Education : pourquoi la punition physique est-elle une erreur ?

29 juillet 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Si on se penche sur la phrase du sage George Washington Carver, qui dit que « l’éducation est la clé pour ouvrir la porte d’or de la liberté », on pourrait conclure que la punition physique, qui normalement ajoute aux coups la privation de ladite liberté, est une grossière erreur.

Cependant, la punition physique va bien au-delà dans ses conséquences désastreuses sur le développement de l’enfant. S’il est certain que parfois, il est dur de lutter contre la désobéissance de l’enfant, le frapper n’est jamais la meilleure solution. A un moment déterminé, peut-être est-elle efficace et aussi la plus commode pour les parents puisqu’elle requiert peu voire aucune réflexion, mais dans tous les cas, il y a forcément une meilleure alternative pour l’éducation de l’enfant. Moins coûteuse, moins automatique, mais meilleure pour lui sur le long terme.

Qu’est-ce que la punition physique ?

Chaque coup que l’on met à un enfant laisse une trace qui condamne plus qu’elle n’enseigne, qui induit de la crainte plus que du désir de bien agir.

Ainsi, éduquer les enfants en les frappant est davantage un obstacle pour leur développement qu’une aide pour eux-mêmes. De plus, lorsqu’on parle de coups, on fait aussi référence aux bousculades, aux secousses, aux pincements ou aux fameuses gifles, qui mettent peut-être fin à un mauvais comportement, mais qui sont loin d’expliquer à l’enfant pourquoi cette conduite n’est pas correcte au-delà de la punition qui la sanctionne.

Logiquement, les conséquences de l’usage de la violence physique dans l’éducation provoque une série de réactions chez l’enfant qui ne sont en rien désirables. Nous devons savoir que nos enfants ont tendance à imiter ce qu’ils voient. Ainsi, si dans leur quotidien les coups sont communs, ils considéreront alors qu’il n’y a rien de mal à frapper les autres si on utilise les coups comme des instruments pour atteindre un but.


« Souvent, on donne aux enfants des réponses dont ils doivent se souvenir plutôt que des problèmes à résoudre. »

– Roger Lewin –


De fait, si on aime les enfants et qu’ils perçoivent cet amour, mais que malgré tout on les frappe lorsqu’ils se comportent mal ou qu’ils ne comprennent pas quelque chose, ce qu’ils comprendront, c’est que la punition physique fait partie de l’amour. Ainsi, ils se développeront en pensant que l’intimidation et la violence peuvent même être des manifestations d’amour approuvées (par les adultes, qui pour eux savent tout), et, par conséquent, acceptables.

Les conséquences de la punition physique sur l’enfant

Comme nous l’observons, si ce n’est mettre fin à un certain comportement à un moment donné sans que le besoin de réfléchir ne se présente, la punition physique n’apporte rien. En général, les conséquences sont toujours négatives, surtout à long terme. Et si on ajoute à cette forme d’éducation des cris, des privations de liberté et une mauvaise ambiance, les problèmes émotionnels auront tendance à se multiplier. C’est pourquoi il est important que vous notiez cette liste de conséquences et que vous les gardiez bien en tête :

  • Frapper un enfant inhibe son autonomie, coupe son initiative et limite sa capacité à résoudre les problèmes et à s’aimer lui-même. Cela fait obstacle à son estime de lui-même et réveille des attentes négatives chez lui.
  • Cela limite également le développement de son intelligence, interfère de manière dramatique dans les processus d’apprentissage.
  • Cela limite et fait même rétrocéder le lien familial avec l’enfant : il en sera affecté aux niveaux social et émotionnel, ce qui portera atteinte à sa manière de se lier à son entourage.
  • Cela réveille des sentiments d’abandon, de tristesse et de solitude : l’enfant se sentira inutile. Il perdra peu à peu son amour propre.
  • Sa vision du monde deviendra graduellement une image obscure, négative et menaçante.
  • Cela réveille chez l’enfant des sentiments de haine, de rancune, et un besoin de fuir sans savoir jusqu’où. De plus, cela lui montera que la meilleure manière de faire face à ses émotions, au monde et aux autres passe par la violence.

Comment discipliner un enfant sans le frapper

On sait que parfois, il est très difficile de discipliner un enfant, C’est normal, puisqu’il a sa propre personnalité, son propre besoin d’explorer et de s’exprimer, et cela ne coïncide pas toujours avec ce que l’on considère comme étant correct. Cependant, la violence n’est jamais un bon chemin à emprunter.

Ainsi, il est donc vital que l’éducation des enfants commence dès le jour de sa naissance. S’il est ben certain que, petit, on ne puisse pas raisonner avec lui, il est nécessaire qu’il absorbe les normes et les règles de votre foyer au fur et à mesure et dès son plus jeune âge.

Il existe bien des formules qui aideront à éviter la maltraitance physique et qui permettront à l’enfant de se développer dans un environnement sain. Par exemple, le renfort positif ; récompensez les conduites correctes de l’enfant au lieu de punir les mauvaises. En enseignant des comportements corrects, on signale aussi ceux qui ne le sont pas. C’est le grand pouvoir du renfort positif.


« L’éducateur est l’homme qui fait que les choses difficiles semblent faciles. »

– Ralph Waldo Emerson –


Bien sûr, en tant que parents, on doit essayer de rester calmes. La plupart des coups que reçoivent les enfants sont davantage le produit d’une impulsion qu’une mesure corrective réfléchie. De fait, bien des parents ne veulent pas frapper leurs enfants, cependant une fois qu’ils le font, ils ressentent le besoin de se justifier. C’est sur cette justification (nécessaire pour se voir comme de bons parents) que bien des parents appuient leur recours à la violence.

Ce n’est pas une affaire facile, car elle remet en question bien des méthodes traditionnelles avec lesquelles ont été éduqués nos parents, voire même avec lesquelles nous, nous avons été éduqué-e-s. Cependant, de même que dans les autres domaines, l’être humain avance et évolue, et en matière d’éducation, il devrait en être de même, d’autant plus lorsque qu’il est question d’une habitude réfléchie qui apprend peu, légitime la violence et inspire la peur (et pas le respect).

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