« Je ne sais pas comment je me sens » : pourquoi cela se produit-il et que puis-je faire ?

Comment vous sentez-vous ? Il y a des moments où nous pouvons vraiment nous perdre dans notre monde émotionnel... Si vous voulez savoir comment déchiffrer cela, lisez la suite !
« Je ne sais pas comment je me sens » : pourquoi cela se produit-il et que puis-je faire ?

Dernière mise à jour : 18 décembre, 2021

Les problèmes d’identification des émotions sont fréquents ; la cause principale est que personne ne nous a appris à le faire. La faible importance qui est souvent accordée à la santé mentale est un facteur qui contribue à ce que les gens ignorent ce qu’ils ressentent. « Je ne sais pas comment je me sens » est une phrase que les psychologues entendent souvent lors des séances de psychothérapie.

Ne pas savoir comment on se sent peut devenir un vrai problème car les émotions remplissent diverses fonctions. Par conséquent, avoir du mal à les reconnaître nous empêche de les traiter et d’en tirer des leçons. Ne pas être capable de reconnaître et d’exprimer ses sentiments peut être associé à diverses complications de santé mentale.

Pourquoi est-ce que je ne sais pas comment je me sens ?

Souvent, lorsqu’on nous demande « Comment allez-vous ? », nous répondons automatiquement par « Bien ». Cependant, s’agit-il vraiment de bien-être ou est-ce une réponse que nous donnons automatiquement ?

Cela peut nous conduire à une autre question importante : combien de fois par jour vous arrêtez-vous pour réfléchir à ce que vous ressentez ? Si l’on prend en compte les études réalisées à ce sujet, il est probable que vous n’ayez pas l’habitude de le faire.

Si vous ne savez pas ce que vous ressentez, même lorsque vous essayez de vous concentrer sur ce point, il s’agit d’une situation différente. Ici, nous pourrions trouver des obstacles de différentes sortes pour reconnaître et exprimer des sentiments. C’est pour cela que nous entendons ces patients dire « Je ne sais pas comment je me sens » à toute question impliquant leurs émotions.

Identifier la racine du problème est l’une des clés pour le traiter efficacement. Sinon, il pourrait devenir plus sévère et chronique, voire invalidant. Nous allons dès maintenant voir les causes les plus fréquentes de ce genre de choc émotionnel.

Femme triste et apathique

1. Manque d’éducation émotionnelle

Contrairement aux mathématiques, aux langues ou à l’histoire, l’éducation émotionnelle ne fait pas partie du programme d’études. Depuis que nous sommes petits, nous apprenons à différencier les émotions grâce aux expériences de socialisation. En d’autres termes, ce que nous apprenons, nous l’apprenons implicitement. Nos discours sont plus peuplés de causes et de conséquences de notre état émotionnel que de descripteurs de cet état émotionnel.

On sait aujourd’hui que le langage est très important pour partager, transmettre, différencier ou identifier. Ainsi, et dans une large mesure, pour notre apprentissage émotionnel, il est nécessaire d’enrichir notre sémantique émotionnelle, à la fois pour les conversations que nous avons avec les autres et pour notre dialogue interne.

2. Alexithymie

L’alexithymie est liée à des problèmes d’identification et d’expression de ses propres émotions. Ce n’est pas un trouble classé dans un manuel officiel, mais de nombreux spécialistes le considèrent comme une condition particulière.

Une étude mentionne qu’il existe suffisamment de preuves pour affirmer que l’alexithymie est liée à l’inhibition de certaines régions du cerveau, telles que l’amygdale et l’insula. De même, le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal seraient liés à cette altération (Goerlich, 2018). Dans le même ordre d’idées, le manque d’éducation émotionnelle peut être un facteur qui contribue à son développement.

3. Dépression

Les épisodes dépressifs peuvent provoquer un aplatissement affectif. Un patient déprimé peut même avoir du mal à identifier le sentiment de dépression lui-même. En fait, il existe des travaux qui associent l’alexithymie à la dépression, mais les preuves ne sont pas concluantes (Hemming et aux., 2019).

