La générosité et ses bienfaits en psychologie

18 novembre 2019
Dans cet article, nous allons analyser les bienfaits psychologiques de la générosité, cette attitude d'abandon qui n'attend rien en retour et qui semble avoir un impact positif sur la santé mentale.

Au cours des dernières années, de nouvelles études ont mis en lumière des éléments qui permettraient de confirmer que la générosité possède de nombreux bienfaits en psychologie. Certains auteurs humanistes et existentialistes mettent en effet en avant les valeurs éthiques et l’amour. Erich Fromm et Victor Frankl ont notamment étudié les bienfaits de la générosité sur notre état psychologique.

Ainsi, Fromm affirme que les valeurs éthiques et l’amour constituent une source de bien-être psychologique. Ils sont un élément essentiel d’une personne émotionnellement saine (Oberst, 2005).

Les bienfaits de la générosité en psychologie

La générosité et la gratitude sont deux concepts importants qui traduisent l’excellence du caractère personnel (Emmons et Sheldon, 2002). Ils sont de plus quelque peu complémentaires. En effet, la relation entre ces deux concepts commence par un processus affectif de « donner » sans rien attendre en retour. Il peut s’agir d’un bien matériel, d’un conseil ou encore d’aide portée à une autre personne. La générosité est un comportement prosocial qui vise à favoriser le bien-être de l’autre.

Maslow (2001) parle de la « nature généreuse » et de la « générosité saine » de l’être humain. Et ce, par opposition à l’égoïsme. Il affirme qu’il existe une relation entre le comportement généreux et la santé psychologique. En effet, le comportement généreux vient de « l’abondance » et de « la richesse intérieure ». D’autre part, le comportement égoïste est un phénomène de pauvreté intérieure. Il caractérise souvent les personnes névrosées.

La générosité : donner sans rien attendre en échange

Le concept de gratitude d’un point de vue psychologique

D’un point de vue éthique, la gratitude est définie comme une vertu morale qui dénote un bon comportement (McCullogh, Kilpatrick, Emmons & Larson, 2001). Cependant, la définition, en tant que comportement moral, oblige le bénéficiaire à remercier le donneur (Blumenfeld, 1962).

Reconnaître et apprécier la personne qui nous a aidé ne signifie pas que nous lui sommes redevables. Bien que beaucoup prétendent que gratitude et redevance sont équivalentes. En réalité, elles sont essentiellement différentes (Watkins, Scheer, Ovnicek et Kolts, 2006). En effet, la dette oblige le débiteur à faire un paiement en retour au créancier.

Il est important de souligner que l’action du donneur doit nécessairement être généreuse. Il ne s’agit en effet pas de donner en espérant une récompense en retour. L’acte de générosité ne vise pas à attirer les créanciers en vue d’une quelconque satisfaction égoïste.

La générosité comme indicateur de santé mentale en psychologie ?

La générosité a surtout été étudiée dans le contexte de la recherche scientifique sur les origines de l’altruisme. De plus, plusieurs études empiriques la considèrent aujourd’hui comme un bon indicateur de la santé mentale. Le sentiment d’appartenance à une communauté réside également dans le bien-être psychologique. C’est pourquoi son absence est un indicateur de mauvais équilibre psychologique et de troubles mentaux.

Lorsque l’enfant ne parvient pas à développer un certain sens de communauté, des sentiments de non appartenance, d’insuffisance, d’infériorité ou encore de complexe d’infériorité peuvent apparaître (Oberst, 2005). Cela peut être dû, par exemple, à une éducation trop autoritaire ou trop consensuelle.

Ce sentiment d’infériorité est difficile à supporter. Par conséquent, le réflexe classique est de le compenser ou même de le sur-compenser avec ce que Adler appelle « l’ardeur à la supériorité ou l’ardeur au pouvoir ». C’est un aspect qui, selon la psychologie adlerienne, serait à la base de tout trouble psychologique.

La générosité, c'est avoir le cœur sur la main

L’absence de générosité et ses conséquences

Selon Adler, l’individu qui éprouve un sentiment d’infériorité en raison d’un déficit de sens de communauté développerait une « disposition névrotique » (Adler, 1912/1993). La disposition névrotique peut avoir plusieurs manifestations. Le neuroticisme les définit aujourd’hui comme un trait de personnalité. Ces mêmes manifestations se retrouvent également dans les troubles psychosomatiques et dans les troubles de la personnalité.

Cette infériorité supposée engendre une distorsion de la vie émotionnelle. Le névrosé n’est plus capable de se lier aux autres de façon naturelle et spontanée. Au contraire, pour compenser ce sentiment d’infériorité, il cherche constamment à obtenir de présomptueux succès.

Lorsque cette disposition s’aggrave ou que des problèmes psychosociaux s’y ajoutent, des déformations de caractère peuvent apparaître. Il peut s’agir de la cupidité, de la rancœur, de la malice, de la cruauté, etc. Tout cela dans le seul but d’échapper au sentiment insupportable de se sentir inférieur ou méprisé.

« La générosité jouit des félicités d’autrui, comme si elle en était responsable. »

– Comte de Lautréamont –

 

Adler, A. (191211993) El carácter neurótico. Barcelona: Paidós.

Blumenfeld, W. (1962). Los fundamentos de la ética y el principio generalizado de gratitud. Lima: Universidad Nacional Mayor de San Marcos.

Emmons, R. & Sheldon, C. (2002). Gratitude and thescience of positive psychology. En C. Snyder & S. Lopez (Eds.). Handbook of positive psychology (pp. 459-471). London: Oxford
University Press.

Maslow, A. H. (2001) Visiones del futuro. Barcelona: Kairós.

McCullough, M., Kilpatrick, S., Emmons, R. & Larson, D. (2001). Is gratitude a moral affect? Psychological Bulletin, 127, 249-266.

Oberst, Ú. E. (2005). Las conductas prosociales,¿ un indicador de salud mental?. Aloma: revista de psicologia, ciències de l’educació i de l’esport Blanquerna, (16), 143-153.

Rodríguez, T. C. EL CONCEPTO DE GRATITUD DESDE UNA PERSPECTIVA PSICOLÓGICA. Rev. Psicol. Vol. 13 Nº 1-Enero-junio 2011, 105.

Watkins, P., Scheer, J., Ovnicek, M. & Kolts, R. (2006). The debat of gratitude. Dissociating gratitude and indebtedness. Cognition & Emotion, 20(2), 217-241.