Dire « je suis désolé », un mot essentiel dans toute dynamique familiale

· 5 mars 2018

Les enfants apprennent à s’excuser en regardant leurs parents dire «Je suis désolé». Cependant, toutes les familles ne sont pas en mesure de s’excuser auprès de leurs propres enfants lorsqu’une situation l’exige, lorsque les circonstances l’exigent. On oublie souvent que ce sont ces types de fondations qui construisent les meilleurs liens, les plus heureux et les plus respectueux.

 La façon de communiquer est un élément souvent négligé dans de nombreuses dynamiques familiales. Nous ne sommes souvent pas conscients du grand nombre de codes, de mandats invisibles et d’empreintes psychologiques que nous projetons sur les nôtres par ce que nous faisons, disons, ou bien même, par ce que nous « ne disons pas ».

Si vous faites des erreurs, montrez que vous pouvez avoir l’humilité de dire » Je suis désolé « , j’ai tort, et le courage de dire que je vais y remédier ».

La façon dont nous interagissons construit-elle les racines de l’harmonie ou fait-elle germer les graines du malheur dans notre noyau relationnel le plus proche ? Cette question mérite sans aucun doute réflexion. Que l’un ou l’autre prévale, il est clair que nous faisons tous des erreurs et que nous devons nous excuser. Ainsi, identifier les moments où un « je regrette » est nécessaire relève d’une certaine intelligence émotionnelle.

Cette dynamique, cette pratique saine et édifiante est en même temps vitale dans le développement et l’éducation de nos enfants. C’est une façon très sûre de transmettre à nos enfants un système de valeurs permettant d’avoir une vision au plus proche de l’humain, où nous pouvons nous concevoir comme faillibles mais également dignes de savoir demander pardon pour améliorer nos actions, prendre soin de nos liens…

dessin de fille

 

Dire « Je suis désolé » une pratique de base pour la coexistence

Nous faisons tous des erreurs, en fait et à ce jour, il n’y a personne qui soit venu au monde immunisé contre les équivoques, les déconvenues ou les malentendus. Ainsi, en matière de développement et d’éducation, personne n’est à l’abri des ratés, des pratiques inadéquates, des approches inexactes, de la négligence, etc. Maintenant, la clé de tout cela ne réside pas dans le fait de faire plus ou moins d’erreurs avec nos enfants, mais de gérer ces situations plus tard.

Identifier l’erreur et reconnaître sa responsabilité en disant «Je suis désolé» à un enfant, fait aussi partie de son éducation. Cependant, notre «culture» d’adultes n’approuve pas ou n’est pas toujours favorable à ce type d’attitude, comme si les parents eux-mêmes avaient peur de briser le mythe de leur infaillibilité devant leurs enfants. Mais en fait, si nous passons nous-mêmes tout notre temps à essayer d’amener les petits à apprendre à s’excuser, comment faire pour y pervenir nous-mêmes? Avec le risque (certains croient) de perdre notre autorité, de se voir discrédité …

C’est ce que pensent beaucoup de pères et de mères. C’est le père qui nourrit ses enfants avec des promesses incroyables qu’il ne se concrétisera pas plus tard; c’est la mère qui n’en finit pas de crier sur son fils pour n’importe quelle absurdité, faute de ne pouvoir sur le moment gérer l’anxiété issue du travail, qu’elle n’a su laisser à la porte.

Cuillères avec des visages peints représentant une famille

Dire « Je suis désolé » est une pratique de base de coexistence, c’est une bonne approche quand un problème survient dont nous sommes responsables en tant qu’adultes. En outre, peu d’actes témoignent d’une telle expression d’empathie et d’une reconnaissance des règles de la coexistence. Ces règles que tous, petits et grands, nous sommes obligés de respecter pour le bien commun.

Apprendre à être une famille

Beaucoup d’entre nous passent leur temps à dire « Je suis désolé » pour les choses insignifiantes. Nous le faisons si nous bousculons quelqu’un, si nous oublions de céder notre place à qui en a besoin dans le bus, quand on oublie de rendre un livre à un collègue… S’il est important de pratiquer cet art dans les plus petits actes, il est également essentiel de le réaliser avec les personnes proches, que nous aimons le plus.

Ainsi, en ne les voyant pas spécialement tous les jours ou du fait qu’ils sont en couples, enfants, parents, frères et sœurs, etc., nous donnerons le sentiment de pouvoir être toujours pardonnés. Parce que l’amour, l’affection et la tendresse se travaillent et il faut y en prendre soin. Apprendre à dire «Je suis désolé» c’est faire de la famille, c’est créer un scénario où vous pouvez élever des enfants plus heureux en fonction des valeurs appropriées. Voyons-en ci-dessous les principaux avantages.

Famille heureuse à la maison

Demander pardon à nos enfants, un pas aux grands avantages

  • Dire « Je suis désolé » à nos enfants nous aide à être plus concentrés sur notre quotidien. Dans notre maelström quotidien, le fait de prendre conscience de notre faillibilité envers eux nous permet d’être plus profondément enracinés dans le présent, au plus près des besoins immédiats de l’enfant.
  • Il est également conseillé de comprendre quelque chose: demander pardon à un enfant n’est pas un acte de faiblesse. Au contraire, c’est un exercice de maturité et de responsabilité.
  • En même temps, reconnaître une erreur commise avec nos enfants, nous épargne une situation qui pourrait se compliquer et qu’ils finissent peu à peu par perdre confiance en nous.
  • Dans ces relations, où les adultes peuvent dire «je suis désolé» et présenter des excuses aux enfants, il y a de précieux actes d’apprentissage des deux côtés. Les personnes âgées ne sont pas infaillibles et faire des erreurs est écrit dans notre ADN, un exercice d’autre part adapté à notre propre amélioration en tant qu’êtres humains.

En conclusion, ce que chaque famille – qui souhaite grandir dans l’harmonie et le bonheur – doit comprendre sans ambiguïté est que savoir dire désolé est un ressort psychologique qui profite à tous. Mettons-le en pratique sans peur, sans réticence. De cette façon nous aurons une possibilité d’une valeur incalculable : celle de mieux nous comprendre.