Comment promouvoir l’intelligence émotionnelle

Bien qu’il s’agisse d’un problème qui peut nous affecter de plusieurs manières, il est possible d’y travailler. Comme nous l’avons mentionné précédemment, l’apprentissage est un facteur qui détermine la capacité d’une personne à reconnaître ses émotions. Pour cette raison, il est possible de développer une plus grande intelligence émotionnelle en appliquant certaines stratégies que nous allons vous montrer ci-dessous.

1. Acceptez vos émotions

L’une des principales raisons pour lesquelles quelqu’un dit « Je ne sais pas comment je me sens » est qu’il n’accepte pas ses émotions. Il y a des gens qui ont tendance à réprimer ce qu’ils ressentent parce qu’ils ne se sentent pas capables de gérer leurs sentiments. Ou ils peuvent avoir peur « d’exploser » s’ils expriment ouvertement leurs émotions.

Ainsi, la première étape consiste à accepter les émotions, à la fois agréables et désagréables. Gardez à l’esprit que vos émotions servent à en apprendre davantage sur vous-même et sur l’environnement.

Par exemple, lorsque vous vous sentez triste, vous pouvez constater que quelque chose qui s’est passé vous affecte d’une manière ou d’une autre. Une bonne idée pour atteindre cet objectif est de pratiquer la pleine conscience. Cette technique thérapeutique nous invite à nous concentrer sur le présent et à accepter nos émotions et nos pensées sans les juger. Par conséquent, cela peut être utile pour augmenter votre intelligence émotionnelle.

2. Prêtez attention à vos sensations corporelles

Les émotions ont une composante physiologique très importante. Un exemple serait les « papillons » qui se font sentir dans l’estomac lorsqu’il y a une attirance romantique. Ces types de réactions corporelles sont des indicateurs importants qui vous aideront à identifier comment vous vous sentez. Une technique utile est le ciblage.

Imaginez une situation hypothétique où un patient ressent de la colère mais ne parvient pas à identifier cette émotion. Peut-être que, sans s’en rendre compte, il serre les poings lorsqu’il parle de ce qui le met en colère. Dans ce cas, le thérapeute peut lui demander de se concentrer sur ses poings et de réfléchir à ce qu’il ressent. Il serait également utile de lui demander d’imaginer ce que diraient ses poings s’ils pouvaient parler.

3. Développez une cohérence entre votre esprit et votre comportement

Les gens peuvent agir en désaccord avec leur état émotionnel pour « coller » avec le contexte social. Par exemple, lorsque nous devons rester dans un événement social, le sourire aux lèvres, par respect pour la personne honorée, alors qu’en réalité nous nous sentons très tristes. De la même manière, nous pouvons nous comporter ainsi en étant dans une situation qui nous dépasse.

Ce manque de cohérence entre émotions et actions peut nous amener à nous en dissocier. Par la suite, nous finissons par les ignorer car cela nous met plus à l’aise pour éviter les problèmes ou satisfaire les pressions sociales.

4. Tenez un journal des émotions

Noter ses pensées dans un journal peut être une bonne idée pour mieux comprendre votre monde intérieur dans une perspective plus large.

Si vous gardez une trace de vos émotions sur une période de temps, vous vous retrouverez avec un outil très précieux pour vous aider. Un journal vous permet de voir quels types de situations vous affectent et comment elles le font.

Femme écrivant un journal émotionnel

5. Envisagez une prise en charge psychologique

Enfin, pensez à la possibilité de vous faire soigner par un professionnel pour régler vos conflits. Surtout si vous ressentez d’autres symptômes, tels que de la fatigue, de l’apathie, du désespoir, des idées suicidaires ou d’autres signes possibles de dépression. Comme nous l’avons vu, la phrase « Je ne sais pas comment je me sens » peut contenir toute une série de conflits qui affectent votre santé.

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  • Hemming, L., Haddock, G., Shaw, J., & Pratt, D. (2019). Alexithymia and its associations with depression, suicidality, and aggression: an overview of the literature. Frontiers in psychiatry, 10, 203.
  • Goerlich, K. S. (2018). The multifaceted nature of alexithymia–a neuroscientific perspective. Frontiers in psychology, 9, 1614.