Si seulement un jour, l’éducation suscitait la même passion que le football

26 septembre 2016 dans Curiosités 5 Partagés

Si seulement un jour, l’éducation suscitait la même passion que le football.

Si seulement elle devenait importante et essentielle afin que nos enfants et nos jeunes puissent disposer d’une éducation de qualité.

Une éducation dans laquelle les découvertes suscitent la même émotion qu’un but ou qu’un panier à la dernière minute.

Si seulement nous pouvions soulager les enseignants et nous faisions de leur profession un travail bien considéré et bien rémunéré.

Si seulement nous voyions dans nos enfants leur véritable potentiel, si seulement les gouvernements dotaient les professeurs des meilleurs moyens pour pouvoir enseigner de la façon la plus individualisée possible, en se servant et en faisant ressortir les points forts de chacun de leurs élèves.

Si seulement l’adolescent qui demande et fait preuve de passion pour ce que racontent les livres suscitait le même espoir chez ses parents, dans la société, que l’adolescent qui est susceptible de devenir le nouveau Ballon d’or, d’argent et de bronze, tout cela à la fois.

Si seulement les journaux qui font écho des nouvelles découvertes leur consacraient leurs premières pages et leurs titres tout comme elles le font pour les jours précédents les grands matchs.

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Alors que nous lisons et que nous réfléchissons à ces “si seulement”, des milliers d’enfants n’ont rien à manger, cherchent un coin pour se mettre à étudier un livre qu’ils ont réussi à trouver, regardent leur carnet de notes et ne savent pas ce qui s’est passé.

Des milliers d’enfants échouent en mathématiques, ou bien à cause de milliers d’analyses qu’ils ne comprennent pas, des guerres qu’ils ne connaissent pas. 

Des guerres, des préjudices et des croyances qui soulignent leur désir de poursuivre, de survivre.

Nous avons constaté qu’une grande partie des systèmes éducatifs dans le monde sont inadaptés à cause de leur insuffisance, car ils limitent l’étude à l’école et ils ne partent pas de la connaissance des enfants pour la stimuler.

Même si les moyens sont différents, la mauvaise éducation est autant présente dans les pays pauvres que dans les pays développés.

L’effet “docteur football”

Il est une chose que tout le monde sait dans le monde de la santé : les jours de matchs de football et les périodes de compétitions importantes, les urgences de nos hôpitaux se vident. Un phénomène très curieux qui peut amener à une certaine réflexion sur nos passions.

En Espagne, des études ont été réalisées sur ce phénomène, et les conclusions que l’on en tire, c’est que les urgences accueillent environ 35 % de patients en moins; et le pourcentage est un peu plus grand (44 %) si nous observons l’affluence de personnes se présentant avec des douleurs moindres ou peu importantes.

La différence est significative et nous invite à nous interroger sur nos habitudes.

Des habitudes qui se reflètent dans la question – qui amène forcément une réponse – que nous posons à nos enfants dès lors qu’ils comment à articuler leurs premiers mots.

Nous leur demandons : “Pour quelle équipe es-tu ?”.

Nous ne nous posons même pas la question, d’une façon générale, si le football les intéresse ou non, ou tout du moins, s’il les intéresse de façon naturelle.

Nous les “obligeons” à formuler une réponse, à marquer un objectif.

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L’éducation est la base de la société

Le secret du succès de l’éducation finlandaise, référence permanente en matière d’éducation, repose sur le fait que l’on donne une grande considération au corps enseignant, qui a été sélectionné et à qui on offre les moyens pour qu’il devienne un ensemble de fabuleux instructeurs.

Ainsi, la garantie que doit offrir l’éducation est celle d’instruire chaque enfant en fonction de son potentiel, en s’assurant que chaque personne puisse arriver à se dépasser, et non en élaborant des programmes généraux qui ne laissent la place à aucune adaptation, mais au contraire, à beaucoup de frustrations, d’ennui et de notes catastrophiques et à des pertes qui sont difficiles à quantifier en termes de grandeur pour la société, pour l’espèce ou simplement pour la planète.

Le meilleur système éducatif est celui qui permet aux étudiants d’aller plus loin et d’améliorer leurs résultats, en individualisant et en assouplissant le CV qu’ils chercheront à mettre en avant.

C’est-à-dire faire exister une proposition éducative basée sur le concept vygostkien de capacité et de potentiel.

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Cela ne veut pas dire que nous devions cesser de nous intéresser au sport. Nous serions bêtes si nous ne comprenions pas qu’au-delà de sa composante ludique, c’est une source de jeu et un contexte tout à fait valable pour le développement de valeurs.

Il n’existerait pas de bonne équipe si ses membres ne comprenaient pas l’importance de la coopération, si dans la pratique, ils ne mettaient pas en marche le principe gestaltique ou le fait qu’on est toujours plus fort unis que séparément.

C’est un miracle que l’éducation survive à notre système éducatif

L’éducation, telle qu’on la conçoit en termes de ressources et de concept, est à l’heure actuelle déficitaire aux quatre coins de la planète.

Einstein, un des plus grands génies de l’histoire, a affirmé que c’est un miracle que la curiosité humaine survive à l’éducation et à ses normes.

Nous pouvons par conséquent convenir que quelque chose ne fonctionne pas correctement, et ça ne date pas d’hier.

Pourquoi un enfant de 4 ans pose plus de 100 questions par jour et un enfant de 10 ans ne s’intéresse plus qu’aux réponses des examens ?

La réponse est simple : en tant que société, nous sommes en train de couper les ailes à nos enfants. Et l’école n’est pas la seule responsable.

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Car si l’enfant ne peut pas apprendre par la voie générale que l’on a tracée pour lui et pour le reste des enfants de son âge, on doit alors lui donner un enseignement par la voie grâce à laquelle l’enfant apprendra, par la voie vers laquelle pointent ses capacités.

Parce qu’au bout du compte, il s’agit principalement de réaliser que le véritable droit n’est pas celui d’être égaux, mais d’être différents et d’être traités comme tels, en commençant par l’éducation.

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