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Excès de cortisol : que se passe-t-il dans votre corps ?

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L'excès de cortisol est nocif pour la santé lorsqu'il se produit constamment et pendant longtemps. Quels effets cette hormone a-t-elle sur le corps ?
Excès de cortisol : que se passe-t-il dans votre corps ?
Dernière mise à jour : 30 avril, 2022

L’excès de cortisol peut avoir de nombreux effets sur notre santé, tant physique que mentale. Les excès dans la vie ne sont jamais bons et, dans notre corps, la règle semble être parfaitement respectée aussi. Il n’y a pas d’exceptions.

Toutefois, il ne s’agit pas de diaboliser le cortisol, ce glucocorticoïde que l’on appelle normalement « l’hormone du stress » car, en réalité, dans des conditions normales et en quantité modérée, il n’a rien de mauvais. De plus, il a des fonctions importantes pour notre corps. Étudions-en quelques-unes.

Cortisol : caractéristiques et fonctions

Le cortisol intervient dans la réponse au stress. Lorsque nous percevons une menace, l’amygdale s’active et envoie un signal à l’hypothalamus. Celui-ci va alors activer le système nerveux sympathique et les glandes surrénales, qui vont libérer une poussée de catécholamines.

Au fur et à mesure que nous continuerons à interpréter le stimulus comme une menace, l’hypothalamus activera l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HPA). Le cortisol sera alors libéré du cortex surrénalien et permettra à notre corps de rester alerte et énergisé (Thau, Gandh, & Sharma, 2019).

Le cortisol remplit également la fonction d’induction de l’apoptose (processus de mort cellulaire programmée) des lymphocytes T pro-inflammatoires. De plus, il supprime la production d’anticorps des lymphocytes B et réduit la migration des neutrophiles (globules blancs qui aident le corps à combattre l’infection) pendant l’inflammation (Kadmiel et Cidlowski, 2013).

De même, le cortisol, comme les autres glucocorticoïdes, régule le métabolisme du glycogène. Dans le foie, les glucocorticoïdes augmentent le stockage du glycogène, tandis que dans les muscles squelettiques, ils influencent sa dégradation (glycogénolyse) induite par les catécholamines et inhibent sa synthèse, stimulée par l’insuline (Kuo, 2015).

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Effets de l’excès de cortisol

Mener une vie stressante n’est pas sain pour le corps ou l’esprit. Parfois, il est nécessaire de s’arrêter, de respirer et de se détendre un peu pour que le corps puisse récupérer et revenir à son état basal. Sauter d’une situation stressante à une autre est épuisant et dommageable. Nous allons ici examiner certains des effets que peut causer un excès de cortisol.

1. Augmente le cholestérol

Le cortisol augmente le taux de cholestérol grâce à l’intervention de l’adrénaline et de la noradrénaline sur la libération des acides gras libres. Cela génère une accumulation de cholestérol, qui conduit progressivement à la formation de caillots dans le sang et dans les parois des artères, provoquant leur obstruction (McLeod, 2010).

2. Supprime le système immunitaire

Chez l’homme, l’excès de cortisol et sa manifestation prolongée entraînent une suppression du fonctionnement du système immunitaire, avec pour conséquence une augmentation de la sensibilité aux infections.

Le stress peut induire une diminution des cytokines (protéines régulatrices de la réponse immunitaire et inflammatoire) et entraîner une dérégulation des cellules du système immunitaire (Padgetty Glaser, 2003). Il peut également prolonger le temps de cicatrisation des plaies (Kiecolt-Glaser, 1995).

3. Favorise les problèmes cardiovasculaires

Parmi les effets produits par un excès de cortisol dans l’organisme, au niveau cardiovasculaire, on peut trouver la pression artérielle élevée, l’obésité, une augmentation de la quantité d’insuline dans le sang (hyper-insulinémie), une augmentation de la glycémie (hyperglycémie), une augmentation du cholestérol ou des graisses dans le sang (dyslipidémie) et une résistance à l’insuline (Whitworth et al., 2005).

