La dysthymie : le poids constant de la tristesse

· 24 juillet 2017

Il nous arrive parfois d’être complètement abattu-e-s. Cette tristesse passagère est tout à fait normale. Ces sentiments sont comme des bourrasques : elles sont souvent nécessaires pour que nous réagissions et cherchions à améliorer notre vie ou surmonter des obstacles désagréables qui nous barrent la route.

Maintenant, imaginez que cet état d’abattement soit présent avec vous de manière continue depuis plus de deux ans. Il n’est pas difficile de voir le mal-être que peut ressentir une personne vivant dans cette situation. C’est ce qui arrive quand la dysthymie apparaît… Poursuivez votre lecture pour en savoir plus !


« Je suis très triste et tout ce que je peux dire ne peut exprimer à quel point je suis malheureux… Je n’ai aucune idée du point auquel je suis arrivé… Je ne sais que faire, quoi penser, mais je désire plus que tout quitter ce lieu… Je ressens tellement de mélancolie. »

-Vincent Van Gogh-


Qu’est-ce que la dysthymie ?

La dysthymie apparaît quand une personne est plongée dans un état d’âme dépressif depuis au moins deux ans. Cette observation peut être faite par celui/celle qui en souffre ou par une personne qui l’entoure. Cependant, même si elles peuvent sembler similaires, la dysthymie n’est pas la même chose que la dépression.

Dans ces cas, et au moins pendant les deux dernières années, il n’y a pas eu de période supérieure à deux mois au cours de laquelle la personne n’a pas au moins ressenti deux des symptômes suivants : perte ou augmentation de l’appétit, insomnie ou hypersomnie, manque d’énergie ou fatigue, faible estime de soi, difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions, sentiments de désespoir.

Comme on peut le voir, il est possible que les personnes souffrant de dysthymie n’aient pas autant de symptômes ou que ceux-ci ne soient pas aussi intenses que ceux dont souffrent les personnes dépressives. Malgré tout, il existe bien un autre problème : elle dure très longtemps et a tendance à s’installer dans nos vies. Ainsi, les personnes atteintes de dysthymie vont être presque constamment plongées dans un état mélancolique. Par ailleurs, s’il n’y a pas de traitement psychologique adéquat, cette dysthymie peut se transformer en trouble dépressif majeur.


« La mélancolie est une tristesse, un désir sans douleur qui ressemble à la tristesse, tout comme la bruine ressemble à la pluie. »

-Henry Wadsworth Longfellow-


Outre le fait que d’autres psychopathologies peuvent apparaître, la thérapie est nécessaire parce que la dysthymie génère une grande angoisse chez celui/celle qui en souffre. Cela fait diminuer la qualité de vie de ces personnes et influe sur leur mal-être psychologique dans différents domaines significatifs.

Qu’est-ce qui différencie la dysthymie de la dépression ?

Avec tout ce que nous venons d’expliquer, il n’y aurait rien d’étrange à ce que vous vous demandiez… Mais, la dysthymie, ce n’est pas pareil que la dépressionLa réponse est non, même s’il est évident qu’elles ont des caractéristiques communes qui peuvent prêter à confusion.

En fait, les personnes qui souffrent de dépression ont aussi un état d’âme déprimé la majeure partie du temps et quasiment tous les jours. Comme pour la dysthymie, le/la patient-e lui/elle-même peut l’observer, ou bien d’autres personnes. La différence ici réside dans le fait que la dépression dure au moins deux semaines, alors que la dysthymie doit être présente depuis deux ans ou plus.


« Et dans ce vacillement entre courage et agonie,
Je porte le fardeau de peines que je supporte à peine.
N’entends-tu pas tomber les gouttes de ma mélancolie ? »  

-Rubén Darío-


Les autres éléments communs seraient les troubles du sommeil, l’augmentation ou la perte d’appétit (même si, dans le cas de la dépression, on peut assister à une variation significative du poids sans que le moindre régime spécial soit suivi), la fatigue (qui, dans la dépression, s’apparente plus à une perte d’énergie constante) et la difficulté à se concentrer ou à prendre des décisions (accompagnée d’une diminution constante de la capacité à penser).

Comme nous pouvons le voir, des nuances apparaissent même dans les similitudes et génèrent des différences. Il faut ajouter à tout ce que nous avons déjà commenté que, dans le cas de la dépression, on voit une nette diminution de l’intérêt ou du plaisir de la personne pour quasiment toutes les activités et presque tous les joursla majeure partie de la journée. Mais ce n’est pas tout.

On voit également apparaître une agitation ou un retard psychomoteur quotidien et continu, des sentiments d’inutilité ou de culpabilité excessifs ou inappropriés, des idées récurrentes de mort ou de suicide ou des tentatives et plans pour y parvenir. Tout cela ne se retrouve pas dans la dysthymie. Mais s’il y a bien une chose que nous voyons dans les deux cas, c’est cette détérioration et ce mal-être provoqués chez celleux qui en souffrent, ce qui nous pousse encore une fois à insister sur le besoin absolu de chercher de l’aide pour sortir de cette situation qui emprisonne tant de gens.

 

Images de Xavier Sotomayor, Priscilla du Preez et Patryck Sobczak