Au-delà des apparences, on trouve un trésor très précieux : celui des essences

27 juillet 2017 dans Psychologie 175 Partagés

J’aime les personnes qui ne jugent pas un livre d’après sa couverture, qui sont pleines de curiosité, d’ambition, de passion, de patience délicate et qui lisent chaque page de ce roman afin d’en découvrir son essence, son histoire et sa magie. Car les trésors les plus précieux se trouvent au-delà de la frontière d’un visage, d’une façon de s’habiller ou d’une attitude timide qui, parfois, cache une personnalité étonnante.

Il est vrai que dire ceci est très facile, que cela ressemble à un slogan et qu’on pourrait très bien placer ces mots dans un livre de développement personnel. Cependant, s’il y a bien une chose que nous savons tou-te-s, c’est que les préjugés et les stéréotypes se trouvent par défaut dans de nombreux esprits et que les attributions classiques selon lesquelles le beau est bon, le séduisant est noble et la jeunesse est une vertu à préserver nous font vivre dans une société extrêmement hypocrite.


« La vie intérieure a besoin d’une maison confortable et d’une bonne cuisine. »

-David Herbert Lawrence-


Il n’est pas simple de distinguer, à première vue, les essences d’une personne. Pour y parvenir, il faut beaucoup de temps et il faut aussi rompre ces biais que nous avons pris l’habitude d’assimiler comme vrais parce que la société les accepte en majorité comme valides.

Mais s’il y a une chose qu’il faut par-dessus tout, c’est de la volonté ainsi qu’un désir implacable d’aller au-delà des apparences et des phrases toutes faites qui n’admettent pas les exceptions. Très souvent, nous nous retrouvons dans des contextes où les gens s’efforcent de ressembler à des personnes qu’ils ne sont pas, de vendre des vertus qu’ils ne possèdent pas ou de cacher des beautés réelles derrière des tonnes de maquillage et des moments de boulimie.

Ce sont des comportements aussi malsains que malheureux. Il est nécessaire d’explorer les essences des autres, de même que les nôtres, pour trouver cet équilibre parfait entre ce que nous sommes et ce que nous montrons, entre ce que nous ressentons et ce que nous extériorisons…

Les anges se trouvent dans les essences

On dit souvent que le diable est dans les détails et que les anges sont dans les essences. C’est comme si les choses les plus importantes échappaient à notre vue ou à notre attention toujours occupée, hyper-stimulée et distraite. Aussi curieux que cela puisse sembler, c’est précisément là que se trouve la racine du problème, la réponse à « pourquoi 90% des gens jugent presque instantanément une personne en se basant uniquement sur son apparence ? » : parce que nous avons besoin d’une évaluation rapide pour savoir comment réagir.

Notre cerveau est un économiseur né. Nous savons que la métaphore de l’ordinateur est souvent utilisée, mais que nous le voulions ou non, cet organe « presque » parfait fonctionne de cette façon : il traite des données, il obtient une conclusion et il génère une réponse.

Ainsi, face à une apparence qui ne nous est pas familière, que ce soit parce que cette personne nous est étrangère, vient d’une autre culture ou a une autre couleur de peau, le plus probable est que notre cerveau l’étiquette comme « indigne de confiance » et nous invite discrètement à nous éloigner. Parce que ce qui est « différent », pour beaucoup, est synonyme de « dangereux ».

Malgré tout, notre cerveau a suivi un certain cheminement avant d’en arriver à ce type de réponses et de réactions. Notre éducation, nos expériences précédentes et notre personnalité sont quelques-uns des facteurs qui ont donné forme à ce filtre. Ce sont les principaux responsables de cette disposition à tomber dans les biais ou, au contraire, à mettre de côté les stéréotypes pour faire preuve de plus d’ouverture d’esprit, et donc de plus d’intérêt, envers la personne qui se trouve devant nous.

Par conséquent, les véritables anges résident dans les essences des personnes. Nous devons donc être capables d’élargir ces filtres de perception, en donnant moins de pouvoir à nos biais, aux stéréotypes que nous inocule la société et à ces étiquettes arbitraires que seuls les esprits fermés, inflexibles et qui possèdent une vision en tunnel ont l’habitude d’appliquer dans leur quotidien.

La nécessité de respecter aussi vos propres essences

Nous avons jusque là parlé du besoin de voir au-delà de ce que captent nos sens, pour nous plonger dans le parfum de l’être : dans cet univers qui se trouve au-delà de la peau, des vêtements et du visage. Cependant, peu d’entre nous pourront faire ce voyage si nous ne creusons pas d’abord dans nos essences personnelles. Une chose qui nous permettra de nous montrer, devant les autres, de façon authentique, sans distorsions, sans faussetés et sans besoin de recourir au masque de l’apparence.


« Nous sommes heureux quand notre moi interne correspond à notre moi externe »

-William Butler Yeats-


Parvenir à ce résultat n’est pas non plus une tâche facile parce que ces « faux moi » sont en réalité des barrières défensives. Nous avons besoin d’elles pour camoufler des insécurités, des peurs et même des possibles traumatismes. Nous ne pouvons pas non plus ignorer ces rôles de genre qui nous poussent à suivre des chemins déjà tracés.

Les femmes doivent être belles et rester éternellement jeunes. Les hommes, de leur côté, doivent faire preuve de force et de sécurité personnelle. Par conséquent, il est très difficile d’être nous-mêmes dans un monde qui nous dit d’avance « comment nous devons être ».

Carl Gustav Jung a dit que rien n’est plus difficile que d’atteindre cette individuation, cet état qui nous fait vivre en accord avec nos propres essences. Ce voyage vers la réalisation de l’unicité -disait le psychiatre suisse- nécessite plusieurs batailles dans différents châteaux et avec différents dragons. Ceux que, tout au long de l’histoire, notre complexe et parfois égoïste collectivité a toujours construits.

Montrons-nous donc capables de voir nos essences internes pour vivre en syntonie avec elles, en respectant en même temps celles des autres. Le parcours en vaut la peine. Et le résultat aussi, sans aucun doute.

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