Les enfants « parfaits » ne sont pas toujours heureux : la pression de l’exigence

· 10 mai 2016

Les enfants dits « parfaits » ne savent pas toujours sourire et ne savent pas toujours ce qu’est le bonheur : ils ont peur de commettre des erreurs et n’atteignent jamais les hautes attentes de leurs parents.

Leur éducation n’est pas basée sur la liberté ou la reconnaissance, mais sur l’autorité d’une voix stricte et exigeante.

Selon l’APA (American Psychological Association), la dépression chez les adolescents est un problème très grave de nos jours, car elle reflète parfois une exigence démesurée de la part des parents et entraine facilement un manque d’estime de soi, de l’anxiété et un grand mal-être émotionnel.

L’éducation doit toujours être basée sur le bonheur et l’auto-découverte. Elle ne doit jamais uniquement se baser sur le perfectionnement au cours duquel les droits de l’enfant sont complètement réduits.

Nous devons prendre conscience que cette exigence à l’enfance laisse une trace irréversible dans le cerveau adulte, car en grandissant, il pensera toujours qu’il n’est pas assez compétent ou qu’il n’est pas assez « parfait » par rapport aux idéaux qu’on lui a inculqués.

Il est nécessaire de rompre ce lien limitant qui l’empêche d’être heureux.

Nous vous invitons aujourd’hui à réfléchir à ce sujet.

fille avec son ours en peluche

Enfants parfaits : lorsque la valeur de l’effort est poussée à l’extrême

On entend souvent dire que nous vivons dans une société dont l’éducation se caractérise par le manque d’effort, la permissivité et la faible résistance à la frustration.

Cependant, ce n’est pas certain : en général, et surtout en temps de crise, les parents recherchent « l’excellence » chez leurs enfants.

Si un enfant rentre avec un 7/10 en mathématiques, on lui met la pression pour qu’il atteigne le 10.

Ses après-midis se remplissent de cours extra-scolaires et ses temps de loisirs sont limités au profit de la quête de compétences, engendrant du stress, de la fatigue et un manque de défense.

« The Price of Privilege » est un livre intéressant rédigé par le docteur Madeleine Levine, dans lequel elle nous explique de quelle façon, en voulant éduquer des enfants parfaits et aptes pour le futur, nous éduquons des enfants « déconnectés du bonheur ».

 Éduquer c’est être capable d’exercer son autorité avec amour, en guidant son enfant avec sécurité et affection, car l’enfance est un fond de réserves pour toute la vie.
fille se regardan dans le miroir

Exiger trop à nos enfants : quelles conséquences ?

Il y a une chose dont nous devons absolument avoir conscience. Nous pouvons éduquer nos enfants dans la valeur de l’effort, nous pouvons et nous devons exiger certaines choses, il n’y a pas de doutes là dessus.

Cependant, toute chose à ses limites. Ainsi, accompagner l’exigence d’un coussin affectif inconditionnel est une barrière qui devrait être infranchissable.

Car, au contraire, nos enfants parfaits seront tristes et présenteront les caractéristiques suivantes :

  • Dépendance et passivité : un enfant habitué à ce qu’on lui dise ce qu’il doit faire ne décide plus de lui-meme. Ainsi, il cherchera toujours l’approbation externe et perdra de sa spontanéité et de sa liberté personnelle.
  • Manque d’émotivité : les enfants parfaits inhibent leurs émotions pour s’adapter à « ce qu’il y a à faire », et tout cela, toute cette répression émotionnelle peut entrainer de graves conséquences à court terme ou long terme.
  • Faible estime de soi : un enfant ou un adolescent qui est habitué à l’exigence externe n’a aucune autonomie et aucune capacité de décision. Tout cela engendre une image très négative de lui-même.
  • La frustration, la rancoeur et le mal-être intérieur peuvent également se traduire lors des moments d’agressivité.
  • L’anxiété est une autre facteur caractéristique chez les enfants éduqués dans l’exigence : les changements ou les situations nouvelles peuvent entraîner une insécurité personnelle et une forte anxiété.
petit garcon avec son ours en peluche

Parents exigeants vs. parents compréhensifs

Le besoin d’élever des « enfants parfaits » est une façon subtile et directe de rendre des enfants malheureux. La pression de l’exigence les accompagnera toute leur vie et encore plus si vous basez votre éducation sur l’absence de renforts positifs et d’affection.

Il est clair qu’en tant que parent, nous désirons que nos enfants réussissent, mais par dessus tout qu’ils soient heureux.

Personne ne souhaite qu’ils souffrent de dépression à l’adolescence ou qu’ils deviennent auto-exigeants envers eux-mêmes, qu’ils ne sachent pas ce que c’est de se laisser porter, sourire ou s’autoriser à commettre des erreurs.

Caractéristiques générales

Ainsi, il est nécessaire de savoir différencier une éducation basée sur une exigence stricte, d’une éducation basée sur la compréhension et la connexion émotionnelle avec nos enfants.

  • Les parents très exigeants et critiques sont généralement peu sûrs d’eux et ont besoin de contrôler chaque détail.
  • Les parents compréhensifs « poussent » leurs enfants vers le progrès en les laissant explorer les choses, ressentir et découvrir. Ce sont des guides mais ils n’agissent pas avec leurs enfants comme s’il s’agissait de marionnettes.
  • Un parent exigeant est autoritaire et a toujours un temps d’avance. Il marque des normes et des décisions pour gagner du temps avec des phrases, telles que : « je sais ce qui est le mieux pour toi » ou « parce je suis ton père/ta mère« .

Pour conclure : éduquer, c’est exercer son autorité mais avec un sens commun, c’est user de l’affection comme antidote et de la communication comme stratégie.

Nos enfants ne sont pas notre « propriété », ce sont des enfants du monde qui doivent être capables de choisir par eux-mêmes, qui ont le droit de se tromper et d’apprendre, avec l’obligation d’arriver à la maturité en étant libres de coeur et avec leurs propres rêves à réaliser.
mere avec son fils