Le deuil, ou l’art de savoir dire adieu

20 septembre 2015 dans Curiosités 1619 Partagés

Personne ne nous a jamais inculqué les lois de la souffrance, ni ne nous a appris comment les affronter.

Généralement, le fait de perdre quelqu’un au moment où on s’y attend le moins, peut être déstabilisant, et rompre quelque chose à l’intérieur de nous.

On se reconstruit alors petit à petit, sans savoir que ce processus, c’est probablement la plus belle leçon qu’on ne nous a jamais donnée.

Personne n’est immunisé contre la perte. Le deuil, c’est quelque chose que l’on est tous voués à traverser un jour ou l’autre : la perte d’un proche, une rupture amoureuse, ou le simple fait de mûrir, tout cela suppose de passer par différents niveaux de deuil.

Cependant, quelle que soit la nature du deuil, personne ne sait gérer la douleur qui en émane. Elle nous envahit, et va parfois même jusqu’à nous détruire.

Existe-il une formule magique qui puisse nous immuniser contre la séparation, le vide, le creux insondable de cette main de laquelle on dépend?

Une telle formule magique n’existe pas. Selon les experts, chaque personne doit trouver sa propre façon de gérer le deuil, de trouver l’apaisement, la force de caractère et la capacité à se relever.

L’importance de se savoir vulnérable

La maturité émotionnelle, c’est celle qui sait avancer grâce à ses propres pertes, qui a appris de l’indifférence et qui voit les difficultés comme des opportunités d’apprendre.

On peut lire beaucoup de choses sur le deuil, on peut faire ce que nous indique un thérapeute, ce que nos amis ou les membres de notre famille nous disent pour nous apporter leur soutien.

Toutefois, une perte, quelle qu’elle soit, c’est un acte qu’on doit affronter seul, grâce à des mécanismes qui nous sont propres.

Personne ne va pleurer pour nous, personne ne va réorganiser ses pensées et apaiser notre douleur pour nous libérer d’un poids.

Faire son deuil, c’est long, et pour y arriver, il faut reconnaître qu’on n’est pas aussi forts que ce qu’on peut le croire. En réalité, on est aussi vulnérables qu’une plume portée par le vent.

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La vulnérabilité n’est pas une mauvaise chose. Notre vraie force réside dans notre vulnérabilité.

Posez-vous un peu, et dîtes-vous bien une chose : plus vous résisterez, plus vous refuserez de reconnaître que vous vous sentez blessé, que vous avez l’impression que votre vie va s’écrouler et que vous souffrez, plus haut sera le mur de négation qui s’érigera devant vous.

Comment peut-on affronter ce qu’on se refuse à reconnaître, et ce dont on nie l’existence ? Pourquoi refuser de pleurer la perte et d’accepter de se sentir vulnérable ?

En reconnaissant qu’on est vulnérables, on peut alors s’adapter, car finalement, le deuil, ce n’est rien d’autre qu’une réponse qui s’adapte à celle qui se fait via la souffrance et la douleur.

Le deuil, ou l’art de savoir « lâcher prise »

On peut voir le deuil comme un « art » qui vous cause une certaine inquiétude, car on préfère cantonner notre vie uniquement aux choses agréables, réconfortantes et positives.

Toutefois, le plaisir de la vie traîne aussi derrière lui son lot de souffrance, face à laquelle personne n’est immunisé.

Il faut tout de même éclaircir un point important : quand on parle de deuil, on pense toujours aux pertes physiques, soit à la mort.

Néanmoins, il y a aussi des deuils affectifs ou émotionnels, liés à cet amour auquel on a du renoncer ou qui nous a abandonné, voire même au simple fait de mûrir en tant que personne, d’assumer de nouvelles valeurs, et d’abandonner certains schémas de pensée pour en développer d’autres.

C’est un processus de croissance intérieure au cours duquel on surmonte des deuils assez profonds de personnes, et parfois d’identités.

C’est quelque chose d’aussi enrichissant que nécessaire, sans aucun doute.

Mais malgré tout, c’est un processus qui implique certaines peurs, puisque que tout changement suppose une perte implicite, voire même une sensation de solitude ou de vide.

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On doit prendre conscience du fait que la vie, ce n’est pas une balade sereine où le bonheur est toujours garanti. Parfois, la vie, ça fait mal. On doit accepter la frustration, la perte et le deuil, quelle que soit sa nature. Car ces deuils mènent tous à une sagesse nécessaire.

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