Dépression et relations sexuelles

· 7 mars 2019
Nous en savons très peu sur la dépression. Une grande partie de nos connaissances sur le sujet correspond d'ailleurs à d'anciens mythes persistants. Cette pathologie a un impact très important sur les relations sexuelles et c'est ce que vous allez découvrir dans cet article.

La dépression fait référence à cette maladie invisible couverte de préjugés soutenus par le manque de connaissance. Ce trouble affecte toutes les sphères de la vie d’un individu : la sphère professionnelle ou scolaire, familiale et sociale… Elle affecte également la sphère la plus intime, à savoir celle de la sexualité.

Bien que nombreux d’entre nous pensent le contraire, la dépression n’est pas synonyme de tristesse extrême. Au-delà des signes et symptômes décris avec précision dans les manuels de psychopathologie, la dépression se vit de la manière suivante : c’est comme si quelque chose nous empêchait de réaliser nos tâches et activités quotidiennes.

D’ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé a conçu une vidéo illustrant cette idée. Cette vidéo appelée J’avais un chien noir, il s’appelait dépression, représente un homme qui aimait son quotidien. Cependant, un chien l’empêche alors désormais constamment de le faire.

Dépression et relations sexuelles : comment sont-elles liées ?

La dépression conditionne les relations sexuelles de différentes manières. Elle a une incidence spéciale sur les dynamiques suivies au sein du couple afin de créer un lien émotionnel : la communication intime, l’engagement présent et futur, et la vie commune. Dans le couple, lorsque l’un des membres est immergé dans un processus dépressif, une série de changements se produit :

  • Désir sexuel faible ou nul : c’est la principale conséquence négative de la dépression sur la sexualité. En effet, la libido est le moteur qui nous pousse à avoir une relation sexuelle. Le plaisir est très réduit lorsqu’aucun désir (plus ou moins spécifique, plus ou moins concret) ne se développe en amont en tant que prédisposition de la relation intime. La perte de motivation dans l’ensemble des aires vitales se reflète spécialement dans la perte ou la diminution du désir sexuel ou érotique qui affecte directement les relations sexuelles.
  • Incapacité à avoir des fantasmes érotiques : il s’agit de la conséquence de la perte de désir, car les fantasmes y sont directement associés. Si une relation sexuelle était un dessert, le désir sexuel représenterait les ingrédients, et les fantasmes sexuels correspondraient aux différentes recettes envisageables à partir de ces ingrédients.
  • Manque de positivisme : la positivité correspond à la bonne manière de communiquer nos désirs, sans céder à une quelconque pression et sans non plus exprimer ce que nous désirons (ou non) de manière agressive. Souvent, les personnes dépressives génèrent un grand sentiment de culpabilité car elles ne satisfont pas les attentes des autres. Cela génère en elles une réponse de communication passive qui agit en tant que mécanisme compensatoire.

La relation entre dépression et relations sexuelles peut s’observer de différentes manières.

Dans un contexte intime, nous avons la capacité de décider ou non d’avoir des relations sexuelles. En effet, il est fréquent qu’au sein d’un couple, l’un des partenaires souhaite avoir une relation sexuelle et que l’autre ne le souhaite pas. Lorsqu’une personne est dépressive, elle a généralement plus de mal à exprimer son manque de désir sexuel et elle a recours à un mécanisme compensatoire. Ce dernier consiste à céder face au désir de l’autre.

  • Altérations de la masturbation. Bien que nous soyons en couple, l’auto-stimulation, ou masturbation, mérite une considération spéciale. En effet, elle constitue une partie très importante de nous, une source de connaissance personnelle, d’exploration et de plaisir à laquelle nous pouvons accéder dans l’intimité. Ce type de relation est également affecté par la dépression. En fait, il n’est pas rare que la fréquence de la masturbation diminue considérablement.

La relation entre la dépression et les relations sexuelles est un fait. Le faible état moral affecte le désir sexuel et la capacité à créer des fantasmes.

la dépression au sein du couple

Mon partenaire est atteint de dépression : que faire ?

Il est important de se rappeler du fait que les personnes déprimées ne souhaitent pas l’être. Elles aimeraient avoir un niveau d’activité et un état moral différents et elles aimeraient également avoir une vie sexuelle épanouie. Bien que chaque état dépressif soit associé à une série de variables qui le dotent d’idiosyncrasie, il serait important de mentionner certaines idées permettant d’aider lorsqu’un partenaire souffre de dépression :

Aider son partenaire dépressif

  • Sans jugements. La dernière chose dont a besoin une personne dépressive de la part de son partenaire est un questionnement concernant son comportement, ses décisions et son rythme. Douter ou juger ne fera qu’intensifier la douleur, la frustration et la culpabilité (précédemment évoquée) de la personne déprimée. Emettre ce type de jugements lorsque notre partenaire exprime son manque de désir peut créer un mal-être très significatif.
  • Sans pression. L’idéal est d’accompagner son partenaire en respectant son rythme et son espace. Parfois, votre partenaire aura besoin de compagnie. Parfois, il aura plutôt besoin d’être seul. Souvent, il n’aura pas envie de parler alors que dans un contexte différent, il aura uniquement envie de pleurer à vos côtés… Ce respect doit être perçu dans le domaine le plus intime. Il ne faut pas confondre l’état moral de l’autre avec le manque de désir. Il faut comprendre que le fait de ne pas souhaiter avoir de relations sexuelles répond à un processus dépressif, et non pas à une question d’ordre personnel.
  • Avec disponibilité. Ne mettez pas la pression à l’autre et comprenez-vous mutuellement. Il est important de faire comprendre à l’autre que nous lui donnons de l’espace et que nous respectons profondément son rythme, que nous sommes là pour l’accompagner. Cet accompagnement peut s’exprimer explicitement au travers de phrases telles que « si tu as besoin de parler, tu n’as qu’à me le dire ».
  • Avec de l’aide. Les personnes dépressives ayant recours à l’aide d’un psychologue sont de plus en plus nombreuses. Nous savons que cette décision est loin d’être simple et qu’elle n’est pas non plus immédiate. Pour cette raison, il est important de faire preuve de soutien lorsqu’il s’agit de prendre cette décision. Il faut démontrer sa disponibilité en proposant même d’accompagner l’autre à son rendez-vous si nécessaire.

En conclusion

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la dépression affecte plus de 300 millions de personnes dans le monde entier. Nombreux sont ceux à considérer que le recours aux conseils d’un spécialiste représente un certain budget, mais cela peut devenir un investissement très positif.

En revanche, même avec l’aide d’un professionnel, il peut être difficile de surmonter la dépression. Si nous pouvons compter sur un partenaire compréhensif et respectueux, même sur le plan intime, cela aidera énormément. Le soutien sera très important et cela deviendra une variable permettant de surmonter la dépression.