Différence d’âge dans le couple : l’amour va au-delà des chiffres

24 septembre 2019
L'amour ne connaît pas les âges, il connaît la passion, l'attirance, cette affinité dans les mêmes valeurs et un projet de vie commun. Au-delà de la critique sociale et des préjugés, de nombreux couples parviennent à renforcer leur relation.

La différence d’âge dans le couple est encore aujourd’hui au centre de certains préjugés. Cette asymétrie générationnelle entre deux personnes qui s’aiment continue d’attirer notre attention. Elle éveille à son tour les commentaires les plus fleuris. Nombreux sont ceux qui aiment remettre en question ces sentiments et qui voient, bien sûr, les intérêts cachés dans ladite relation.

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte. Harrison Ford et Calista Flockhart. Michael Douglas et Catherine Zeta-Jones. Hugh Jackman et son épouse Deborra-Lee Furness. Tout autant d’exemples de ces couples dans la sphère publique où 15 ou 20 ans de différence n’ont représenté aucun obstacle pour construire une relation consolidée, voire heureuse.

Aujourd’hui, malgré l’avancée apparente de bon nombre de nos codes sociaux, même ces données ne sont pas exemptées de certaines critiques. Un exemple en est le fait qu’on voit encore d’un meilleur œil que l’homme soit plus âgé que sa partenaire plutôt que l’inverse. Si les femmes mènent le saut générationnel, le préjudice est plus grand.

D’autre part, la recherche sur ce sujet nous indique quelque chose d’intéressant sur lequel réfléchir. A ce jour, le poids de la désapprobation sociale est encore dans de nombreux cas l’objet d’une rupture dans le couple.

L’amour est aveugle et ne connaît pas les âges, dit le vieil adage. Et il est vrai, cependant, que dans notre inconscient collectif, nous valorisons le fait que si le coup de foudre survient, il touche quelqu’un de la même génération.

« L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec l’âme ; et voilà pourquoi l’ailé Cupidon est peint aveugle. »

-William Shakespeare, Le rêve d’une nuit d’été-

Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont une différence d'âge

Différence d’âge dans le couple : est-ce vraiment important ?

La différence d’âge dans le couple est souvent un grand défi pour les protagonistes eux-mêmes. C’est essentiellement à cause de la stigmatisation et de la désapprobation qu’ils perçoivent de leur environnement. Des études très récentes réalisées par des experts en la matière, comme les docteurs Brian Collisson et Luciana Ponce De León, de l’Université de San Diego, soulignent ce qui suit :

  • La relation entre deux personnes ayant une grande différence d’âge entre 15 et 20 ans connaît ce qu’on appelle une inégalité perçue
  • L’inégalité perçue est construite sur la base de préjugés sociaux. Les plus courants sont de penser, par exemple, que l’homme ou la femme plus âgé que son partenaire cherche avec cette relation à atteindre un certain statut et à être admiré (surtout dans le cas des hommes). De même, le fait d’avoir un partenaire plus jeune réaffirme, d’une certaine manière, le sens de la conquête. Et aussi l’estime de soi
  • D’autre part, selon la théorie de l’inégalité perçue, cette personne plus jeune cherche à se sentir protégée et à combler le vide d’une figure maternelle ou paternelle. En outre, et bien évidemment, il existe le stéréotype qu’une relation entre deux personnes avec une grande différence d’âge est soutenue par l’intérêt. Et en particulier, par la position économique de celui qui est plus âgé

Le poids de la stigmatisation est en train de perdre de la force

Il est vrai que derrière la différence d’âge dans le couple peut exister dans certains cas un intérêt caché. Recherche de statut, d’intérêt financier, de sécurité et de protection, etc. Cependant, l’amour dans les génération asymétriques se produit plus souvent qu’on ne le pense. Ces romances, qui commencent de façon inattendue, finissent par contourner dans de nombreux cas ces stigmates sociaux. Et ce pour se retrancher dans des liens solides.

Il convient de noter que même si on accepte de plus en plus la relation entre un homme âgé et une femme plus jeune, cette femme âgée qui vit avec un partenaire plus jeune fait encore l’objet d’une certaine stigmatisation. Il en va de même pour les couples gais et lesbiens, où les préjugés sont généralement doubles.

Dans l’amour, ce qui compte, ce sont les valeurs, pas les chiffres

Au-delà de la stigmatisation sociale, le défi que ce type de couples présente habituellement est le fait qu’ils appartiennent à deux générations différentes. Ce contexte social différencié implique parfois que chacun a des valeurs, un type d’éducation, un groupe d’amis très différents et la nécessité de fréquenter des environnements qui ne correspondent pas à ceux de l’ autre.

Ce genre de situation se produit habituellement lorsque la différence d’âge approche ou dépasse les 20 ans. Cependant, on peut relever tous ces défis au fil du temps tant qu’il y a de l’harmonie et que les 4 piliers de toute relation sont respectés :

  • Avoir le même projet de vie
  • Partager les mêmes valeurs
  • Jouir d’une vie sexuelle satisfaisante
  • Avoir des caractères complémentaires
La différence d'âge n'empêche pas l'amour

En conclusion, la différence d’âge dans le couple est, dans de nombreux cas, un pont à surmonter entre deux où il faut passer outre les préjugés sociaux. Mais aussi les commentaires malveillants.

Il est vrai que l’amour n’est jamais facile, qu’il y a des obstacles, des défis à relever ; mais s’ils sont réalisés ensemble et que l’engagement est ferme, tout peut être accompli.

 

  • Collisson, Brian, and Luciana Ponce De Leon, “Perceived inequity predicts prejudice towards age-gap relationships,” Curr Psychol (2018), https://doi-org.libproxy.sdsu.edu/10.1007/s12144-018-9895-6.
  • Lehmiller, Justin J., and Christopher R. Agnew, “Commitment in Age-Gap Heterosexual Romantic Relationships: A Test of Evolutionary and Socio-Cultural Predictions,” Psychology of Women Quarterly 32, no. 1 (March 2008): 74–82.
  • The marital satisfaction of differently aged couples. Wang-Sheng Lee y Terra McKinnish. Journal of Population Economics 2017 doi.org/10.1007/s00148-017-0658-8