La philophobie : comment l’identifier et la combattre

5 avril 2015 dans Psychologie 94 Partagés

Imaginez qu’une fille tombe amoureuse d’un garçon, qui lui aussi est attiré par elle, et tout semble donc parfait. Cependant, après quelques rendez-vous, le garçon commence à ne plus voir que les petits défauts de la fille, et se sent un peu anxieux.
Un jour, sa petite-amie l’appelle et lui propose d’aller dîner chez ses parents ; il se met alors à transpirer, son coeur s’emballe, il a du mal respirer, et il a même la tête qui tourne.

Il décide soudainement de mettre fin à la relation. Que s’est-il passé ?

Il semble que ce garçon souffre de philophobie…

Qu’est-ce que la philophobie?

La philophobie, c’est tout simplement la peur de tomber amoureux ou de s’engager dans une relation amoureuse. Dans certains cas plus graves, la philophobie peut même mener quelqu’un à avoir peur d’aimer sa famille ou ses amis.

Il ne s’agit pas de cette nervosité que l’on ressent tous quand on commence à faire connaissance avec une personne qui nous plait ; il ne s’agit pas non plus de simples papillons dans le ventre.

La peur est si intense qu’elle instaure différents mécanismes de défense. De même qu’une personne se sert d’une arme pour se défendre quand elle se sent attaquée et en danger, une personne souffrant de philophobie se sert de différents modes de comportement quand elle sent qu’elle est sur le point de tomber amoureuse.

Quels sont les modes de comportement associés à la philophobie?

Comme l’a fait le garçon de notre petite histoire, bien souvent, les personnes souffrant de philophobie s’obstinent à chercher le moindre petit défaut de leur conjoint. C’est un mécanisme de défense très commun chez ces personnes, qui se servent ensuite de ces soi-disant défauts pour justifier leur désir de ne pas aller plus loin.

Certaines s’amourachent de personnes avec qui elles n’ont aucune chance afin de ne pas avoir à faire face à leur peur de l’intimité. Elles tentent de se convaincre elles-mêmes du fait qu’elles peuvent bel et bien aimer, mais avancent que si ça n’a pas marché avec une personne, c’est qu’il s’agissait d’un amour impossible. 

D’autres provoquent des disputes pour mener l’autre personne à mettre fin à la relation. Souvent, ces conflits sont liés à la jalousie, car le fait que leur conjoint les quitte pour quelqu’un d’autre leur sert d’excuse pour ne pas s’engager.

La fuite est une attitude fréquente chez ceux qui souffrent de philophobie. Lorsqu’ils sentent que la relation s’apprête à passer à l’étape suivante, ils réduisent le contact avec leur conjoint, filtrent ses appels, et peuvent même aller jusqu’à trouver des excuses pour ne pas le voir.

Pourquoi demander de l’aide?

Si vous vous reconnaissez dans cette description, peut-être est-ce alors le moment de demander de l’aide. D’abord, parce que la philophobie peut se soigner, car il est possible de venir à bout de cette peur. Il existe plusieurs thérapies pour combattre cette phobie.

La thérapie cognitive peut se révéler efficace. En effet, un thérapeute cognitif vous aidera à identifier et à comprendre le processus mental qui vous mène à avoir peur. Ensuite, il vous aidera à mettre en pratique des techniques visant à détruire ce processus mental pour le remplacer par un autre, plus constructif.

La thérapie de désensibilisation affective peut soigner des phobies de tout type. Elle consiste à exposer le patient à l’objet ou la situation qui lui fait peur, en l’occurrence les relations amoureuses, jusqu’à le désensibiliser.
Le thérapeute peut avoir recours à la technologie pour simuler cette interaction, et de cette façon il prépare le patient aux situations pouvant se présenter dans la vie réelle.

Certaines de ces thérapies ont connu un franc succès, comme par exemple la Programmation Neuro-linguistique, l’hypnothérapie, et bien d’autres méthodes encore.

Un professionnel de la santé mentale pourra vous dire quelle est la thérapie qui sera la plus adaptée à votre cas. Nombreux sont ceux pour qui consulter un psychiatre, un psychologue ou un thérapeute peut être tabou. Pourtant, cette gêne n’a pas lieu d’être, car tout le monde a le droit de bénéficier des techniques modernes qu’ont mis en place ceux qui se sont spécialisées dans ces domaines.

Une personne qui ne ferait rien pour lutter contre la philophobie risquerait bien de finir sa vie seule et dépressive.
Vous avez le pouvoir de vaincre cette peur, et, au même titre que tout autre être humain, vous méritez d’être heureux, d’aimer, et d’être aimé.
Vous ne croyez pas ?

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