L’aphonie hystérique

27 mars 2019
C'est une forme rare de dysphonie fonctionnelle. La caractéristique principale est que cela commence de manière inattendue et disparaît souvent sans traitement. L'aphone hystérique est plus fréquente chez les jeunes femmes et il peut y avoir un conflit personnel, parfois non identifié.

L’aphonie hystérique est causée par la peur de parler ou de chanter, d’un traumatisme psychique, dû à la persistance d’une altération vocale, à l’échec de traitements prolongés, à un blocage affectif, au désir inconscient d’attirer l’attention. En bref, il existe de nombreuses origines autour d’une idée commune : la personne qui souffre pense ne pas pouvoir parler. Il est plus fréquent que cela se produise chez les femmes et les jeunes.

L’aphonie hystérique apparaît brutalement. Il peut consister en un discours chuchoté et ne générer aucune douleur. Si on demande à la personne de produire un son, on peut alors entendre une légère adduction sans contact des aryténoïdes. Quant à la mobilité en accords dans le rire et dans la toux, elle est bonne.

aphonie hystérique

De l’aphonie hystérique à l’aphonie de conversion

Souffrez-vous ou avez-vous souffert d’un de ces symptômes ?

  • Problèmes de coordination et d’équilibre
  • Paralysie ou faiblesse musculaire localisée
  • Aphonie
  • Hallucinations
  • Difficulté à avaler
  • Sensation d’une boule dans la gorge
  • Rétention d’urine
  • Perte de sensibilité du toucher et de la douleur
  • Double vision
  • Cécité
  • Surdité

Les symptômes apparaissent-ils lorsque vous commencez à ressentir beaucoup d’anxiété ou un autre type de malaise ? Souffrez-vous d’une maladie neurologique ou d’un autre type ? Ces symptômes affectent-ils votre vie en général ou lors de certains moments ?

Bien que le terme de conversion (terme décrivant ce qu’on appelait auparavant hystérie) soit utilisé depuis le Moyen Âge, c’est avec Sigmund Freud qu’il est devenu populaire ; il pensait que les conflits inconscients se transformaient en symptômes physiques.

Le trouble de conversion était un diagnostic particulièrement populaire à la fin du 19ème siècle. Il s’agit des symptômes qui affectent le comportement et ressemblent à une maladie neurologique, mais qui ne proviennent pas d’une maladie physique ou d’une cause organique connue.

Brève description du trouble

Le trouble de conversion produit une symptomatologie qui affecte particulièrement les fonctions motrices ou sensorielles, ce qui peut nous faire penser qu’il existe au fond une altération organique à l’origine de ces altérations, telle qu’un trouble neurologique. D’autre part, même si ce n’est pas le cas ou s’il n’y a aucune preuve que ce soit le cas, les symptômes ne sont pas produits intentionnellement ou simulés. Les personnes qui les vivent souffrent vraiment.

Les symptômes de conversion sont en partie le produit des idées de la personne sur la nature de la maladie. Cela peut également nécessiter des soins médicaux.

Parfois, ce trouble peut être entretenu grâce aux gains directs (diminution de l’angoisse générée par le conflit psychologique sous-jacent) ainsi qu’aux avantages indirects (ne pas avoir à se rendre au travail, à ne pas faire face à certaines responsabilités, plus d’attention …) pouvant être obtenus.

 

Symptômes importants

  • • Symptômes ou déficits moteurs : troubles de la coordination et de l’équilibre, faiblesse ou paralysie musculaire localisée, aphonie, difficulté à avaler des aliments ou des boissons, sensation de noeud dans la gorge, rétention d’urine
  • • Symptômes et déficits sensoriels : perte de sensibilité au toucher et à la douleur, vision double, cécité, surdité et hallucinations, convulsions
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Le trouble de conversion commence généralement à la fin de l’adolescence et dans les premières années de l’âge adulte ; son apparition est très rare avant l’âge de 10 ans ou après 35 ans. Elle commence généralement de manière soudaine. Chez les patients hospitalisés, les symptômes disparaissent généralement en 2 semaines environ.

Les rechutes se produisent souvent, surtout pendant la première année et la présence d’une seule rechute est un indice de l’apparition de plusieurs épisodes dans le futur. Des symptômes tels que des tremblements et des convulsions indiquent une aggravation de l’évolution de la maladie.

Facteurs de risque

Les facteurs de risque de ce trouble peuvent être :

  • Avoir vécu un stress important ou traumatisme émotionnel récent
  • Être une femme : les femmes sont plus susceptibles de développer ce trouble
  • Souffrir d’un trouble mental, tel que anxiété, le trouble dissociatif ou le trouble de la personnalité
  • Présenter une maladie neurologique qui provoque des symptômes similaires, comme l’épilepsie
  • Avoir un membre de la famille qui souffre d’un trouble de conversion
  • Avoir subi un abus physique ou sexuel dans l’enfance

Traitement de l’aphonie hystérique

Dans le traitement de l’aphonie hystérique, l’essentiel est d’éliminer ou de réduire l’origine du stress, ou de travailler avec les événements traumatisants vécus par la personne, afin de réduire le niveau de tension.

Il serait également nécessaire d’éliminer les gains ou avantages secondaires que la personne pourrait obtenir de ce comportement, même si elle n’en était pas pleinement consciente.

Parfois, la symptomatologie disparaît automatiquement et peut durer de quelques jours à quelques semaines. Cependant, il existe un certain nombre de ressources et d’interventions pouvant bénéficier à la personne. Ceux-ci sont :

  • Explication de la maladie
  • Psychothérapie
  • Thérapie occupationnelle
  • Traitement d’autres troubles possibles tels que la dépression ou l’anxiété

 

  • Halligan PW, Bass C, Wade DT (2000). New approaches to conversion hysteria. BMJ 320 (7248): 1488–9. PMC 1118088. PMID 10834873.
  • Laplanche, Jean; Pontalis, Jean-Bertrand (1996). Diccionario de Psicoanálisis. traducción Fernando Gimeno Cervantes. Barcelona: Paidós. p. 173.
  • Roelofs K, Hoogduin KA, Keijsers GP, Näring GW, Moene FC, Sandijck P (2002). Hypnotic susceptibility in patients with conversion disorder. J Abnorm Psychol 111 (2): 390–5. PMID 12003460.
  • Nicholson TR, Kanaan RA (2009). Conversion disorder. Psychiatry 8 (5): 164. doi:10.1016/j.mppsy.2009.03.001.