Les grands frères/grandes sœurs : entre rires et exemple à suivre

17, juillet 2017 dans Psychologie 49 Partagés

Les changements dans les dynamiques de famille sont importants. Les horaires, les repas, les loisirs. Et que dire du changement de centre d’intérêt des parents, de la répartition des tâches et des responsabilités. Les grands frères/grandes sœurs savent de quoi je parle. Il est important de gérer tout cela du point de vue d’un enfant de huit ou dix ans.

Dans cette fourchette d’âge de huit à dix ans, les enfants prennent conscience de leur capacité à ressentir deux émotions en même temps. Être en colère parce que quelqu’un arrive pour prendre leur place et être content-e parce que ce même fait apporte beaucoup d’éléments positifs. L’ambivalence émotionnelle doit être respectée par les adultes. La clé consisterait à expliquer ces sentiments contradictoires et à sentir que les parents font preuve de compréhension.

Entre les rires et l’exemple

Pour les parents, il semblerait qu’élever un-e autre membre de la famille soit un défi. Cependant, un autre défi consiste à réajuster les attentes et les responsabilités de l’aîné de la famille. Il s’agit d’un équilibre difficile qui, s’il n’est pas atteint, éloigne le grand frère/la grande sœur et lui rend la vie beaucoup plus compliquée. La sensation de ne plus être enfant unique peut les mener à emprunter deux chemins différents (celui de l’indifférence ou celui de l’hyper-responsabilité), qui sont aussi néfastes l’un que l’autre.


« Quelles étranges créatures que des frères ! »

-Jane Austen-


Ainsi, par exemple, le grand frère/la grande soeur peut en arriver à trop s’impliquer dans l’éducation des petits frères/petites sœurs et également à jouer le rôle de père ou de mère lorsque ceux-ci sont absents. Iel peut même entrer en compétition avec eux, en leur présence. Cela peut constituer une grande pression et devenir une manière de limiter le droit des frères/sœurs aîné-e-s à se tromper. Les grands frères/grandes sœurs doivent s’ajuster à ce rôle et réaliser des tâches qui correspondent à leur âge. Les parents doivent donc réussir à être justes. L’idéal étant de placer leur aîné-e dans une position où iel puisse exercer son rôle, et pas un autre.

L’union des frères/sœurs fait la force

« Et le/la plus grand-e, comment iel gère ça ? », voilà une question qui revient souvent. Il y a de l’irritation, de la jalousie, de l’envie, des caprices, des colères… La routine et les habitudes, tant recherchées pour donner une structure et influer sur le développement émotionnel et académique des enfants, changent brutalement et doivent être reconstruites. Mais ce n’est pas tout : il faut aussi prendre en compte les nouvelles pièces qui s’ajoutent.


« Au fur et à mesure que nous grandissions, mes frères agissaient comme s’ils s’en fichaient, mais j’ai toujours su qu’ils faisaient attention à moi et qu’ils étaient présents. »

-Catherine Pulsifer-


Toute cette partie de la responsabilité formelle cache aussi des émotions positive (amusement, satisfaction et euphorie). Il n’y a rien de mieux que cette complicité et cette connexion qui se passent de mots. Partager des secrets, libérer des tensions ou trouver un chemin pour se déconnecter du reste font partie de tout ce que l’on retrouve en ayant un petit frère/une petite sœur.

Semer les graines de la confiance et de la tendresse est une chose importante. C’est à partir de là que sortira le sentiment fraternel, celui qui transcende la génétique. Il est possible que la relation se transforme au fil des années. Les différences d’âge situent les deux frères/sœurs à des étapes de développement complètement différentes. L’essentiel est que l’asymétrie produite par la différence d’âge s’estompe petit à petit, en offrant la possibilité d’être des ami-e-s en plus d’être frères ou sœurs. Les deux frères/soeurs doivent savoir qu’iels sont là l’un-e pour l’autre, qu’iels peuvent se faire confiance.


« Dans le monde extérieur, nous grandissons. Mais entre frères et sœurs, ce n’est pas pareil. Nous restons les mêmes. Nous connaissons nos cœurs. Nous partageons nos plaisanteries familiales privées. Nous nous souvenons de nos secrets, de nos peines, de nos joies. Nous vivons en-dehors du temps. »

-Clara Ortega-


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