Jean Laplanche, la psychanalyse de façon précise

20 septembre 2019
Jean Laplanche a élaboré, conjointement avec Jean-Bertrand Pontalis, le dictionnaire de psychanalyse le plus précis et le plus complet qui n'ait jamais été fait. Il a également traduit une bonne partie de l'œuvre de Freud. Jean Laplanche est considéré comme l'un des plus grands représentants de cette école.

Jean Laplanche est l’un des psychanalistes les plus reconnus du XXè siècle. Son nom est principalement associé au Vocabulaire de la psychanalyse, ouvrage qu’il a conjointement écrit avec Jean-Bertrand Pontalis en 1967 et qui est devenu une œuvre fondamentale pour cette école de pensée. À l’heure actuelle, il s’agit d’une référence obligatoire pour comprendre l’œuvre de Freud et ses développements postérieurs.

Jean Laplanche est également connu pour avoir développé une œuvre qui prétend être fidèle aux concepts clé de la pensée freudienne. Mais cela ne l’a pas empêché d’élargir plusieurs aspects centraux de sa théorie, notamment la théorie de la séduction et les éléments clé du développement psychosexuel.

L’une des principales œuvres de Jean Laplanche est Nouveaux fondements pour la psychanalyse (1987). Avec cette œuvre, Jean Laplanche chercha à séparer la psychanalyse d’autres disciplines en mêlant les multiples interprétations de différents auteurs. Concrètement, il sépara la psychanalyse de la biologie, de la linguistique et de l’anthrophologie.

Les premières années de l’enfance de Jean Laplanche

La psychanalyse et les études de Jean Laplanche

Jean Laplanche est né à paris le 21 juin 1924. Son père est originaire de Bourgogne et sa mère de Champagne. Il n’est alors pas étonnant que la famille se consacre à la culture de vignobles et à la production de vin. Pour cette raison, dès son plus jeune âge, il vit dans une ambiance champêtre dans la ville de Beaune.

Jeune, il rejoint le groupement Action Catholique, une organisation gauchiste qui revendiquait la justice sociale. En 1943, au cours de la deuxième guerre mondiale, Jean Laplanche fait partie de la résistance française. Sa mission consiste à se déplacer pour transmettre des messages secrets.

À la fin de la guerre, Jean Laplanche fonde un groupe appelé Socialisme ou barbarie avec Cornelius Castoriadis et Claude Lefort. Le groupe commençe à développer une revue homonyme dans laquelle ils critiquent radicalement Staline et les postures totalitaires de gauche. En réalité, Jean Laplanche n’a jamais cessé d’être un militant politique ; on se souvient encore de sa participation active au cours du fameux mai 1968 en France.

La formation de qualité de Jean Laplanche

Pendant les années 40, Jean Laplanche se forme dans une école très réputée et aussi l’une des plus prestigieuses du monde dans le domaine de la philosophie, à savoir l’École normale supérieure de Paris. Michel Foucault est l’un de ses compagnons. Au cours de ces années-là, il est l’élève de grandes personnalités telles que Gaston Bachelard, Jean Hyppolite ou encore Maurice Merleau-Ponty.

En 1950, Jean Laplanche obtient son diplôme en philosophie. C’est à ce moment-là qu’il entre en contact avec Rudolph Lowenstein. Par la suite, il parvient à compléter sa formation académique à l’université de Harvard pendant un an. Au cours de cette étape, son intérêt pour la psychanalyse grandit à tel point qu’il se fait psychanalyser par Jacques Lacan dès son retour en Europe. Jacques Lacan lui conseille d’étudier la médecine, conseil que Jean Laplanche va suivre.

Plus tard, Jean Laplanche devient interne dans différents hôpitaux psychiatriques de Paris. Il présente sa thèse en médecine en 1959 qu’il a intitulé Hölderlin et la question du père. Il rejoint également la Société Internationale de Psychanalyse et, en 1961, il commence à donner des cours à l’université Paris-Sorbonne.

 

Son propre chemin

Les mécanismes de l'esprit

Jean Laplanche travaille aux côtés de Jacques Lacan dans son fameux retour à Freud. Néanmoins, en 1964, il prend définitivement ses distances vis-à-vis du modèle lacanien. Selon lui, ce retour à Freud devenait un chemin vers Lacan. Conjointement avec d’autres psychanalystes qui s’identifiaient à sa position, il fonde l’Association Psychanalitique de Paris.

Par la suite, Jean Laplanche devient le directeur du Centre de Recherches en Psychanalyse et en Psychopathologie à l’université de Paris IV. Son intérêt pour la psychanalyse ne diminue pas, raison pour laquelle il fonde la revue Psychanalyse à l’université. Jean Laplanche souhaitait rester fidèle aux concepts de Freud, mais sans laisser de côté sa posture critique vis-à-vis de ces concepts. Il considérait que la perspective du père de la psychanalyse était excessivement biologiste.

Après avoir pris ses distances de Lacan, mais aussi de Freud, Laplanche propose sa théorie de la séduction généralisée. À partir de cette théorie, il propose, qui plus est, une interprétation différente du processus psychanalatique et de la guérison. Entre 1970 et 1994, il donne plusieurs séminaires qui ont été ensuite recueillis dans l’œuvre Problématiques, œuvre qui a été traduite en plusieurs langues.

Au cours de sa vie, il voyage en Amérique Latine à trois reprises et laisse une trace importante chez certains psychanalistes de cet endroit. Cet homme studieux, discipliné et au sens de l’humour exquis meurt dans son village d’enfance en 2012. Curieusement, il est mort un 6 mai, le jour de naissance de Freud.

 

  • San Miguel, M. (2004). El psicoanálisis: una teoría sin género. Masculinidad/feminidad en la obra de Sigmund Freud. La revisión de Jean Laplanche. Universidad Pontificia comillas de Madrid. Revista de Psicoanálisis, (6).