peut être un travail qui ne nous plaît pas, mais dont le salaire nous apporte une certaine sécurité ; cela peut être la satisfaction d’économiser pour voyager dont l’incertitude liée à de possibles imprévus fait que ce voyage ne deviendra jamais réalité… »

Le conte de la petite vache est une excellente histoire qui nous permet de réfléchir sur la manière que nous avons de vivre. Et surtout, elle nous permet de savoir si nous nous plaignons de notre propre existence. Il n’est pas nécessaire d’attendre que notre maître arrive pour pousser cette vache qui nous limite tant dans un ravin. Nous pouvons dès aujourd’hui regarder au-delà de nos habitudes pour être conscients du potentiel que nous avons. Pourquoi sommes-nous limités. Nous posons nous-mêmes des obstacles sur notre chemin.

sortir de sa zone de confort

Chacun de nous a une petite vache dans sa vie. Quelle est la vôtre ?