La buspirone, un anxiolytique avec peu d'effets secondaires

17 juin, 2020
La buspirone est un anxiolytique différent, avec peu d'effets secondaires. Ce médicament est principalement utilisé pour traiter le trouble anxieux généralisé (TAG), mais il peut être utilisé à d'autres fins qui sont aussi intéressantes.  
 

La buspirone est un anxiolytique. Cette substance a été synthétisée pour la première fois en 1968. Au début, il s’agissait d’un antipsychotique, mais très rapidement, ses effets anxiolytiques se sont révélés plus utiles. Ce médicament a été approuvé par la Food and Drug Administration aux États-Unis en 1986.

Il s’agit d’un actif par voie orale. La buspirone appartient au groupe des azapyrones et est différente du reste des anxiolytiques, aussi bien d’un point de vue pharmacologique que structurel. Cette substance a moins d’effets secondaires que les barbituriques et les benzodiazépines.

Néanmoins, son action est lente. Cet anxiolytique met entre deux et quatre semaines à faire effet. Par conséquent, il n’est pas recommandé en situation d’anxiété aiguë. Malgré cela, sa popularité n’a pas cessé de croître ces dernières années.

Quels sont les usages de la buspirone ?

La buspirone est essentiellement utilisée comme un anxiolytique dans le cadre du traitement du trouble anxieux généralisé (TAG). Selon certaines études, son efficacité ne diffère pas beaucoup de celle des autres traitements comme les benzodiazépines.

Cette substance peut être utilisée comme un antidépresseur de seconde ligne lorsque les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ne fonctionnent pas ou ne sont pas tolérés, ou bien pour compléter l’action de ces inhibiteurs. Il arrive parfois que le recours à la buspirone serve à pallier les effets secondaires sexuels des ISRS.

 
Une poignée d'anxiolytiques tels que la buspirone

Certaines études suggèrent que cette substance pourrait être utile à l’heure de traiter la phobie sociale et le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Elle pourrait aussi être utile à l’heure de manier les altérations qui provoquent agitation et agressivité chez les personnes qui souffrent de démence.

Par ailleurs, selon des études récentes, la buspirone possèderait des propriétés immunosuppressives. C’est pourquoi des chercheurs se penchent sur son efficacité face à la dermatite atopique, par exemple.

Une autre possibilité fait, à l’heure actuelle, l’objet de recherches : l’association de cette substance avec la mélatonine en vue de promouvoir la neurogénèse. Cette association pourrait être efficace pour traiter la dépression et les désordres cognitifs.

Le mécanisme d’action de la buspirone

Le mécanisme d’action de la buspirone diffère également de celui des benzodiazépines ou des barbituriques. À la différence de ces anxiolytiques, la buspirone n’agit pas sur les récepteurs du neurotransmetteur (NT) GABA.

Ce manque d’activité sur les récepteurs GABA a deux conséquences importantes pour la buspirone :

 
  • Cette substance n’est pas efficace pour traiter le syndrome d’abstinence
  • Le risque de dépendance est nul, tout comme celui du syndrome d’abstinence

La buspirone agit essentiellement comme un agoniste partiel des récepteurs de sérotonine 5Ht1a. De plus, elle a une certaine affinité pour les récepteurs 5HT2 et agit comme un antagoniste faible des récepteurs D2 de dopamine.

Son mécanisme d’action n’est pas encore complètement clair. L’augmentation de l’activité de la sérotonine dans différentes zones du cerveau serait à l’origine de l’effet anxiolytique.

De la même façon, la buspirone entraînerait des modifications dans les récepteurs 5HT1a, raison pour laquelle elle mettrait du temps à faire effet. Il se pourrait qu’elle ait, qui plus est, des effets indirects sur d’autres neurotransmetteurs du cerveau.

Les effets secondaires

En comparaison avec d’autres anxiolytiques, la buspirone est un médicament avec peu d’effets secondaires. Face aux barbituriques et aux benzodiazépines, la buspirone présente les avantages suivants :

  • Aucun effet sédatif ni hypnotique
  • Etat de veille et attention maintenus en alerte
  • Pas de risque de dépendance, ni de syndrome d’abstinence
  • Effet relaxant musculaire nul
  • Aucune propriété anticonvulsivante

Néanmoins, comme tout médicament, elle n’est pas exempte de quelques effets secondaires. Les effets secondaires les plus courants d’un traitement à base de buspirone sont les suivants :

  • Nausées
  • Somnolence
  • Céphalée
 
  • Nausées et vomissements
  • Syndrome des jambes sans repos avec nervosité et excitation
Une femme sous buspirone

Normalement, ces effets secondaires diminuent au bout de quelques jours de traitement. Si ce n’est pas le cas, il est nécessaire de consulter un médecin, notamment si d’autres symptômes plus graves apparaissent.

La buspirone est contre-indiquée chez les patients qui suivent un traitement à base d’antidépresseurs inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO). La raison est la suivante : le patient risque de souffrir d’hypertension ou du syndrome sérotoninergique.

Cette substance est également contre-indiquée chez les personnes qui souffrent de problèmes graves au niveau du foie ou des reins. Elle peut, qui plus est, interagir avec d’autres médicaments. Pour toutes ces raisons, il est indispensable de suivre les indications de son médecin.

 

 
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