La sagesse du point de vue de la psychologie

29 novembre 2019
La sagesse, que l'on conçoit souvent comme le produit exclusif de l'expérience, va plus loin. Ainsi, nous vous présenterons dans cet article les définitions de plusieurs auteurs, comme Sternberg. Nous démystifierons certaines idées et nous développerons le problème de sa mesure.

La sagesse, au-delà de la conception populaire, a été étudiée par des experts de l’intelligence et des psychologues. De fait, on peut définir la sagesse avec des termes scientifiques, au-delà de l’attribution de connaissances que nous associons souvent à nos aînés. Dans cet article, nous évoquerons la définition de la sagesse du point de vue de la psychologie.

C’est un concept difficile à étudier en raison de ses limites floues et de la complexité de la méthodologie scientifique avec des éléments internes.

Un homme pensif dans le ciel représentant la sagesse

Qu’est-ce que la sagesse du point de vue de la psychologie ?

On peut définir la sagesse comme un ensemble de connaissances que l’on possède dans la vie à un niveau expert. De nombreux auteurs ont essayé d’identifier les composants associés à la sagesse. Voici ceux qu’on réunit souvent en ce qui concerne la sagesse :

  • Compétences interpersonnelles : niveau de connaissance, sensibilité et sociabilité dans la relation avec d’autres personnes. Les compétences interpersonnelles nous mènent à nous adapter aux besoins de notre interlocuteur et à exprimer de la manière la plus efficace possible l’interaction avec autrui
  • Compétences de discernement et de communication : la sagesse -souvent liée à l’expérience, implique la connaissance et le conseil. C’est pour cela que les personnes sages sont des individus capables de conseiller sur des problématiques et donner des solutions pragmatiques auxquelles d’autres ne parviendraient pas
  • Compréhension : les personnes sages, en étant capables de cultiver l’émotion et grâce à leurs expériences de vie, sont des individus qui comprennent et peuvent faire preuve d’empathie
  • Compétence générale : ce serait le composant le plus connu ou le plus souvent attribué à la sagesse. Les personnes sages sont intelligentes, cultivées. Elles possèdent des connaissances dans plusieurs domaines et savent comment les transmettre

La sagesse implique-t-elle obligatoirement des connaissances ?

Les spécialistes affirment que les deux facteurs les plus pertinents de la sagesse sont la compréhension exceptionnelle et les compétences de discernement et de communicationC’est pourquoi il peut exister des personnes sages mais qui, en raison des circonstances de leur vie, ne possèdent pas de grandes connaissances du monde.

Tous les composants cités précédemment font appel, par conséquent, à un concept de sagesse qui se réfère à des aspects affectifs et interpersonnels. Autrement dit, une définition qui va au-delà du cognitif.

La sagesse selon Holliday et Chandler (1986)

Pour ces deux auteurs, la sagesse implique : perspicacité, implication avec les autres, considération, intuition, connaître ses propres limites, raison et logique, expérience, esprit logique, bonne capacité à résoudre les problèmes et apprentissage de ses erreurs. La personne sage est une chercheuse d’informations qui utilise à bon escient les données dont elle dispose.

La définition de Holliday et Chandler a davantage tendance à relier la sagesse à les facteurs cognitifs et aux compétences qui permettent à une personne de résoudre des problèmes de manière appropriée et brillante.

La sagesse selon Sternberg (1985)

Sternberg, quant à lui, définit le sage comme quelqu’un de sensible et sociable pouvant compter sur de bonnes capacités de discernement et de discernement. Cette personne comprend la vie, a appris de l’expérience et elle est capable de conjuguer plusieurs points de vue.

Outre toutes ces facultés interpersonnelles et émotionnelles, il définit également la personne sage comme quelqu’un d’intelligent, de cultivé et avec de grandes compétences en général.

Comment analyse-t-on la sagesse du point de vue de la science ?

D’une certaine manière, nous sommes capables d’évaluer le niveau d’une personne dans la dimension grâce à des tests standardisés et des processus qualitatifs. Il existerait 2 grands groupes :

  • Exercices de planification : on présente aux sujets un test dans lequel une personne doit prendre une décision. Cette décision concerne la vie dans des circonstances déterminées. Ce peut être une personne plus jeune, avec des aspects à prendre en compte dans la prise de décision. Dans le cadre de ce test, la personne répond à voix haute avec un plan qui couvre ce qu’elle pourrait faire, quel serait l’impact de ladite décision dans les années à venir et quelles sont les informations dont elle a besoin pour prendre la décision qui peuvent ne pas se trouver dans la présentation de l’exercice
  • Exercices de révision : on met en place des situations dans lesquelles plusieurs personnes -qui ont suivi des chemins différents face à un carrefour- doivent réviser les décisions prises. Les sujets évalués réexamiment ces décisions, en répondant à voix haute. Ils reconstruisent et évaluent ce que diraient les personnages de l’histoire en grandissant

Exemple d’exercice : Tadeo veut se marier

Un exemple d’exercice pour évaluer la sagesse pourrait être le suivant :

« Tadeo est un garçon de 18 ans qui veut se marier avec son copain, qu’il connaît depuis neuf mois ».

En se basant sur cet énoncé, la personne doit penser à voix haute aux éléments que Tadeo doit considérer pour prendre cette décision. Elle reconstruit, du point de vue de Tadeo, l’histoire, les moments de celle-ci, les explications possibles qui l’ont mené à prendre cette décision et les évaluations de cette dernière.

Une femme qui réfléchit au sujet de la sagesse

Peut-on travailler la sagesse ?

De nombreux auteurs ont évoqué les composants de la sagesse, bien qu’ils ne s’accordent pas tous. Néanmoins, cela n’enlève rien du fait qu’on analyse la manière dont une personne peut améliorer les composants sur lesquels il existe bel et bien un consensus.

Par exemple, on essaie de développer le contextualisme, le relativisme et l’incertitude dans la prise de décisions. Le seul facteur de la prise de décisions qu’on a réussi à travailler est le relativisme et le calme ou la mesure que celui-ci offre. Cependant, l’objectif de « travailler » la sagesse semble encore trop risqué.

Qu’est-ce que la science oublie ?

Les tests standardisés ne mesurent pas souvent les facteurs émotionnels et affectifs. Ces tests visent davantage l’évaluation des différentes dimensions de l’intelligence, telles que l’intelligence logique-mathématique ou l’intelligence spatiale.

Par ailleurs, plusieurs définitions de la sagesse survivent encore aujourd’hui sans qu’il n’existe un consensus très large autour d’elle. C’est un domaine ouvert, et par conséquent, il s’avère compliqué de la mesurer. Cette disparité lors de l’évaluation de la sagesse peut faire que nous comptions aujourd’hui sur des résultats très biaisés selon les différents groupes qui ont été étudiés.

 

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  • Pelechano, V. y Rivero, A. (2004). Una contrastación parcial del modelo de sabiduría de Berlín: resultados, reflexiones y una propuesta. Análisis y Modificación de Conducta, 30,465- 494.