La valeur des souvenirs

29 juillet 2018 dans Histoires et réflexions 0 Partagés
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La valeur des souvenirs positifs est un élément de stabilité, un refuge qui a l’extraordinaire capacité de nous protéger. Pío Baroja disait que « nous sommes, en bonne partie, la prolongation de notre passé et le résultat d’un souvenir ».

Le cerveau est un organe capable de stocker, de ranger et de prioriser tous nos souvenirs. En psychologie, la métaphore de l’ordinateur a pendant longtemps été utilisée pour parler du cerveau et surtout de la mémoire. Une mémoire qui n’est autre que la ville des souvenirs.

Les psychologues indiquent que tous nos souvenirs entretiennent une relation étroite avec les émotions. C’est pour cela que nous sommes capables de sentir à nouveau les émotions originelles quand nous les replaçons au centre de notre attention. Un souvenir agréable peut restaurer cette paix intérieure perdue, cette estime de soi meurtrie. En revanche, si cette expérience finit en souvenir amer, nous ne voudrons pas nous en rappeler.

« Parfois, vous ne saurez jamais la valeur d’un moment jusqu’à ce qu’il devienne un souvenir. »

-Dr. Seuss-

valeur des souvenirs

La valeur des souvenirs

Il y a quelque temps, j’ai entendu une merveilleuse histoire vraie sur la valeur des souvenirs. Il s’agissait d’une belle rencontre avec le passé. En mai 2017, un garçon de 14 ans, du nom de Patryk Lessman, passait quelques jours de vacances avec sa famille au bord du lac Jeziorak (Pologne).

Le jeune garçon s’amusait. Il construisait des cabanes et pêchait. Un beau jour, cependant, il trouva par hasard deux vieux bidons à lait dans une zone boisée. Il en informa rapidement ses parents. Ceux-ci prévinrent les autorités locales, qui retournèrent sur les lieux de la découverte avec des détecteurs de métaux pour trouver davantage d’objets.

Quelques mois plus tard, après avoir minutieusement analysé les objets, une conférence de presse eut lieu pour donner des informations sur ces trouvailles. Les deux bidons à lait contenaient des objets personnels et des souvenirs familiaux du comte Hans Joachim Finckensteinpropriétaire du terrain dans le passé.

De nombreux documents furent trouvés: les dernières volontés du comte, le sceau et le blason de la famille Finckenstein (une vieille famille d’aristocrates prussiens), le passeport d’Hans Joachim et son journal de la Première Guerre Mondiale. Dans le deuxième bidon se trouvaient son uniforme de la Seconde Guerre Mondiale et une multitude de lettres et de poèmes de ses filles.

Hans Joachim von Finckenstein naquit en 1879 et fut témoin des deux grandes guerres. En 1944, devant l’avancée de l’armée russe, Hans et sa femme Hildegard envoyèrent leurs filles en Poméranie (territoire entre l’Allemagne et la Pologne) et eux-mêmes restèrent cachés dans cette zone. Les objets personnels retrouvés datent donc de cette époque mais on ignore s’ils ont été enterrés par la mère ou le père.

Histoires de ces années

Les enquêteurs retrouvèrent la trace de Waldtraut, la plus jeune fille du comte, en Allemagne. Elle a actuellement 81 ans. En voyant les objets trouvés, son émotion fut immense. Elle serra contre elle les chaussures de son père et pleura un long moment. Puis elle raconta aux journalistes comment, toutes les nuits, son père les aidait (elle et sa soeur) à grimper sur leur lit tandis qu’elles s’accrochaient à ses chaussures et riaient jusqu’à tomber de fatigue.

vieilles photos

Elle pouvait encore réciter par cœur certaines des poèmes qui avaient été retrouvés. Elle les avait elle-même écrits soixante-dix ans plus tôt. Avec des larmes de joie, elle dit aux journalistes qui voulaient l’interviewer : « J’ai toujours voulu écrire, ma mère me poussait à apprendre à coudre et à broder mais moi j’avais une passion pour les livres ».

Waldtraut se souvient des orages d’été au bord du lac Jeziorak et de l’odeur de terre mouillée. « Ces après-midis interminables où nous ne pouvions pas sortir à cause de la pluie. Je récitais des poèmes tandis que ma soeur égayait le coucher de soleil avec de la musique; toute la famille observait avec enthousiasme et profitait du spectacle. C’était une merveilleuse période de ma vie que je récupère maintenant grâce à ces souvenirs ».

Cette histoire nous encourage à perdre l’habitude de reporter les choses réellement importantes. De cacher ce que nous ressentons. La réalité est simple : chaque moment que nous vivons porte la magie que nous lui donnons. Si vous pouviez recréer votre meilleur souvenir, comment feriez-vous ?

« Les souvenirs sont une façon de vous accrocher aux choses que vous aimez, aux choses que vous êtes, aux choses que vous ne voulez pas perdre. »

-Anonyme-

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