Hypophobie ou peur des chevaux : causes et traitement

06 novembre, 2020
Bien que les chevaux ne nous entourent pas au quotidien, il y a des gens qui en ont extrêmement peur. L'hypophobie, la peur des chevaux, peut être traitée par une thérapie cognitivo-comportementale.

La peur des chevaux ne semble pas très courante, mais il y a des gens qui ressentent une peur intense de ces créatures. La peur est telle qu’ils ont même des crises d’angoisse. Dans ce dernier cas, on parle d’hypophobie.

Avoir peur est une réponse naturelle. Dans un sens évolutif, la peur nous a aidés à nous sauver de certains dangers. Il n’est donc pas anormal de ressentir de la peur face à certains animaux.

Les chevaux, qui pour beaucoup sont des êtres beaux et nobles et un symbole de force, ne nous entourent généralement pas au quotidien. Dans ce contexte, le manque de connaissances à leur sujet est à l’origine de cette peur intense que certains d’entre nous éprouvent. Toutefois, les phobies sont des peurs irrationnelles : elles n’indiquent pas une menace réelle.

Hypohobie : la peur des chevaux.

Quels sont les symptômes ?

Comme dans toute phobie, la peur des chevaux génère une réaction d’anxiété. Les symptômes les plus courants sont la transpiration, les tremblements, les maux de tête, les nausées, les étourdissements, les battements cardiaques rapides, l’hyperventilation ou même les vomissements.

Pour que l’on considère qu’une personne souffre d’hypophobie, il est nécessaire que ses symptômes, en plus de la peur exagérée, soient ressentis depuis au moins six mois. Ces symptômes surviennent généralement en présence de l’animal ou en pensant simplement à eux.

Autrement dit, il se peut qu’une personne ayant une peur intense des chevaux soit grandement affectée simplement en regardant une image de chevaux, ou bien en écoutant une histoire de quelqu’un que interagissant avec eux. Selon l’expérience de chacun, la peur sera plus ou moins grande face à différents stimuli.

La peur peut ainsi s’étendre à d’autres expériences. Un exemple : une personne qui souffre d’hypophobie voit la représentation d’un cheval sur un manège et, à cause de cela, elle ne parvient pas à se rendre dans un parc d’attractions.

Comme il n’est pas courant de trouver des chevaux au quotidien, cette phobie n’influence généralement pas trop la qualité de vie de ceux qui en souffrent. Cependant, la personne essaiera d’éviter toutes les circonstances dans lesquelles il y a la possibilité de rencontrer un cheval.

L’origine

De manière générale, les phobies se développent à partir d’expériences traumatiques liées à l’objet de la peur. Dans ce cas, par exemple, il peut s’agir d’une chute ou d’un coup de cheval. Cette expérience peut aussi être celle d’une autre personne. Dans ce cas, la peur provient d’une expérience racontée ou du fait d’avoir observé cette expérience vécue par quelqu’un d’autre.

Par ailleurs, comme pour les autres phobies, la peur des chevaux peut être héritée. Cela signifie qu’une personne peut souffrir d’hypophobie parce qu’elle a appris de son père ou de sa mère que les chevaux étaient un danger. Ainsi, depuis l’enfance, la personne a développé un comportement d’évitement et une idée de danger concernant les chevaux.

Les phobies peuvent également résulter d’un trouble anxieux antérieur qui transpose la peur et le sentiment de danger à de nombreux stimuli. Enfin, d’un point de vue phylogénétique, il est possible que la peur de certains animaux corresponde à un héritage pour la survie, même si beaucoup d’autres personnes ne ressentent pas cette peur.

Hypophobie : la peur des chevaux.

Comment l’hypophobie est-elle traitée ?

Comme pour toute autre phobie, trois lignes d’action sont généralement mises en œuvre pour traiter la phobie : la restructuration cognitive, la désensibilisation systématique et les techniques de relaxation. Le premier est axé sur la configuration des croyances au sujet des chevaux d’une manière plus adaptative et parfois réaliste.

La désensibilisation systématique se concentre sur l’exposition progressive de la personne au stimulus de la phobie. Tout d’abord, il faut établir une liste de tous les événements  liés au cheval dont le patient a peur.

Ensuite, les éléments de la liste sont ordonnés en fonction du degré d’anxiété qu’ils génèrent. Une fois terminé, accompagné d’une formation aux techniques de relaxation, la personne sera exposée à des stimuli en fonction de sa position sur une échelle d’intensité émotionnelle.

Il faut travailler un élément à la fois. Une fois que le patient peut y penser sans ressentir de peur, elle passera au suivant. Cette technique est très efficace puisqu’elle repose sur des éléments que le patient lui-même a choisis. Elle peut enfin permettre à ce dernier d’approcher un cheval et de le toucher, voire de monter dessus.

Dans tous les cas, pour surmonter la peur des chevaux ou d’un autre animal, il est préférable de consulter un psychologue professionnel. L’intervention psychologique permettra de réduire considérablement la peur, ou même d’y mettre fin. Elle fournira également au patient des ressources contre d’autres phobies.

Anthony, M.M., Craske, M.G. & Barlow, D.H. (1995). Mastery of your specific phobia. Albany, New York: Graywind Publications

Barlow, D.H.; Esler, J.L.; Vitali, A.E. (1998). Psychosocial treatments for panic disorders, phobias, and generalized anxiety disorder. En P.E. Nathan & Gorman (Eds.), A guide to treatments that work (pp. 288-318). Oxford: Oxford University Press.

Sosa, C.D. & Capafons, J.C. (1995). Fobia específica. En V. Caballo, G. Buela-Casal & J.A. Carboles (dirs.), Manual de psicopatología y tras – tornos psiquiátricos (pp. 257-284). Madrid: Siglo XXI