Enfants gâtés : peut-on corriger leur comportement ?

13 novembre, 2020
Les enfants gâtés ne savent pas gérer leurs émotions. Ils ont une faible tolérance à la frustration et sont parfois grossiers... Est-il possible de corriger leur comportement ? Pour en savoir plus, continuez à nous lire.

“Il ne m’obéit pas”, “je suis incapable de lui apprendre de nouveaux comportements”, “il a des crises de colère constantes”, “je ne sais plus quoi faire”… Ce sont généralement les phrases les plus répétées par les parents d’enfants gâtés.

Peu importe les efforts qu’ils déploient pour mettre en pratique tout ce qu’ils savent et pour donner l’exemple, rien ne semble fonctionner. Dans ces cas où nos efforts pour corriger ce sort n’apportent aucun résultat, se mettre entre les mains d’un professionnel est la solution la plus intelligente. Avec les bons outils, il est toujours possible de changer une situation.

L’absence de limites et de règles est une cause fréquente à l’origine des comportements typiques d’enfants gâtés. Il y a aussi des facteurs qui encouragent de tels comportements. Allons plus loin.

Enfants gâtés : l'importance de fixer des limites.

Enfants gâtés : fixer des limites et des règles cohérentes

Pour corriger le comportement des enfants gâtés, des limites – cohérentes, constantes dans leur application et sensibles au contexte – sont nécessaires. Qu’est-ce que cela signifie ?

Ces limites sont utiles lorsqu’elles constituent une référence pour l’enfant et qu’elles redoublent de valeur lorsque l’enfant comprend qu’elles existent afin de l’empêcher de pénétrer dans des zones où le risque ou la menace croît de manière exponentielle. L’Association espagnole de pédiatrie (AEPED) y fait référence en la mettant en relation avec le confinement.

Elle dit la chose suivante :  “dans les situations difficiles, il est courant de permettre aux enfants de franchir des limites ou d‘essayer de compenser leur malaise par des concessions ou des biens matériels“. Une attitude qui peut être très dangereuse lorsque les variations de ses limites finissent par les brouiller.

“Un enfant gâté sans limites finit par devenir un tyran avec ses propres parents.”

-Anonyme-

Mieux vaut renforcer que punir

Certains enfants ne reçoivent de l’attention que lorsqu’ils se comportent mal. Et lorsqu’ils se comportent bien, ils reçoivent la pire des punitions : l’indifférence de leurs personnes de référence. En fin de compte, les enfants gâtés sont souvent ceux qui souhaitent obtenir l’attention de leurs parents, même si ce n’est pas de la manière qu’ils le souhaiteraient.

Par ailleurs, lorsque les enfants reçoivent un renforcement positif pour un bon comportement qui est incompatible avec un mauvais comportement, on leur apprend deux choses précieuses. Par exemple : nous reconnaissons à quel point ils ont bien géré leur crise de colère envers leur frère ou sœur, un comportement incompatible avec les insultes ou agressions.

D’une part, ils apprennent ce qu’il ne faut pas faire. D’autre part, ils apprennent ce qu’il faut faire. Enfin, le fait d’avoir obtenu un renforcement par une initiative personnelle va être un renforcement de leur confiance et de leur image de soi.

En matière de renforcement, il importe peu que les bons comportements soient de très petites actions. L’important est que cette forme d’éducation remplace la punition.

La dynamique doit changer. Des actions comme ranger la chambre, faire un câlin à son petit frère, commencer à faire les devoirs tout seul sont des initiatives qu’il faut valoriser.

D’autre part, cette façon d’éduquer est également beaucoup plus positive pour les parents. La possibilité de récompenser un enfant apporte beaucoup plus de satisfaction que d’imposer une punition et d’être témoin de la souffrance de l’enfant. En somme, il est possible d’éduquer intelligemment en éliminant de l’équation la variable de la souffrance pour tous.

Enfants gâtés : l'importance de renforcer plutôt que de punir.

La discipline est compatible avec l’amour

Les enfants gâtés peuvent faire perdre patience à de nombreux parents. Mais c’est à ce moment que la maîtrise de soi des adultes doit prendre le dessus.

Parfois, cela peut être difficile. Surtout si les parents sont fatigués, car ils viennent de rentrer du travail ou n’ont pas passé une bonne journée. C’est pourquoi nous vous livrons quelques stratégies que vous pouvez appliquer systématiquement :

  • Les enfants ont besoin de l’affection inconditionnelle de leurs parents (l’amour n’est pas négociable). C’est pourquoi l’AEPED recommande l’éducation basée sur le renforcement dont nous avons déjà parlé.
  • Encouragez-les à s’exprimer. Les enfants gâtés entendent souvent des phrases du type “tais-toi maintenant” ou “arrête ça”… Si nous les encourageons plutôt à s’exprimer et leur montrons comment faire pour que les autres les écoutent, nous les éduquons. Indirectement, nous leur montrons qu’il y a de meilleurs moyens que la violence ou les cris.
  • S’ils sont très en colère, il est préférable de ne pas interagir : c’est un conseil applicable aux adultes eux-mêmes. Interagir lorsque les émotions sont fortes n’est pas bon. Les parents peuvent donc expliquer aux enfants qu’ils pourront parler une fois calmés. Il faut les encourager à exprimer leurs émotions et leurs sentiments.
  • Non au chantage émotionnel : le chantage émotionnel n’est pas de l’amour et encore moins de la discipline. Offrir aux enfants des bonbons pour modifier leur comportement leur causera de nombreux problèmes. Cela revient à leur apprendre à établir des relations de cette manière, ce qui n’est pas sain.

Si les parents utilisent ces stratégies, ils peuvent découvrir pourquoi leurs enfants se comportent mal. Un comportement cesse de se reproduire lorsque la motivation qui l’encourage disparaît ou lorsqu’il existe d’autres comportements concurrents pour lesquels l’intérêt est plus grand. Gardez à l’esprit que les enfants gâtés ne sont pas des enfants heureux.

La technologie et l’éducation avancent. Certes, l’éducation de ces petites personnes qui grandissent n’a pas cessé d’être un défi, mais nous disposons des connaissances nécessaires pour que les résultats de ce processus soient satisfaisants.

Nous savons aujourd’hui que l’amour inconditionnel est compatible avec la discipline. Que l’affection et l’écoute active ne sont pas incompatibles avec l’imposition et le respect de règles. Qu’en éducation, tout n’est pas noir ou blanc, il y a de nombreuses nuances de gris, de nombreux défis à relever avec intelligence.

  • Céspedes, A. (2007). Niños con pataleta, adolescentes desafiantes. Como manejar los trastornos de conducta en los hijos. Ed Vergara, Chile.
  • Larocca, F. E. Abecedario ‘N’es por Niños malcriados: la disciplina y sus efectos….