J’aime les réseaux sociaux, pas les faux réseaux virtuels

· 26 mars 2017

 

Les réseaux sociaux ne sont rien d’autre qu’un canal de communication alternatif pour partager des informations et interagir dans le quotidien. C’est un outil utile, dynamique, qui nous permet de recevoir beaucoup d’informations d’un coup et de montrer des aspects de nous-même qu’il serait difficile de montrer autrement.

Parfois, les réseaux sociaux nous saturent, parfois ils nous amusent et d’autres fois, nous aimerions en disparaître sans que personne ne s’en rende compte, et pouvoir y revenir de la même manière. Nous n’y trouvons pas toujours des informations vraies, même si cela est vrai dans n’importe quel moyen de communication ou interaction sociale.

Les réseaux sociaux peuvent être amusants, utiles et émotionnellement positifs si on sait comment les utiliser, comme n’importe quel autre outil technologique. Cependant, il existe un composant affectif très marqué sur les réseaux sociaux : tout est lié à l’acceptation sociale et à la validation que nous obtenons de gens dont nous n’avons que faire.

Cela peut transformer un réseau social en une vitrine de fausseté, de vie virtuelle qui n’ont aucun lien avec la vie de la personne qui est derrière l’écran.

De la diversion à l’esclavage, via une image virtuelle

Peu d’entre nous connaissons la ligne qui sépare une image agréable sur les réseaux sociaux d’une image complètement fausse de nous-même. Si le désir de plaire est quelque chose de logique et de compréhensible, ne pas savoir mettre de limites dans notre activité peut générer des problèmes émotionnels, d’identité et d’intranquillité.

Voici quelques points qui peuvent nous alerter :

  • Ne pas établir de filtre de privacité adapté pour les ami-e-s, les connaissances et les inconnu-e-s : si nous montrons la même information à tout le monde, nous exposons trop de nous-même à un médium qui a une infinité de connexions entre usagers, avec les risques que cela comporte.
  • Sacrifier notre sincérité pour une poignée de « J’aime » : beaucoup de gens qui postent des publications et qui ne reçoivent pas suffisamment de « J’aime » peuvent se sentir tristes, dévalués face au reste.

Loin de gérer ces émotions, beaucoup optent pour accepter un nombre indéterminé d’inconnus, et ne suppriment jamais personne, même les personnes avec qui ils n’ont aucune relation ou celles avec qui ils ont des conflits, dans l’espoir qu’une photo puisse impressionner les autres et les mettre au devant de la scène. Que ce soit pour un joli plat de haricots ou une promenade de déconnexion dans la montagne, il faut recevoir des « J’aime », même si cela provient de personnes qu’on ne connaît à peine. Cela génère une petit montée d’estime de soi.

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  • Démontrer que vous avez des ami-e-s à tout prix : plein de filtres, de visages souriants, de célébration de l’amitié. Nous avons tou-te-s, à un moment donné, fait ce type de photos alors qu’en réalité, nous ne supportions pas la personne qui se trouvait à nos côtés ou nous étions en train de passer une mauvaise journée.

C’est la version « light » de ce que l’on appelle « la posture » qui peut nous faire aller à des réunions ou des soirées sans aucune envie, dans le seul but de paraître comme étant une personne socialement active, aux yeux des autres. Peut-être que votre compte est dans le rouge mais que même ainsi, vous organisiez un voyage pour montrer que votre vie est « active ».

  • Le risque de l’explicite : chacun-e est libre de montrer les relations sentimentales qu’iel souhaite mais si nous montrons uniquement aux autres ce que nous aimerions idéalement vivre, cela revient à vivre des scènes du film « Kramer contre Kramer » dans la vie réelle.

Mentir sur un réseau social, concernant vos ami-e-s ou votre famille, peut faire que les gens n’ont plus confiance en vous, ne prennent pas au sérieux ou vous considèrent tout simplement comme quelqu’un qui manque d’estime de soi et de caractère.

  • Des déclarations d’amour et d’éternelle amitié qui ne sont pas du tout visibles en dehors de l’ordinateur : Si deux ami-e-s s’aiment, tout les moyens sont bons pour le montrer. Mais certaines personnes peuvent se sentir saturées de recevoir des dizaines de déclarations publiques d’amitié sur les réseaux sociaux, devant un public immense et malgré tout, ne pas pouvoir compter sur cette personne quand elles en ont vraiment besoin.
  • Rendre un-e ex jaloux, en fréquentant des personnes qui ne nous plaisent pas ou ne nous intéressent pas : certaines personnes se sentent désespérées au point de vouloir montrer qu’elles sont les premières à avoir « récupéré » après une rupture. Elles altèrent alors leurs relations avec d’autres personnes, en essayant de se prendre en photo pour faire sentir à l’autre qu’elles ont « gagné ».
  • Montrer que nous sommes pléthoriques alors qu’en réalité, nous nous sentons au fond du trou : montrer que nous sommes enchanté-e-s par notre travail, nos voyages, nos enfants, nos ami-e-s et notre conjoint alors que ce n’est pas vrai. Nous pouvons arriver à un tel degré d’hypocrisie que nous n’arrivons plus à prendre des décisions importantes, dans le but de maintenir cette mascarade, pour éviter le « qu’en dira-t-on ».
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Nous pensons qu’arborer une vie parfaite générera de l’envie chez certaines personnes, alors qu’en réalité, pour elles, votre profil est totalement insignifiant. Maintenir une mascarade, à l’opposé de tout ce que nous aimerions faire dans notre vie, est vraiment malsain.

Implications émotionnelles comme conséquences d’une fausse vie virtuelle

Moins vous êtes sincère dans vos interactions virtuelles, plus vous en serez dépendant-e. On peut publier, on peut commenter, on peut interagir, mais à partir du moment où le comportement sur les réseaux sociaux reflète véritablement ce que l’on est, au plus proche.

Peut-être que vous avez « 200 J’aime » sur chaque photo, mais que vous préféreriez recevoir des commentaires agréables de la part de personnes que vous appréciez vraiment et avec lesquelles vous avez une relation ou qui, à un moment de votre vie, ont été importantes et le sont toujours, même si le temps et la distance se sont interposés.

C’est pour cela que cela me plaît -et véritablement, sans fausse modestie- que mon réseau social soit le plus fidèle à ce que je veux qu’il y apparaisse. J’aime garder certaines choses pour moi et je n’aime pas rire avec celleux que, dans la vie réelle, je ne salue même pas.

J’aime les réseaux sociaux, mais je n’aime pas la fausseté virtuelle, même pas en direct. Cela ne m’intéresse pas d’être un-e leader ; je préfère conserver ma tranquillité et ma personnalité face à la tyrannie des « J’aime » qui, un jour, m’ont fait rigoler et qui, aujourd’hui, me perturbent : ce ne sont que des nombres, pas des gestes d’affection.