Être soi et non pas être pour les autres

· 11 août 2015

« Si à nos désirs, nous leurs enlevont ceux qui appartiennent aux autres, nous sombrierons dans l’insignifiance du nombre. La même chose passerait avec nos peurs … même avec nous-mêmes « 

Dans le monde dans lequel nous vivons, nous sommes continuellement agressés par un mouvement de surexposition communicative et dexaltation systématique de notre ego.

Tous les personnes veulent avoir de grandes théories sur les choses, tout acte de bonté ou d’altruisme logique se reflète dans les réseaux sociaux ou sur un site internet, comme si la bonté et une attitude civique devraient être reconnues publiquement, comme si une action avec ces caractéristiques ne pourrait pas être du domaine privé, comme jouissance individuelle pour celui qui en est l’auteur.

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Beaucoup de professionnels du sport, de la politique et de l’art se montrent de plus en plus intéressés par ce qui est connu comme le « charisme », « créateur de followers » ou simplement « personne de la sphère publique ».

Il y a quelques siècles, chez les Grecs, le désir de l’immortalité se posait comme l’exécution d’une action héroïque qui pourrait traverser le temps.

Mais ils étaient intéressés par l’action en elle-même, et l’ego n’était pas alimenté jusqu’à ce que sa valeur soit reconnue comme  légitime pour le développement d’une activité intellectuelle ou stratégique qu’il méritait.

Aujourd’hui, les personnes sont intéressées par la reconnaissance publique de leurs pensées, de leurs actions ou des processus les plus normaux de la vie humaine (le mariage le plus spectaculaire, la maternité la plus tendre) et une vitrine d’amis et de followers.

« C’est le temps du sembler être, pas d’être pour soi-même »

Le Bonheur, ils disent qu’il n’est pas réel s’il est partagé, mais il est de plus en plus partagé avec d’autres personnes. 

Et curieusement, il semble que nous nous éloignons des relations de deux à deux, de profiter d’une compagnie et d’une bonne conversation dans laquelle aucune acte d’héroïsme est cité, mais où l’on échange une intimité chaleureuse, avec les secrets du cœur, une intimité délicieuse qui ne peut être partagée qu’avec certaines personnes.

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Certaines personnes sont dépassées par toute cette fausse vitrine des apparences, par le fait de dire les mots que les autres veulent entendre. Par conséquent, elles optent un art désaffecté: celui de l’insignifiance.

Il ne s’agit pas de l’insignifiance forcée, mais certaines personnes atteignent un stade de leur vie où elles sont fatiguées d’impressionner et d’être impressionnées, et veulent partager vraiment.

Elles choississent de s’informer par elles-mêmes, en cultivant les petits détails quotidiens qui leur causent de la satisfaction, sans anxiété ou sans le désir d’être dans un autre lieu et un autre temps.

Elles veulent se former, elles veulent lire, elles veulent voir des films qui ne sont pas recommandés, encore et encore, elles veulent avoir leur propres habitudes pleines de finesse et de force.

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Elles se soucient d’être, pas d’apparaître

Généralement, ce sont des personnes que nous ne rencontrons pas souvent, mais quand nous sommes avec elles nous n’avons pas besoin de partager le vécu, parce que l’expérience est si intense qu’il n’y a pas le temps ni l’intérêt de le montrer aux autres. La galerie ne leur paraît pas attrayante.

Ces personnes aiment écouter, et penser. Le plaisir de l’insignifiance est déjà dans la littérature avec le grand écrivain Milan Kundera, qui nous a donné de nombreuses merveilles littéraires.

Encore une fois, l’auteur appelle au calme, à la légèreté de l’être, jusqu’à la résolution des problèmes les plus complexes.

Une lecture recommandée pour tous ceux qui sont submergés par tant d’informations, en particulier de ces informations sans pertinences dans leur vie .

Peut-être que vous ne serez que quelques-uns, mais vous trouverez plus de calme et de plaisir si votre vie a quelque chose de privé, et que votre personne n’a pas complètement perdu son essence avec tant d’insistance à contempler l’ego des autres.

Gardez pour vous certaines choses, peut-être au moment où cette relation de vous à vous, que vous espérez tant, n’aura plus de magie, plus de mystère, car vous aurez déjà tout offert aux autres et vous n’aurez plus rien à partager vraiment.