L'adversité ne nous rend pas toujours plus résilients

06 novembre, 2020
Tous ceux qui traversent une période difficile n'en sortent pas plus forts, plus sages ou plus compétents. Beaucoup sont pris dans la tempête pendant une longue période. Parce que la résilience n'est pas quelque chose qui vient automatiquement, il faut savoir comment la développer.

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients. Nous sommes arrivés à un point où le concept de résilience est devenu trop lumineux et même éloigné de la réalité.

Tous ceux qui traversent une période d’épreuves et de difficultés ne parviennent pas forcément à activer cette merveilleuse compétence. Parfois, les jours difficiles nous font couler et, le fait que cela arrive, est aussi tout à fait normal.

Nous vivons un moment de transformation à tous les niveaux. C’est peut-être pour cette raison que des approches telles que le positivisme le plus optimiste ne nous servent plus de la même manière que par le passé. Ainsi, le classique Always look on the bright side of life qui était chanté dans La Vie de Brian n’est plus aussi efficace dans les circonstances actuelles.

À l’heure actuelle, nous sommes obligés de voir les difficultés et les risques qui nous attendent. Nous ne pouvons pas détourner le regard ; il ne suffit pas de se dire “tout va bien se passer et nous en sortirons plus forts”. Il est temps de laisser la place à d’autres possibilités, d’apprendre à gérer l’adversité, les émotions négatives et ce côté moins sympathique de la vie.

La résilience existe, mais elle ne fonctionne pas en pilote automatique. Elle ne s’active pas toujours, ni au moment où nous en avons le plus besoin. C’est pourquoi nous devons comprendre comment cette précieuse compétence psychologique fonctionne réellement.

Nous pouvons apprendre à être résilients.

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients, mais nous pouvons apprendre

Nous nous sommes habitués à qualifier les expériences – comme les émotions – de “bonnes” ou “mauvaises”. Ce genre de situation fait que beaucoup de gens deviennent intolérants à l’égard de tout ce qui se classe dans la dernière extrémité. Et en soi, cela est compréhensible.

Nous préférons la stabilité, la complaisance, l’harmonie de cette vie quotidienne dans laquelle nous nous donnons du plaisir, jouissons de cette normalité dans laquelle rien n’est en désaccord et tout est en équilibre.

Cependant, lorsque l’inattendu arrive, le fil des problèmes et le rugissement de la difficulté sont fréquents, faisant apparaître un blocage. On se retrouve à bout de souffle et sans ressources psychologiques pour avancer dans la tempête.

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients, car nous ne savons pas tous comment l’activer. De plus, il y a des moments où ce que nous avons devant nous est un moment de grande dureté que tout le monde ne parvient pas à surmonter. Allons un peu plus loin.

La résilience, ce n’est pas affronter l’adversité, c’est “naviguer” avec elle

Souvent, lorsque nous parlons de résilience, il est courant d’utiliser la métaphore du phare. Nous visualisons une mer agitée avec des vagues violentes qui attaquent cette construction dont la résistance est infinie. Quels que soient les vents, les tempêtes et la force de mille océans, ce phare peut résister à tout.

Cette métaphore sur la résilience est erronée. Nous devrions plutôt utiliser une vision un peu moins héroïque, un peu moins lumineuse et inspirante. Il est préférable de suivre la leçon de la “bouée de mer”. Elle se compose des éléments suivants :

  • Au lieu de combattre les vagues (l’adversité), nous devons nous déplacer avec elles comme le font les bouées de mer.
  • Vous devez maintenir votre flottabilité, c’est-à-dire votre clarté mentale et votre tempérance pour traverser ces jours de tempête.
  • La véritable clé est d’avoir quelque chose à quoi s’accrocher (avoir une ancre).
  • Cet ancrage intérieur est également constitué de nos pensées, attitudes et comportements. Ils sont ce qui nous retient et nous aide à traverser ces jours difficiles.

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients (il y a des processus qui prennent du temps)

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients. Parfois, les jours difficiles ne sont que cela, des jours compliqués qui nous font tomber pendant un moment, sans nous donner de leçons. D’autres fois, nous ne pouvons pas activer la résilience parce que nous manquons de ces points d’ancrage, de ces ressources d’adaptation.

  • Il y a des moments où nous tombons au milieu de l’adversité. Le fait que cela se produise est plus normal que nous le pensons.
  • S’il n’en était pas ainsi, il n’y aurait pas de psychologues, de psychiatres ou de tout autre spécialiste de la santé mentale. Parce que nous ne sommes pas des héros, nous ne sommes pas des balises qui résistent à tout. Nous sommes des êtres humains, faillibles, qui tombent parfois.
  • Il est parfaitement normal d’avoir besoin d’autres experts pour nous donner les outils nécessaires pour faire face à ce qui fait mal.
La résilience est une question de perspective.

Certaines personnes peuvent tout gérer, d’autres aspirent simplement à survivre

L’adversité ne nous rend pas toujours plus résilients, c’est vrai. De plus, il y a ceux qui sont immensément habiles dans ces circonstances : non seulement ils font face à toute difficulté, mais ils en profitent même. D’autres, en revanche, se limitent à être en mode de survie. C’est-à-dire endurer ce qui se passe, se maintenir à flot pour ne pas dériver.

Soyons clairs, les deux situations sont tout aussi acceptables et admirables. L’objectif, dans tous les cas, lorsque les jours sombres arrivent, est d’en sortir avec une bonne santé physique et mentale. C’est là le véritable succès et notre véritable objectif.

Certains franchiront ce seuil avec de meilleures ressources et de nouveaux gains. D’autres n’éprouveront que du soulagement d’avoir quitté ce brouillard pour entamer une nouvelle phase.

L’une ou l’autre de ces deux circonstances est appropriée. L’important est de continuer à naviguer, de continuer à avancer vers un horizon d’espoir.