Le bruit que les enfants laissent derrière eux lorsqu’ils s’en vont

3 avril 2017 dans Psychologie 367 Partagés

Comme l’a dit le poète romantique Gustavo Adolfo Bécquer, « la solitude est très belle…lorsqu’on a quelqu’un à qui le dire ». Mais parfois, notre humeur est marquée par le bruit du changement et de la transformation, quelque chose qui arrive dans tous les domaines, et même au sein de la famille.

Une des transformations les plus communes dans l’évolution naturelle de la dynamique familiale, c’est l’émancipation des enfants. Beaucoup de parents abordent cette séparation avec leurs enfants dans la joie de pouvoir être témoins d’un passage important pour tou-te-s et dans l’espoir de disposer de temps pour faire ce qu’ils ont du reléguer au second plan à la naissance de ceux qui aujourd’hui s’en vont.

D’un autre côté, à cette joie s’oppose généralement la sensation de tristesse qui naît lorsqu’on sent qu’ils s’en vont et qu’ils ne reviendront probablement plus. Cette dernière sensation est celle qui, avec une intensité et une permanence dans le temps, donne lieu au syndrome du nid vide.


« La solitude est parfois la meilleure compagne car un court éloignement apporte un doux retour. »

– John Milton –


Pourquoi le syndrome du nid vide ?

Lorsqu’un enfant, et surtout le dernier, s’en va de la maison, ses parents souffrent d’un vide profond. Ainsi, quelque chose de si socialement accepté que le fait qu’un enfant quitte le domicile familial et aille fonder sa propre famille marquera l’humeur de ceux qu’il laisse derrière lui.

Qu’il laisse derrière lui ? Bien sûr que non. Un enfant qui quitte le domicile familial ne laisse personne derrière lui. Il suit simplement son chemin et change de foyer, mais ses parents seront toujours une part fondamentale de sa vie. Cependant, le fait qu’un enfant quitte la maison pour fonder son propre foyer peut générer une grande angoisse chez les parents. Ce cas est généralement très douloureux chez les mères, qui voient leur enfant s’en aller loin de leurs bras.

Selon Sara Montejano, psychologue sanitaire spécialiste en psychopathologie et experte en thérapies cognitives comportementalistes, ce sont des situations qui peuvent énormément affecter les parents. Pour les mères qui ont consacré leur vie à leurs enfants, le changement à affronter est grand, car « l’enfant » qui était leur raison d’être n’est plus là. Leurs enfants n’ont plus besoin qu’elles s’occupent d’eux, ce qui conduit à une grande sensation de vide.

Une humeur où prédominent la solitude et le vide

Finalement, on peut considérer le syndrome du nid vide comme un bruit social qui marque l’humeur de certaines personnes. Et ces personnes sont la base d’une société comme la nôtre, reposant fermement sur la famille.

Finalement, qu’est-ce qu’une société basé sur la famille si ce n’est la constante création et évolution de cette dernière ? Un jour, un enfant a quitté la maison pour fonder sa propre famille. Autrement dit, ce sont deux familles qui ont changé de structure, un nouvelle et une autre qui se transforme. Un fait naturel et parfaitement social.

Cependant, une situation qui doit nous paraître normale à première vue peut générer de la souffrance, de la frustration et une certaine solitude. Un bruit qui fait souffrir certain-e-s membres de la famille, dont l’humeur se dégrade de façon alarmante.

Si un enfant quitte le domicile familial et que l’on sent qu’avec lui s’en vont les couleurs de notre vie ainsi que l’envie d’en profiter, il se peut que la sensation de « nid vide » nous envahisse, voire qu’elle nous inonde :

  • Vous vous sentez inutile et avec un sentiment de solitude très profond
  • Vous ressentez une énorme nostalgie et vivez dans les souvenirs du passé
  • La tristesse est l’émotion la plus constante et prédominante dans votre humeur
  • Ce qui auparavant était une envie de réaliser des tâches quotidiennes aujourd’hui requiert un grand effort, car vous sentez un énorme manque de motivation
  • La fatigue et l’anxiété s’emparent de votre esprit
  • Apparaissent dans votre couple des problèmes sexuels, communicationnels, etc

Le défi d’affronter le nid vide

Il est évident que le départ d’un enfant a affecté votre humeur. Mais maintenant, vous vous devez de reconstruire votre foyer. Pendant des années, vous avez vécu au service de vos enfants. Vous avez consacré beaucoup de temps à leur développement, leur formation et maintenant, il est temps de vous occuper de vous.

Il est important que le départ des enfants devienne une opportunité et, au moins en partie, qu’on en ait conscience. Soudain, vous disposez de plus de temps pour vous et peut-être ne savez-vous pas à quoi le consacrer, mais le découvrir peut être -en soi- une tâche fascinante. Il peut être une bonne idée de développer de nouvelles conduites ainsi que de nouvelles capacités, ou encore d’enrichir un cercle social érodé par la dévotion à d’autres priorités.

Au départ, selon la psychologue Sara Montejano, ces nouvelles conduites et capacités seront guidées par le fait de surmonter le syndrome du nid vide. Ainsi, ce que l’on veut dire par là, c’est qu’il est préférable de développer des capacités pour réduire le bruit duquel naissent les émotions négatives.


« Savoir écouter, c’est le meilleur remède contre la solitude. »

– Anonyme –


Les parents qui ont maintenu la relation de couple devront relever, en plus, le défi de réévaluer leur mariage et assumer ensemble la nouvelle situation. C’est pourquoi il est très important de communiquer, d’exprimer ses émotions et, si auparavant nous parlions d’une nouvelle gestion individuelle du temps, dans ce cas également nous parlons d’une nouvelle gestion partagée du temps.

A ce moment-là, reprendre de vielles passions, découvrir de nouvelles activités, trouver des ami-e-s avec lesquel-le-s discuter sont des activités qui peuvent fonctionner et faire office de bon matelas alors que l’on en trouve de nouvelles qui motivent. D’un autre côté, c’est une bonne chose que de partager et de mettre des mots sur ce bruit, de confier que nous souffrons, du moment que nous n’accusant pas nos enfants. N’oublions jamais que nous sommes les responsables ultimes et uniques de nos émotions.

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