4. Provoque des problèmes digestifs

Un stress excessif peut produire des altérations de la motilité et de la sécrétion gastro-intestinales. Il peut également augmenter la sensibilité viscérale et la perméabilité intestinale et affecter la capacité de régénération de la muqueuse gastro-intestinale (Konturek et al., 2011).

Le stress peut entraîner le développement de différentes maladies digestives, parmi lesquelles le reflux gastrique, les ulcères peptiques et le syndrome du côlon irritable.

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5. Affecte le système reproducteur

L’excès de cortisol peut affecter le système reproducteur des hommes et des femmes. Dans le cas des hommes, cela peut entraîner une diminution de la testostérone, ce qui peut interférer avec la production de sperme et provoquer une impuissance. Pour les femmes, le stress peut affecter le cycle menstruel et causer des règles irrégulières plus douloureuses.

6. Provoque le syndrome de Cushing

Le syndrome de Cushing est causé par une forte concentration de cortisol dans le corps. Parmi les symptômes et signes les plus notoires de ce syndrome, on trouve les suivants (Santos et al., 2009) :

Symptômes

  • Fatigue.
  • Douleurs osseuses.
  • Diminution de la force musculaire.
  • Troubles psychiatriques.
  • Impuissance.

Signes

  • Obésité du tronc.
  • Œdème.
  • Ecchymoses fréquentes.
  • Acné.
  • Accumulation de graisse rétrocervicale.
  • Cheveux fragiles.
  • Atrophie mammaire.
  • Diminution du volume testiculaire.
  • Croissance excessive des poils chez les femmes, dans des zones où on ne les trouve généralement pas.
  • Hypertension.
  • Stries rouges.

Il faut souligner que le diagnostic de ce syndrome doit être posé par un professionnel de la santé. Celui-ci prélèvera un échantillon exogène de glucocorticoïdes, réalisera une anamnèse et posera un diagnostic différentiel, afin d’exclure que les symptômes et signes ne viennent pas d’une syndrome de pseudo-Cushing.

Pour conclure, l’excès de cortisol est une condition à laquelle il faut porter une attention particulière. En effet, comme nous l’avons vu, il peut avoir de multiples effets sur le corps humain. Si vous êtes exposé à des niveaux élevés de stress dans votre vie, il serait utile que vous consultiez un professionnel de la santé mentale, afin d’apprendre à le gérer pour prévenir ses effets négatifs.


Toutes les sources citées ont été examinées en profondeur par notre équipe pour garantir leur qualité, leur fiabilité, leur actualité et leur validité. La bibliographie de cet article a été considérée comme fiable et précise sur le plan académique ou scientifique


  • Kadmiel, M. y Cidlowski, J. A. (2013). Glucocorticoid receptor signaling in health and disease. Trends in pharmacological sciences34(9), 518-530. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3951203/
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  • Kuo, T., McQueen, A., Chen, T. C. y Wang, J. C. (2015). Regulation of glucose homeostasis by glucocorticoids. Glucocorticoid signaling, 99-126. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC6185996/
  • McLeod, S. A. (2010). Stress, illness and the immune system. Simply Psychology. simplypsychology.org/stress-immune.html
  • Padgett, D. A. y Glaser, R. (2003). How stress influences the immune response. Trends in immunology24(8), 444-448.
  • Santos, S., Santos, E., Gaztambide, S., & Salvador, J. (2009). Diagnóstico y diagnóstico diferencial del síndrome de Cushing. Endocrinología y Nutrición56(2), 71-84. https://www.elsevier.es/es-revista-endocrinologia-nutricion-12-articulo-diagnostico-diagnostico-diferencial-del-sindrome-S1575092209705558
  • Thau, L., Gandhi, J. y Sharma, S. (2019). Physiology, cortisol. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK538239/
  • Whitworth, J. A., Williamson, P. M., Mangos, G. y Kelly, J. J. (2005). Cardiovascular consequences of cortisol excess. Vascular health and risk management1(4), 291. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1993964/

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